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Kem Lalot, le programmateur sous la casquette

Kem Lalot était programmateur des Eurockéennes depuis 2001. Il rejoint le Hellfest.
Kem Lalot était programmateur des Eurockéennes depuis 2001. Il rejoint le Hellfest. | ©Le Trois – Thibault Quartier
Portrait

Kem Lalot, programmateur des Eurockéennes de Belfort depuis 2001, quitte le festival. Il part au Hellfest. Pour un dernier défi, teinté de ses premiers amours musicaux. On a pris le temps de se remémorer ses souvenirs. Ceux qui se cachent sous cette casquette qui, selon la légende, il ne quitte jamais.

Quels sont ses meilleurs souvenirs ? Ses pires ? Son groupe préféré ? Autant de questions que nous pourrions poser à Kem Lalot, emblématique programmateur des Eurockéennes sur le départ (lire notre article). Mais une question me taraude depuis des années : enlève-t-il, parfois, sa casquette ? 

En extérieur, au festival. Ou en intérieur, à l’annonce des programmations. Une casquette ceint toujours le visage de Kem Lalot. Un prolongement naturel de sa barbe bien garnie. Elle fait tellement partie de lui. Alors, quand il a annoncé qu’il changeait de crémerie, j’ai décidé de lui poser LA question. C’est peut-être le scoop de l’année qui se glisse entre ces lignes. Ou pas. Mais la casquette de Kem Lalot fait partie de l’expérience Eurockéennes. Une sorte d’image d’Épinal du festival.

« Quand je dors », répond-il alors avec un vaste sourire, arborant pour l’occasion une casquette orange et noir à l’effigie du groupe de hard rock américain Clutch. Une parure agrémentée d’un t-shirt d’Iron Maiden. Le portrait est posé. « C’est vraiment rare que je n’ai pas ma casquette », avoue-t-il en retrouvant son sérieux. À se demander, presque, s’il n’est pas né avec une casquette sur la tête. Il en compte une vingtaine dans son dressing. Notamment des casquettes de groupe de musique, forcément, faisant de lui une sorte « d’homme-sandwich », se marre-t-il. Il aime porter les casquettes de groupes qu’il apprécie. Un p’tit côté groupie assumé. Parfois, Kem se hasarde pourtant dans la rue sans son iconique couvre-chef, « pour passer incognito », justifie l’intéressé. La situation aurait de quoi surprendre, en effet. Le pire, c’est que ça marche assure Kem Lalot. Comme quoi, l’habit fait bien le moine. 

« Dernier challenge »

Kem Lalot quitte le navire Eurockéennes 25 ans après avoir embarqué. À 58 ans, il rejoint le mythique Hellfest, festival bien plus jeune que les Eurockéennes, mais déjà légendaire. Un gros paquebot aux 280 000 festivaliers en 2025 et au budget quatre fois supérieur à celui des Eurocks, avec ses 42 millions d’euros. Le festival de Loire-Atlantique l’a approché au mois de septembre. L’occasion était trop belle. Impossible à refuser, alors qu’il pensait finir sa carrière ici, non loin de sa Haute-Saône natale. C’est un « dernier challenge », convient ce natif de Ronchamp, qui a grandi aux pieds de la chapelle Le Corbusier. « C’est un retour à mes premiers amours. Je viens de la scène Metal, punk et hard core », relate Kem Lalot, qui a programmé la salle du Noumatrouff, à Mulhouse, avant de rejoindre les Eurocks, en 2001.

