C’est un signe de consolidation du marché mondial du photovoltaïque. TCL Zhonghuan Renewable Energy Technology (TZE) vient de confirmer son acquisition de Das Solar ; l’offre avait été formalisée au mois de janvier. TZE est une filiale du géant de l’électronique TCL, connu notamment pour ses téléviseurs. Il produit aussi des plaquettes de silicium et est pionnier dans les plaquettes G12, utilisées dans la fabrication des panneaux photovoltaïques. Il fabrique aussi des semi-conducteurs. « Ses produits sont utilisés dans les circuits intégrés, l’électronique grand public, la transmission de réseau, la production d’énergie éolienne, le transport ferroviaire, les véhicules à énergie nouvelle, la 5G, l’intelligence artificielle, la production d’énergie photovoltaïque, le contrôle industriel et d’autres industries », détaille un site d’investisseurs, Investing.com. L’entreprise, fondée en 1989, est installée à Tianjin et compte plus de 12 000 salariés.
TCL Zhonghuan Renewable Energy Technology investit 1,258 milliard de yuan, soit environ 160 millions d’euros, pour intégrer le capital de Das Solar. Un milliard de yuan sont directement investis en cash par l’entreprise, augmentant mécaniquement le capital de Das Solar, fondée en 2018. « Cela conforte Das Solar », assure Frédéric Barbier, délégué Europe du spécialiste photovoltaïque chinois. « Les deux sociétés vont travailler sur la nouvelle génération de cellules », explique Frédéric Barbier. Avec cette acquisition, TZE s’assure une filière photovoltaïque intégrée (plaquette, cellule, système), maîtrisant l’ensemble de la chaîne de valeur de la filière. Das Solar propose une technologie TOPCon de ses cellules photovoltaïques. « Les deux entreprises sont très en avance sur l’efficacité et la performance de leurs produits », assure Frédéric Barbier. Qui ajoute : « Le photovoltaïque est un domaine qui évolue très rapidement. Il faut toujours avoir les dernières nouveautés pour rester leader. »
Les projets français de Das Solar toujours d’actualité
« Cela ne change rien au projet français », rassure Frédéric Barbier. L’usine d’assemblage de Mandeure, inaugurée en avril 2025 (lire notre article) et qui ne produit toujours pas, est toujours d’actualité. Elle est simplement retardée, notamment par le moratoire voté par les parlementaires (lire notre article), qui a ralenti les investisseurs. « Il avance sereinement », ajoute Frédéric Barbier, pour désamorcer l’inquiétude.
Le site de Mandeure accueillera une gigafactory d’une capacité de production de 3 gigawatts (GW) par an. Trois lignes d’assemblage de panneaux photovoltaïques doivent y être installées, pour un investissement de 109 millions d’euros. À terme, entre 450 et 600 emplois pourraient être créés. Das Solar envisage aussi de construire une usine de fabrication de cellules photovoltaïques dans le pays de Montbéliard. En jeu : un investissement de 650 millions d’euros et un espoir de 2 500 emplois. « On a toujours ce projet », confirme Frédéric Barbier. Des discussions existent sur la potentielle implantation.
Das Solar est aussi en discussion pour reprendre le site de Photowatt de Bourgoin-Jallieu (Isère), fermée fin 2025 par le groupe EDF ; l’entreprise fabriquait des cellules photovoltaïques.
En parallèle aux deux projets d’usine du pays de Montbéliard, un projet d’unité de recyclage de panneaux photovoltaïques est à l’étude dans le nord Franche-Comté, avec un acteur majeur du recyclage, qui serait associé à Das Solar. Cela permettrait de traiter des panneaux usagers venant de l’Europe entière.
Das Solar a déposé un dossier auprès du fonds Maugis, chargé de ventiler une pénalité de 50 millions d’euros de General Electric pour ne pas avoir créé 1 000 emplois après le rachat d’Alstom en 2015. Une réponse de ce potentiel soutien est attendue dans les prochaines semaines assure-t-on au Trois. « Ce sont des sujets supers longs », convient Frédéric Barbier. L’usine de Mandeure devait débuter la production fin 2025.
