Démographie
→ De moins en moins de Montbéliardais
D’après l’Insee, Montbéliard a atteint son pic de population dans les années 80 en dépassant les 30 000 habitants. Mais depuis, la démographie ne cesse de diminuer pour atteindre 25 516 en 2022. Cette tendance peut s’expliquer par l’augmentation du taux de mortalité et la diminution du taux de natalité. Entre 1968 et 1975, le taux de mortalité était de 7,3 ‰ alors qu’entre 2016 et 2022, il était de 10,7 ‰. Concernant le taux de natalité, sur les mêmes périodes, il est passé de 20 ‰ à 10,6 ‰. Concrètement, cela signifie qu’il y a de moins en mois de naissances et de plus en plus de décès à Montbéliard. Pour autant, le solde naturel, c’est-à-dire l’écart entre le nombre de décès et de naissances est encore stable. La dynamique négative de l’emploi depuis plusieurs décennies est l’autre facteur d’explication du recul de la population. Dans le pays de Montbéliard, la population continue de diminuer; l’agglomération compte dorénavant 138 040 habitants contre 142 575 habitants en 2010, en considérant le découpage actuel de l’agglomération, avec 72 communes. En 1975, on comptait 160 591 habitants dans le pays de Montbéliard.
→ Quel est le profil de l’habitant type ?
Concernant l’âge, la tranche la plus représentée à Montbéliard est celle des 45-59 ans avec 19,2 % de la population en 2022, selon des données de l’Insee. Un tendance à souligner : la tranche 15-25 ans est en diminution depuis 2011. Elle est passé de 17,4 % en 2011 à 15,7 % en 2022.
L’habitant type est une femme (51 %) et, si l’on retire les retraités, ouvrière (17,4 %). Elle fait partie des 62 % d’actifs ayant un emploi mais elle a 14,8 % de risques d’être au chômage. Pour aller au travail, elle doit aller dans une autre ville (79,1 %) et elle s’y rend en voiture (85,1 %). Elle a 18,3 % de risque d’être en dessous du seuil de pauvreté contre 14,9 % en moyenne national (en 2021). Elle habite avec sa famille (61,4 %) et a des enfants (41,7 %). L’habitante type vit en maison (53,6 %) construite entre 1946 et 1970 (30,3 %).
→ Quelle est la situation dans les quartiers prioritaires ?
Selon le système d’information géographique dédié aux politiques de la ville, le quartier de la Petite-Hollande a perdu des habitants entre 2015 et 2024. La population est passée de 7 632 à 7 069 en neuf ans. La surface s’est aussi agrandie en passant de 57 ha à 84 ha. Depuis 2016, ce quartier est en plein réaménagement dans le cadre du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (lire notre article). L’objectif : améliorer les conditions de vie dans les quartiers prioritaires.
La Chiffogne est un autre quartier prioritaire de la Montbéliard. Situé au nord-ouest de la cité des Princes, ce quartier reste stable au niveau de sa population. Entre 2015 et 2024, le nombre d’habitants est passé de 2 166 à 2 137. Le seuil de pauvreté atteint les 51 %. Un taux équivalent à celui de 2015. Le pays de Montbéliard compte cinq autres quartiers relevant de la politique de ville : Les Champs Montants (Audincourt) ; Champvallon (Bethoncourt) ; Les Fougères (Grand-Charmont) ; Les Graviers-Evoironnes (Sochaux) ; et Les Buis (Valentigney). Selon l’agence d’urbanisme, 14 % des habitants de l’agglomération habitent dans ces quartiers, soit près de 20 000 habitants.
Économie
→ L’industrie dominée par Peugeot devenu PSA, puis Stellantis
Montbéliard et plus largement le pays de Montbéliard est depuis le début du XIXe siècle marqué par l’industrie. Dans un premier temps tournée vers l’horlogerie, la mécanique et la métallurgie. Elle est dominée par le secteur de l’automobile depuis l’après-Guerre, notamment avec l’usine Peugeot, aujourd’hui Stellantis. La firme est divisée en deux unités sur le territoire avec d’un côté l’usine de Sochaux et le centre technique et d’essais de Belchamp. En 2025, le site de Sochaux a produit 230 000 véhicules et compte 5 500 salariés ainsi que 1 000 intérimaires. En 2007, l’usine employait encore 11 800 salariés. L’automobile est un moteur de l’économie. Stellantis dispose d’un réseau dense de sous-traitants, implantés dans le territoire. des sous-traitants en grande souffrance, à l’instar de Technitube, à Etupes.
