(AFP)
Alstom, qui bénéficie de l’engouement mondial pour le transport ferroviaire depuis l’épidémie de covid, a vu ses nouvelles commandes de trains ou de métros plus que doubler au troisième trimestre de son exercice décalé. Le constructeur ferroviaire a enregistré des prises de commande de 9,6 milliards d’euros d’octobre à décembre 2025 contre 4,2 milliards un an plus tôt, ce qui fait progresser de 32 % les commandes reçues sur les neuf premiers mois de son exercice à 20 milliards d’euros, indique un communiqué du groupe.
Au 3e trimestre le chiffre d’affaires a progressé de 2,6% à 4,8 milliards d’euros, et de 3 % sur les neuf premiers mois de l’exercice à 13,8 milliards d’euros, contre 13,4 milliards l’exercice précédent. L’Europe représente toujours la grosse majorité du marché d’Alstom, avec 60 % des ventes réalisées sur neuf mois et 56 % des prises de commande, mais les Amériques qui pèsent 17 % des ventes pèsent désormais 30 % des commandes nouvelles sur neuf mois. « L’obtention de nouveaux contrats emblématiques illustre le leadership d’Alstom dans la fourniture de solutions ferroviaires innovantes, durables et intégrées à grande échelle », a souligné le directeur général Henri Poupart-Lafarge.
Deux grosses commandes en France
En France, le groupe a reçu deux grosses commandes pour le TGV Avelia (que la SNCF a rebaptisé TGV M): d’abord 30 rames qui seront les premières à très grande vitesse et à deux niveaux à circuler dans le tunnel sous la Manche, puis pour 15 rames destinées notamment au trafic entre la France et la Belgique. Alstom a aussi reçu des commandes en Pologne pour 42 rames du train intercités PKP, au Mexique pour 47 trains à courte et longue distance, en Australie pour 13 rames de métro à Melbourne, en Grèce pour 23 automotrices, au Canada pour 70 trains de métro à Toronto.
Citant la mise en service du nouveau métro parisien en octobre, le déploiement de métros et de systèmes de signalisation en Inde et l’entrée du TGV Avelia « dans la phase finale de son processus d’homologation », M. Poupart-Lafarge a estimé que ces « avancées dans l’exécution de projets majeurs » démontraient aussi « la capacité du groupe à réaliser des projets complexes dans de nombreuses régions du monde » et « maintenaient Alstom sur la trajectoire de ses objectifs annuels ».
Pour 2025-26, le groupe a prévu une croissance du chiffre d’affaires supérieure à 5%, une marge d’exploitation ajustée prévue à environ 7 % et une génération de flux de trésorerie libre comprise entre 200 et 400 millions d’euros. « Nous avons une bonne visibilité » concernant les commandes à venir, a commenté le vice-président exécutif et directeur financier Bernard Delpit, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes, en citant notamment des trains régionaux au Portugal et le projet de train à grande vitesse de Virgin pour le tunnel sous la Manche. En novembre, Alstom a annoncé à ses salariés qu’il « mettait en pause » ses activités liées aux projets européens hydrogène, à cause de l’arrêt du financement de ces projets de recherche par l’État. Il avait néanmoins précisé dans un bref communiqué qu’il restait « engagé dans un dialogue régulier et responsable avec l’État en vue d’identifier des solutions pour assurer la pérennité des activités du groupe et de la filière hydrogène « made in France » », qu’il reste « engagé auprès de ses clients actuels de trains à hydrogène dans trois pays européens » et qu’il « respecterait ses engagements contractuels ».
En France, douze trains Regiolis à l’hydrogène ont été commandés par quatre régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie). Alstom compte présenter ses résultats annuels le 13 mai, en présence du nouveau directeur-général Martin Sion nommé en octobre, ex-président exécutif d’ArianeGroup.
