Qu’est-ce que le fonds Maugis ?
Le fonds Maugis a été mis en place en 2019, par le ministre de l’Économie de l’époque, Bruno Le Maire. Sa mission ? Ventiler l’amende de 50 millions d’euros de General Electric. Cette amende résultait de la non-création de 1 000 emplois nets en France à la suite du rachat de la branche énergie d’Alstom par GE en 2015, comme l’industriel américain s’y était engagé ; cette activité énergie est revenue sous pavillon français en 2024, après un rachat par EDF. Cette amende de 50 millions d’euros n’a rien à voir avec les plans sociaux organisés par GE en France à partir de 2019 et qui ont secoué Belfort pendant 3 ans.
Combien d’argent a été débloqué ?
Une vingtaine d’entreprises a été accompagnée par le fonds Maugis (lire ci-dessous). Depuis le début du fonds, 45 millions d’euros ont été promis et 32 millions d’euros ont été débloqués. Cette semaine, lors de sa visite annuelle (relire notre bilan 2024), Guy Maugis a visité Cristel, Gen-hy ou encore le groupe Silvant, à Maîche (Doubs) ; cette entreprise conçoit des pièces métallique pour l’industrie du luxe (maroquinerie, horlogerie, art de la table…).
Au début, le fonds a beaucoup accompagné la filière hydrogène (35% des dossiers). Son ralentissement a entraîné une baisse de l’accompagnement. Un quart des dossiers concernent des activités de métallurgie et un autre quart des projets de matériel de transport.
Les entreprises aidées
- H2SYS
- Forvia
- Isthy
- M-Plus
- Energiestro
- Ananke
- Couturier
- McPhy (racheté depuis par John Cockerill)
- Purple Alternative Surface
- BH2M
- Mincatec
- Del-fil
- Isola composite
- Welp
- Gen-hy
- Cofa-Est
- MS-Innov
- Métalhom
- Cristel
- Groupe Silvant
Combien reste-t-il d’argent disponible ?
Entre l’argent promis et l’argent versé, il y a un delta de 13 millions d’euros. Sur ce total, le fonds Maugis sait déjà qu’il y aura un reliquat. Des entreprises, comme Isthy, ont disparu, donc l’argent ne sera pas versée. D’autres n’atteindront pas leurs objectifs et n’auront donc pas la totalité de la somme envisagée, décaissée sous conditions, notamment la création d’emplois. Une enveloppe de 3 millions d’euros, sur ce delta de 13 millions, sera donc récupérée et pourra être réaffectée ; les autres 10 millions d’euros devront être versées selon les conditions fixées entre la fiduciaire et l’entreprise. « Nous avons encore une puissance de feu de 8 à 9 millions d’euros », estime ainsi Guy Maugis, à l’occasion d’un point presse. Aucun gros projet n’est dans les tuyaux pour être accompagnés. La volonté est toujours de financer la création d’emplois pérennes. Et ce montant sera sûrement distribué entre plusieurs projets.
Quand doit s’arrêter le fonds ?
Deux avenants ont déjà été signés pour prolonger la durée du fonds. Aujourd’hui, il doit se terminer le 28 décembre 2027. « On s’achemine petit à petit vers la fin de l’histoire », confie Guy Maugis. Rien n’indique qu’il sera prolongé. Ni qu’il sera arrêté. L’élection présidentielle accroit toutefois l’incertitude, car seule une décision politique peut engager son prolongement. Si l’argent n’est pas totalement distribuée, le reliquat sera reversé au trésor français. Le fonds compte bien flécher les montants restants d’ici fin 2027. Les méthodes de ce fonds ont été salués par la Cour des Comptes, dans le rapport rendu sur la réindustrialisation, félicitant la dynamique « à double détente », avec un comité stratégique et un comité qui valide la pertinence des projets. Une dynamique associant le politique et des industriels, à l’image de Bernard Streit, ancien dirigeant de Delfingen. Surtout, ce sont des comités « indépendants ».
Des dossiers sont-ils toujours étudiés ?
Oui. Quatre dossiers viennent d’être validés par le comité de sélection et vont être scrutés par le comité de gestion, composé d’Ulrike Steinhorst, Martine Viallet et de Monsieur Bernard Streit. Les dossiers sont alors étudiés dans le détail (solvabilité, business plan, marchés…). Quatre autres dossiers seront étudiés, début juillet, par le comité de sélection. Près de 90 dossiers ont été étudiés depuis 7 ans ; un tiers a été accompagné. 65 % des dossiers validés étaient domiciliés dans le Territoire de Belfort.
Les méthodes
Les dossiers sont d’abord étudiés par un comité stratégique, composé notamment de personnalités politiques locales et présidé par Guy Maugis. S’ils sont pré-sélectionnés, les dossiers sont évalués par un comité de gestion. Les dossiers sont alors étudiés dans le détail (solvabilité, business plan, marchés…). Le dispositif est géré par Pristine, société de gestion et fiduciaire, et les dossiers sont évalués par PricewaterhouseCoopers (PwC). « Le Fonds de Revitalisation Industrielle a pour mission d’accompagner des entreprises industrielles et innovantes permettant d’aider des filières industrielles d’avenir à se déployer. Son objectif premier est d’aider des projets permettant la création ou le maintien d’emplois pérennes s’appuyant notamment sur les compétences du bassin de Belfort Montbéliard », rappelait, à ce titre, le fonds Maugis en 2023.

