L’école de formation Espera Sbarro vit ses dernières journées au sein du lycée Germaine-Tillon. Durant l’été, elle va déménager pour s’installer dans un premier temps dans les locaux de l’ex Mattern Lab, avec pour destination finale, sans doute en 2030, le « bâtiment M » de l’UTBM, à Montbéliard (en face de Numérica). Au Mattern Lab, l’école Sbarro occupera environ la moitié des 2 500 m² disponibles (elle occupe environ 1500 m² actuellement au lycée Germaine-Tillon).
Antony Weck, directeur de l’école Sbarro, espère ainsi gagner en autonomie et en visibilité. En autonomie, parce que les contraintes d’accès liées au fonctionnement et à la sécurité d’un lycée ne facilitent pas l’organisation de visites de clubs automobiles (les demandes sont nombreuses) ou la participation à des salons et expos le week-end. En visibilité, parce qu’un hall d’expo sera aménagé de façon à présenter au public les protos nés dans cette école qui forme des prototypistes (Elle prépare à un diplôme de prototypiste).
« Pouvoir exposer nos voitures sera un vrai plus », s’enthousiasme Antony Wenck. Alors qu’elle est réputée internationalement pour la qualité de sa formation et les compétences de ses diplômés, l’école Sbarro souffre d’un déficit de notoriété localement, parfois même parmi les politiques et les décideurs.
Prochaine rentrée en septembre 2027
Ce déménagement n’est pas une mince affaire. A tel point que, finalement, il a été décidé de ne pas organiser de formation en 2026-2027 à l’école Sbarro. « Ce sera une année blanche », explique François Jouffroy, responsable de la communication de l’UTBM. L’organisation du déménagement a demandé le lancement d’un appel d’offres, avec les délais que cela impose.
Parmi les équipements de l’école, la cabine d’aspiration des matériaux composites et solvants (d’environ 45 m²) n’est pas déménageable et restera donc au lycée. L’école va donc faire l’acquisition d’une nouvelle cabine, cette fois modulable et démontable, de façon à pouvoir être déménagée. Elle représente un investissement de 190 000 euros.
Si l’année 2026-2027 sera une année blanche côté stagiaires, l’équipe de l’école Sbarro (5 formateurs et un gestionnaire) ne va pas chômer : ses membres vont assurer eux-mêmes la reconfiguration du site au Mattern Lab, avec de forts enjeux de sécurité pour l’utilisation des solvants ou des résines de matériaux composites). Ce sera aussi l’occasion de remettre en état d’anciens protos, de revoir la maquette pédagogique de la formation).
Et début 2027 commenceront les actions de promotion de la formation pour engager le recrutement de nouveaux stagiaires pour la rentrée de septembre 2027. L’école accueille 14 élèves durant cette année 2025-2026 ; elle peut en accueillir jusqu’à 25. Le coût de la formation est d’environ 11 000 euros que les stagiaires financent soit sur fonds propres, soit via des aides de France Travail. « Les stagiaires viennent ici chercher de la pratique », explique Antony Weck. A l’instar de deux élèves ingénieurs de l’UTBM qui sont venus compléter leur formation initiale pendant dix mois à l’école Sbarro.
Deux protos par an
L’école présente chaque année deux proto, qui font généralement un tabac sur les réseaux sociaux. Cela a été le cas de celle présentée en mars, inspirée de la Peugeot 104 ZS des années 1980 (lire l’article). Le prochain proto (voir le diaporama ci-dessous) sera présenté dans quelques jours. Il est réalisé sur base d’une Citroën Méhari et inspiré d’un SUV Ford. Te travail sur ce proto a débuté en février et il est en cours d’assemblage. Ce vendredi 29 mars, les stagiaires finalisaient le moule pour en réaliser la carrosserie.
L’école a été fondée dans les année 1990 par le designer italien Franco Sbarro. Lorsqu’elle est arrivée en Franche-Comté, elle a d’abord élu domicile à Pontarlier. Elle a ensuite été installée à Etupes, puis au lycée Viette (maintenant lycée Tillon, depuis la fusion des lycées Viette et du Grand-Chênois). Elle a intégré l’UTBM (université de technologie de Belfort-Montbéliard) en 2009.
Ses prochaines implantations seront donc successivement l’ex Mattern Lab, puis le bâtiment M, ou des synergies sont espérées avec d’autres filières de l’UTBM, comme les formations en ergonomie ou sur l’IA adaptée au développement de véhicules, ne serait-ce que dans l’utilisation du matériel.







