Le moins que l’on puisse dire est que l’idée d’une fusion entre la CCI Saône-Doubs et la CCI du Territoire de Belfort ne plaît pas au pied du Lion. Ce lundi 23 mars 2026, l’assemblée générale de la CCI du Territoire de Belfort a adopté à l’unanimité une motion contre ce projet. Cette assemblée réunit les trente membres élus par les entreprises du Territoire de Belfort (commerces, industries, services).
La motion (à consulter en intégralité ci-dessous) indique que la CCI « décide de s’opposer à toute démarche de fusion, de rapprochement institutionnel qui conduirait à affaiblir l’ancrage territorial et la capacité d’action de la CCI du Territoire de Belfort ; de faire valoir que tout projet de recomposition institutionnelle devrait nécessairement satisfaire à ce critère de territorialité ; de considérer que toute évolution du schéma directeur ne saurait être engagée sans l’accord exprès de son assemblée générale ».
Pour une vraie CCI du nord Franche-Comté
C’est non seulement l’idée d’une fusion avec la CCI Saône-Doubs qui est rejeté, mais, en filigrane, l’idée d’une CCI de l’aire urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt qui est relancée par les élus de la CCI du Territoire de Belfort. Ce périmètre correspondrait en effet au « critère de territorialité » énoncé dans cette motion.
Alain Albizati, président de la CCI du Territoire de Belfort, a d’ailleurs évoqué cette possibilité lors d’une conférence de presse ce mercredi 25 mars. La CCI du Territoire de Belfort comprend actuellement environ 5 500 ressortissants ; une CCI du bord Franche-Comté porterait le périmètre à environ 15 000 ressortissants. Le sujet de l’Aire urbaine est évoqué dans le projet de fusion présenté à l’AG de la CCI Saône-Doubs, mais en y apportant une réponse via une simple délégation, qui ne « permet pas de rendre le niveau de service que l’on a actuellement ». Ce sujet étant « mis sur la table » via le projet de fusion, Alain Albizati veut visiblement s’en saisir, mais en portant l’idée d’une CCI de l’aire urbaine de plein droit, c’est-à-dire avec un budget spécifique, des élus consulaires désignés par les entreprises, afin de garder une capacité d’action et d’initiative.
« Une démarche d’un autre temps »
Alain Albizati estime en effet que l’idée de fusionner des CCI relève d’une « démarche d’un autre temps ». De retour de l’assemblée générale nationale des CCI qui s’est déroulé ce mardi, il affirme que le président national des CCI « ne souhaite aucune fusion » et que le premier mot prononcé a été « proximité ». Tout en estimant que si le projet de fusion parle d’industrie et jamais de commerce, c’est « sans doute un oubli ».
Le président de la CCI du Territoire de Belfort appuie son argumentaire sur le travail de rationalisation qui a été effectué antérieurement. « Les CCI régionales sont mieux structurées qu’il y a dix ans, avec la centralisation de fonctions support comme la comptabilité, l’informatique, la communication. Aujourd’hui, les CCI territoriales ont une vocation très opérationnelle. Une fusion ajouterait un étage et apporterait des coûts et de la confusion », alerte-t-il.
Et lorsqu’il regarde les priorités fixées aux CCI, il estime que celle du Territoire de Belfort répond bien aux attentes : avec par exemple Cap Cyber pour la transition numérique, avec Agora Job pour les compétences et l’emploi ou encore avec ID Création pour l’économie de proximité. La CCI du Territoire de Belfort va aussi adopter CCI Business, une plateforme née en Normandie, qui vise à mettre en relation les donneurs d’ordres et les sous-traitants locaux.
Force est de constater que Jean-Louis Quivogne, président de la CCI Saône-Doubs, et Alain Albizati, président de la CCI du Territoire de Belfort, ont des vues diamétralement opposées au sujet de l’organisation territoriale des CCI. Alain Albizati estime que « la volonté d’absorber la CCI du Territoire de Belfort » s’est inscrite dans « une méthode pour le moins hostile ». Il compte désormais sur des réunions organisées par le président de la CCI régionale pour recréer les conditions d’un dialogue.
Consultez ci-dessous la motion de la CCI du Territoire de Belfort, adoptée le lundi 23 mars 2026.