Au Hellfest, il se projette déjà sur l’édition 2027, qui sera celle des 20 ans. Le défi est stimulant. Il aura la charge de programmer deux scènes : la WarZone et celle de la Valley. L’esthétique, il la maîtrise. Il programme du Metal, du punk ou encore du hardcore depuis ses 20 ans. Localement, il a oeuvré de nombreuses années pour le festival Impetus, ode à la musique Metal, noise ou encore expérimentale. Le défi ne l’impressionne donc pas. Son expérience est riche. Il maîtrise le milieu. Il connaît les agents étrangers. Et il ne manque pas d’idées pour le Hellfest, avec cette volonté de toujours élargir le spectre. Pour faire découvrir, une autre de ses vertus (lire ci-dessous). Il emporte encore ce goût de l’expérimentation, qui ont permis de faire naître le festival GeneriQ, La Résidence Secondaire, le projet d’accompagnement Iceberg ou tous ces projets de concerts uniques aux Eurocks mêlant les artistes à des projets de territoire.

Une casquette collector ?

« Comme programmateur, tu ne t’ennuies jamais, promet Kem Lalot. Il n’y a aucune programmation que ressemble à une autre. Il n’y a pas de routine. » Chaque annonce est un pari. « Il faut que la mayonnaise prenne », admet-il. Entre les fans de hip hop, de Metal ou encore de rock. Ce pari de la programmation charrie aussi son lot de haters. Aujourd’hui, il ne lit plus les commentaires sur les réseaux sociaux, le soir des annonces. C’est devenu un vrai « défouloir », regrette-t-il. Une manière de se protéger alors que les propos sont parfois virulents. Car c’est bien à la fin de la foire qu’on compte les bouses. Que valent les déchainements de haine sur la toile quand 130 000 personnes ont fait communion pendant quatre jours ?

Si Kem Lalot quitte le Territoire de Belfort, sa casquette ne sera jamais loin de la presqu’île du Malsaucy. Il conserve une mission pour le festival. Son large sourire sera donc là début juillet pour la prochaine édition. Et sûrement pour les suivantes. Sa casquette va le suivre à la trace et lui permettre de conserver toutes cette mémoire des Eurocks. Lui qui a justement permis à plusieurs générations de jeunes de la région de construire leurs propres souvenirs à travers le festival. Chapeau. Ne reste plus qu’à éditer une casquette collector, pour ne pas oublier ! 

Quatre découvertes qu’il retient

Ce sont des centaines d’artistes qui ont été programmés par Kem aux Eurockéennes. Pas facile de répondre aux questions des coups de cœur, des souvenirs ou des découvertes dont il est fier. Certains artistes ont pourtant un écho particulier. Car ils ont pu exploser sur la scène internationale après leur passage dans le Territoire de Belfort. C’est le cas de Gossip. Il découvre Beth Ditto sur une scène d’un festival à Austin (Texas) en mars 2006. « On prend une claque avec Jean-Paul (Roland, le directeur des Eurockéennes, NDLR) et Christian (ancien programmateur des Eurocks, NDLR) », se souvient Kem. À la descente de la scène, ils interpellent la chanteuse qui les met en lien directement avec son manager. Une première tournée européenne est alors en préparation. Les Eurocks sont alors ajoutées sur la carte. Et en juillet 2006, « elle retourne le Chapiteau », en tremble encore Kem. « Quand elle descend de scène, elle vient me voir pour qu’on aille voir Daft Punk. Elle était comme une folle », se souvient-il. Elle n’était pas encore une star. Juste une fan des boss de l’électro. En 2006, les Eurocks programme aussi Artic Monkeys. En 2005, les programmateurs reçoivent un quatre titres du groupe. Coup de cœur. Ils programment sans les voir sur scène. Une rareté. En novembre, ils les voient sur scène. Une déception… Les regrets montent. « Ils n’étaient pas en place. » Mais huit mois plus tard, avec plusieurs concerts au tableau, le show est énorme. Pari réussi. Autre souvenir : Fantomas en 2001. « Une musique extrême », convient Kem. « Expérimentale. » Mais le programmateur est heureux de montrer que le festival bouge et est capable de prendre des risques artistiques. Autre coup de cœur : Benjamin Clementine, en 2014. Le pianiste révèle la scène de la Plage, qui a les pieds dans l’eau depuis peu. « C’était un concert magique, à la tombée de la nuit », se rappelle-t-il.

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