→ L’influence du FC Sochaux-Montbéliard
Le FCSM voit le jour en 1928 sous l’impulsion de deux salariés de l’usine Peugeot. L’histoire du club et de la firme est indissociable jusqu’en 2015. Le club passe alors sous pavillon chinois et dit adieu à son actionnaire majoritaire historique, Peugeot. Aujourd’hui, le FCSM appartient à un groupe d’actionnaires locaux, qui ont repris les rênes du club en 2023. D’après une étude du cabinet de conseil Accuracy, la valeur ajoutée générée par l’activité du FC Sochaux-Montbéliard est évaluée à 10,8 millions d’euros durant la saison 2024-2025. Le club génère 225 emplois (équivalent temps plein), dont 154 localement (lire notre magazine dédié à ce poids économique du club).
→ Technoland 1 et 2
Ce sont les principales zones d’activités du nord Franche-Comté. Technoland 1, lancée dans les années 1970, s’étend sur 300 ha et compte près de 5 000 emplois. Technoland 2 s’étend sur 177 ha, contre 85 sont à disposition des entreprises ; le reste comprend la voirie, le maintien de parcelles agricoles ou encore des vergers. Une vingtaine d’hectares sont encore disponibles pour une implantation confirme Pays de Montbéliard Agglomération. C’est l’une des principales réserves foncières à la main des collectivités. L’agglomération travaille sur une nouvelle zone, à Mathay. Les études de faisabilité sont lancées en 2026.
→ Filière du cuir
La filière cuir, dans le Pays de Montbéliard, emploie aujourd’hui plus de 3 500 salariés dans une quarantaine d’entreprises. Hermès, installé dans la région depuis 1996, compte par exemple plus de 700 salariés. De son côté, SIS, sous-traitant de grandes marques de maroquinerie, a créé plus de 1 000 emplois depuis son implantation en 1998. Les acteurs de la formation aux métiers du cuir du territoire, à l’instar de l’école Boudard au lycée des Huisselets ou les Greta Haute-Saône et Nord Franche-Comté, ont constitué, début 2025 L’Institut Français de formation aux métiers de la maroquinerie.
Commerces
→ Plusieurs centres
Comme toutes les villes moyennes, le centre-ville de Montbéliard souffre. Elle a baissé dans un premier temps : 24,7% en 2018 contre 13,3 % en 2021. L’agence nationale de cohésion des territoires avance le chiffre de 9,3% dorénavant. Mais la ville centre souffre aussi d’une centralité éclatée dans l’agglomération, autour des pôles de Sochaux, Audincourt ou encore Exincourt. La mairie vient de relancer un projet de cinéma, autour d’une association (lire notre article), alors que le Colisée a été fermé administrativement. La ville centre est fortement concurrencé, dans ce secteur, par le Megarama d’Audincourt.
→ Les Lumières de Noël
Lors de l’édition 2025 du marché de Noël de Montbéliard, Marie-Noëlle Biguinet annonçait que toutes les tendances étaient à la hausse. C’était notamment le cas de l’augmentation de l’affluence, puisqu’avant même la fermeture du marché, les parkings alentours ont vu leur fréquentation augmentée de 5 à 20 %. Selon l’étude d’analyse de fréquentation réalisée pour Doubs tourisme, depuis 2017, la fréquentation du marché ne fait qu’augmenter, à part durant la crise du covid. En 2017, 448 000 visiteurs ont été enregistrés contre 550 954 en 2024. Et cela se répercute sur le nombre de nuitées dans le pays de Montbéliard. En 2024, l’office de tourisme en a enregistré 232 408. L’office a également dû faire appel à quatre emplois saisonniers pour répondre aux besoins.
Scolarité
→ Combien d’établissements scolaires ?
