Nord Franche-Comté : « Devenir la capitale mondiale de l’hydrogène »

Le forum Business for climate hydrogen se tient ce mercredi 13 et jeudi 14 janvier, sous un format numérique. L’occasion de rappeler les atouts de la région, du nord Franche-Comté et de Belfort dans cette technologie et d’en valoriser son écosystème. Pour consolider cette filière d’avenir.

Le forum Business for climate hydrogen se tient ce mercredi 13 et jeudi 14 janvier, sous un format numérique. L’occasion de rappeler les atouts de la région, du nord Franche-Comté et de Belfort dans cette technologie et d’en valoriser son écosystème. Pour consolider cette filière d’avenir.

L’idée est née il y a un an. On l’imaginait difficile à mettre en place : organiser un Salon dédié à l’hydrogène à Belfort. Un lieu où l’on crée un lien entre les collectivités, les chercheurs et les industries. C’est aujourd’hui le cas. Certes, la crise sanitaire n’a pas permis d’organiser « physiquement » ce rendez-vous, mais les tables rondes et les entretiens mis sur pied par le Pôle véhicules du futur sont maintenus sous un format numérique. Et un nouveau rendez-vous a été programmé en septembre, à Belfort, pour se retrouver. Le forum revendique plus de 1 000 participants. Plus de 400 personnes ont suivi la table ronde n°1, ce mercredi matin, abordant les écosystèmes privés et publics structurants.

Le déploiement de la filière hydrogène a connu un sacré coup d’accélérateur en 2020, bénéficiant du plan de relance, acté au cœur de la crise sanitaire et économique ; 7,2 milliards d’euros sont fléchés par l’État vers cette filière d’ici 2030. Dans le nord Franche-Comté, l’enjeu de ce forum « est de montrer ce que nous savons faire », insiste Damien Meslot, maire de Belfort et président du Grand Belfort. Il veut que le nord Franche-Comté devienne « la capitale mondiale de l’hydrogène ». « C’est un territoire avec une très forte appétence pour développer beaucoup de briques de la filière hydrogène », valide Marie-Guite Dufay, présidente du conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, labellisé territoire d’hydrogène depuis 2016 (notre article). Une présidente qui insiste aussi pour déjà penser aux formations nécessaires afin de répondre aux futurs besoins.

Des projets matures

Marie-Guite Dufay voit dans ce déploiement « une opportunité très grande de diversifier notre capacité industrielle », insiste-t-elle. Dans la plus grande région industrielle de France. Aujourd’hui, dans la région, la filière hydrogène concerne 50 entreprises et 500 emplois. Elle s’appuie aussi sur la recherche, à l’origine de ce temps d’avance, grâce notamment à la plateforme Pile à combustible (FC Lab), à Belfort, lancé en 1999. 4 écoles d’ingénieurs sont aussi liées à la filière, dont, dans le nord Franche-Comté, l’université de technologie Belfort-Montbéliard (UTBM). Sans oublier l’université de Franche-Comté qui a développé une filière dédiée. En 2011 et 2014, des démonstrations ont été faites, notamment avec La Poste et le projet Mobypost.

La dynamique s’inscrit autant dans la production de l’hydrogène, l’industrialisation de la filière, la certification que les usages insistent tous les acteurs de cet évènement. « Nous avons cru à l’hydrogène bien avant que ce soit à la mode », rappelle Damien Meslot, estimant que cela permet d’avoir des projets matures.

Une filière régionale

Si le nord Franche-Comté est moteur de la dynamique hydrogène en Bourgogne-Franche-Comté, ce n’est pas le seul territoire régional inscrit dans cette dynamique. Dole s’appuie sur l’entreprise Mahytec. Auxerre va accueillir uns station hydrogène alimentant les futurs trains régionaux 100 % hydrogène et bi-mode, mais aussi des bus. La métropole dijonaise déploie aussi un éconsystème de l’hydrogène, s’appuyant sur Rougeot Énergie, une entreprise de Beaune qui s’est lancée dans cette aventure et qui porte Isthy.

Et de citer Isthy, entreprise de certification des réservoirs hydrogène qui va s’installer à l’Aéroparc de Fontaine (notre article), H2SYS, une start-up qui a révolutionné le groupe électrogène en utilisant une pile à combustible (notre article), le projet de Territoire Habitat de chauffer un immeuble de 15 logements grâce à la production d’hydrogène vert par l’intermédiaire de panneaux solaires (notre article), ou encore la plateforme Hynamics qui va alimenter une flotte de bus hydrogène. 7 bus seront en test chez Optymo fin 2021. Une flotte de 20 bus hydrogène devrait fonctionner en 2023 a annoncé Damien Meslot, qui espère également l’arrivée de deux grands industriels de la filière dans le territoire. Avant Noël, le nom de McPhy avait été soufflé ; l’industriel cherche un territoire d’implantation pour une usine de fabrication d’électrolyseurs et le Territoire de Belfort est dans la short-list (notre article). « Notre positionnement doit se faire sur l’ensemble de la chaine de valeur, de la production à l’usage », appuie Marc Becker, président du Pôle véhicule du futur.

« L’hydrogène n’attend pas »

Ces tables rondes ont accueilli des acteurs clés de la filière hydrogène, qu’ils soient institutionnels comme France Hydrogène, l’Ademe ou Hydrogen Europe, des industriels comme Air Liquide, Alstom, Hyundai, Gaussin, Michelin et Faurecia, mais aussi des acteurs de solutions hydrogène comme les taxis parisiens Hype ou la start-up belfortaine H2SYS. Car l’enjeu est aussi « d’accueillir de nouveaux acteurs », assure Arnaud Marthey, président de l’agence économique régionale. C’est important pour « densifier et solidifier » la filière insiste-t-il.

Ce Salon est donc « une vitrine », pour reprendre les termes de Jean-Marie Girier, préfet du Territoire de Belfort, « d’un territoire attractif avec des projets cohérents ». « C’est notre place en Europe que nous venons rappeler », poursuit le préfet, rappelant la fenêtre d’opportunité de la période, avec la convergence des plans de relance locaux, régionaux, nationaux et européen. Mais de prévenir également : « L’hydrogène n’attend pas. » Dans le secteur, collectivités, entreprises et recherches sont mobilisés. Il faut transformer l’essai.

L’atout géographique

« Naturellement européenne, la région Bourgogne-Franche-Comté est au carrefour de la Suisse (la plus longue frontière française avec ce pays voisin) et de l’Allemagne. Elle est parcourue par 9 autoroutes, desservie par 6 aéroports et affiche 451 km de LGV. Plus encore, elle s’inscrit pleinement dans le Corridor Hydrogène Nord-Sud-Europe ce qui fait de la région un Hub naturel de développement de l’hydrogène aussi bien au niveau régional que national et européen », indiquent les organisateurs du forum Business for climate

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