22 septembre 2021
EDF et General Electric mène des « discussions exploratoires » pour que l’énergéticien français rachète l’activité nucléaire de General Electric (lire notre article), six ans après le rachat controversé de la branche énergie d’Alstom. Des discussions existaient, c’était une officialisation. Au cours de l’automne, les négociations bloquent sur le prix de vente, comme Le Trois l’avait dévoilé (lire notre enquête). Selon des documents consultés par Le Trois, Geast, qui regroupait la partie “nucléaire” d’Alstom (Alstom power system) et la partie services (Alstom power services) comprenait 1926 salariés à Belfort, à la fin du premier trimestre 2014. Au 31 décembre 2021, ces entités enregistraient 1 486 salariés salariés (notre article). Actuellement, on évoque 1 300 personnes à Belfort.
10 février 2022
EDF signe un accord d’exclusivité avec General Electric en vue d’acquérir cette branche nucléaire ; l’annonce est faite avant l’ouverture des marchés financiers. Quelques heures après, depuis les ateliers de General Electric à Belfort, en compagnie de Jean-Pierre Chevènement, Emmanuel Macron annonce la relance d’un programme nucléaire français, avec la construction de six EPR 2 d’ici 2050, dont le premier en fonction pour 2035. Huit autres EPR 2 sont en option pour la seconde partie du siècle. Selon une enquête du Trois, EDF rachète 1,2 milliard de dollars cet actif nucléaire, deux fois le prix de vente de 2015 (lire notre enquête). Si les commandes sont beaucoup plus prometteuses à l’époque, les effectifs ont fondu de 18,53 %.
4 novembre 2022
Le contrat de rachat entre General Electric et EDF est signé (lire notre article). Le périmètre comprend la fourniture des équipements pour les nouvelles centrales nucléaires, dont les turbines Arabelle, ainsi que la maintenance et les mises à niveau des équipements des centrales nucléaires existantes hors Amériques. Le périmètre comprend notamment les sites français de La Courneuve et de Belfort, anglais de Rugby et indien de Sanaa. On compte 3 300 salariés dans le monde, répartis dans 16 pays. La réalisation de l’acquisition était “envisagée au second semestre 2023”, après levée des conditions suspensives habituelles et l’obtention des autorisations réglementaires requises.
Novembre 2022
L’ombre du Russe Rosatom plane dans les discussions. Avant l’invasion de l’Ukraine, le Russe Rosatom avait été évoqué pour rejoindre le capital de la société, à hauteur de 20 %. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, sans pour autant le faire disparaître des radars. Rosatom est un acteur incontournable du nucléaire, présent dans 43 pays. Cette société a été créée en 2007, sous l’impulsion du Kremlin. Rosatom est un partenaire ancien de General Electric. Et important. Ils sont associés dans une joint-venture (co-entreprise). Elle a été contractée entre Alstom et l’acteur russe en 2007. L’entité française intervient sur trois projets du Russe : Akkuyu, en Turquie ; El-Dabaa, en Égypte ; et Paks, en Hongrie.
1er décembre 2023
Tout était prêt : la scène montée, les petits fours commandés, les invitations adressées. La finalisation du deal est finalement reportée, sine die, empêtré dans les turpitudes géopolitiques (lire notre article). Les Américains veulent supprimer leurs liens commerciaux avec le nucléaire civil russe, ce qui pourrait avoir des conséquences pour l’entité à vendre : pourra-t-elle continuer de commercer avec Rosatom, un élément essentiel à son équilibre économique ? Il fallait obtenir des autorités américaines une Licence OFAC du département américain du trésor pour pouvoir fournir les systèmes Arabelle commandés pour les centrales turque, égyptienne et hongroise, construites par Rosatom. La discussion se mène alors d’État à État.
16 mai 2024
Encore raté ! Depuis Flamanville (Manche), Emmanuel Macron devait confirmer le rachat par EDF de la branche énergie d’Alstom, alors qu’il devait assister au chargement du combustible de la centrale nucléaire. La visite a été annulée, à la suite des événements dramatiques en Nouvelle-Calédonie (lire notre article). En coulisses, on évoque toutefois l’engagement des procédures de séparation des systèmes informatiques. La date du 1er juin revient avec insistance. Elle se confirmera, comme le dévoile Le Trois, en soirée du 30 mai.
31 mai 2024
Le rachat de la branche nucléaire de General Electric est effectif (lire notre article), comme le dévoile Le Trois, en soirée du jeudi 30 mai. Le président de la République, Emmanuel Macron, a accordé une interview aux journaux quotidiens et régionaux du groupe Ebra pour officialiser le rachat. « Les accords conclus assurent la pérennité de cette activité », indique l’Élysée dans ses éléments de langage. Arabelle Solutions, la nouvelle entité est une filiale à 100 % de EDF. Le rachat prévu concerne environ 2 500 salariés en France, dont plus de 1 300 à Belfort, et 3 300 au niveau mondial. En Bourgogne-Franche-Comté, le groupe EDF va passer de 5700 à près de 7000 collaborateurs, dont plus de la moitié sera dédiée à la filière nucléaire.
Revivez nos différentes enquêtes sur ce dossier
> Le 16 mai 2024, le rachat encore repoussé (mai 2024)
> Entre GE et EDF, une guerre commerciale qui ne dit pas son nom (janvier 2024)
https://letrois.info/economie-social/entre-ge-et-edf-une-guerre-commerciale-qui-ne-dit-pas-son-nom/
> Le report du deal entre GE et EDF est un « problème politique » (décembre 2023)
https://letrois.info/economie-social/le-report-du-deal-entre-ge-et-edf-est-un-probleme-politique/
> Rosatom, angle mort de la vente de la branche nucléaire de GE à EDF (novembre 2022)
> EDF racheté deux fois plus cher la branche nucléaire de GE (février 2022)
> GE : ces questions qui entourent le rachat de l’activité nucléaire par EDF (février 2022)
> Les questions en suspens du rachat de la branche nucléaire de GE par EDF (août 2021)