Montbéliard compte 116 écoles, 14 collèges, 5 lycées d’enseignement général et/ou technologique, 5 lycées d’enseignement professionnel ou agricole (ces données comptent les établissements publics et privés). Un certain nombre était menacé de fermer lors de la rentrée 2025. Selon le syndicat FSU 25, lors de la rentrée précédente il y a eu la fermeture de deux classes en écoles élémentaires et deux classes en écoles maternelles à Montbéliard.
Concernant l’enseignement supérieur, le campus de Montbéliard compte plusieurs pôles : l’Université Marie & Louis PASTEUR avec l’UFR STGI (Sciences Techniques et Gestion de l’Industrie), l’IUT Nord Franche-Comté, l’UPFR-SPORT (Unité de Promotion, de Formation et de Recherche des Sports), ainsi que l’Université de Technologie Belfort-Montbéliard (UTBM). Parmi les formations singulières, on compte aussi l’école Sbarro, dédiée au design automobile.
→ La réhabilitation de l’ex-polycliniques des Portes-du-Jura
Racheté en 2021 par Pays de Montbéliard Agglomération pour 3,5 millions d’euros l’ex-polyclinique des Portes-du-Jura, va être réhabilité. Alors en friche, le bâtiment situé à Montbéliard va devenir une extension du campus et accueillir plusieurs formations. L’établissement va subir des travaux et être divisé en trois bâtiments. Néolia, propriétaire du premier bâtiment, va créer 36 logements étudiants et jeunes actifs. PMA garde le bâtiment central où le Club Cycliste d’Étupes, le Greta et le Cnam vont proposer des formations. Le dernier bâtiment sera associé à l’Université Technologique Belfort-Montbéliard. Le Crous y trouvera sa place. Selon le planning prévisionnel, les phases de travaux devraient durer d’août 2026 à juin 2028 (lire notre article)
Tourisme
→ Le secteur du l’hôtellerie en difficulté
Montbéliard compte huit hôtels, un nombre qui reste stable. A contrario, le nombre de meublés de tourisme à augmenté significativement entre 2024 et 2025. D’après les observatoires du tourisme de Pays de Montbéliard Agglomération, en 2024, il y en avait 152 et en 2025, 291. Dans le pays de Montbéliard, l’offre d’hébergement locatif entre particuliers via les plateformes de location est en hausse. Le nombre d’annonces actives entre 2023 et 2025 à augmenté de 31% en atteignant 647. Ces logements de courte durée, font petit à petit, concurrence avec le secteur de l’hôtellerie. C’est d’ailleurs ce que dénonçait, Alix Gauer, ancien président de l’office de tourisme du Pays de Montbéliard lors de sa démission (lire notre article). Le nombre de restaurants a aussi diminué. En 2022 et 2023 le nombre de restaurants dans le pays de Montbéliard s’établissait à 284. En 2024, 22 établissements ont fermé, soit une baisse de 7,7 % de la filière.
→ Montbéliard, un attrait touristique ?
Les visiteurs français et étrangers ont généré 2 129 217 nuitées sur le pays de Montbéliard, soit une légère progression de 0,91 % entre 2023 et 2024. Un faible attrait touristique qui s’illustre par la fréquentation des sites touristiques de Montbéliard. Entre 2023 et 2024, Le 19 Centre régional d’art contemporain (CRAC) à vu sa fréquentation baisser de 10 % en atteignant 5 227 personnes en 2024. De même pour le Musée Beurnier Rossel dont la fréquentations a chuté de 52 %. Sur cette même période, le Pavillon des sciences à un bilan plus positif puisqu’il a attiré 11 % de visiteurs en plus. À noter que le Château de Montbéliard Wurtemberg a rouvert en décembre 2024 après un an de fermeture.
EN 2020, Marie-Noëlle Biguinet réélue dès le 1er tour
Marie-Noëlle Biguinet avait été réélue dès le 1er tour en 2020, enregistrant 54 % des suffrages exprimés. Le socialiste Éric Lançon avait recueilli 27 % des suffrages, le Macroniste Denis Sommer 13% et la liste de Lutte ouvrière menée par Franck Plain, 4%. En 2026, Eric Lançon est de nouveau candidat, ainsi que Marie-Noëlle Biguinet. LFI souhaite y aller également. Une liste UDR/RN était aussi dans l’équation.
