Nord Franche-Comté : en 10 mois, les premières victoires de l’incubateur Apsiis

L’association Apsiis, fondée par des syndicalistes de General Electric ainsi que des entrepreneurs locaux et des acteurs économiques régionaux, a été lancée début 2021. L’objectif : sécuriser et développer les compétences du bassin d’emplois, autour de l’hydrogène et du nucléaire. Ce jeudi, elle a annoncé l’arrivée d’un bureau d’études à Belfort, la prochaine commercialisation de son outil de modélisation numérique et la poursuite de son travail autour des SMR. Le point.

L’association Apsiis, fondée par des syndicalistes de General Electric ainsi que des entrepreneurs locaux et des acteurs économiques régionaux, a été lancée début 2021. L’objectif : sécuriser et développer les compétences du bassin d’emplois, autour de l’hydrogène et du nucléaire. Ce jeudi, elle a annoncé l’arrivée d’un bureau d’études à Belfort, la prochaine commercialisation de son outil de modélisation numérique et la poursuite de son travail autour des SMR. Le point.

« Si on m’avait que nous en serions là un an après ! » Philippe Petitcolin, l’un des fondateurs de l’association de préfiguration de sociétés d’ingénierie et d’intégration systèmes (Apsiis), n’en revient toujours pas. Cette association a été créée (lire notre article sur la fondation), pour maintenir et développer des compétences propres à ce bassin industriel, touché par des plans sociaux à répétition ces dernières années. Leur volonté était de préserver ce qui fait la sève de l’ingénierie belfortaine : sa capacité à concevoir et installer des systèmes complexes, en particulier des centrales électriques. Ce sont des intégrateurs. 10 mois après le lancement, des créations d’emplois sont annoncées, grâce à l’impulsion de cette association.

Ce jeudi, à l’occasion d’une conférence de presse, l’association a en effet confirmé l’installation à Belfort d’un bureau de maîtrise d’ouvrage, spécialiste des projets hydrogène. C’est la société Oteenga qui ouvre un bureau à Belfort, au Techn’Hom. Philippe Guinot, le président de cette société, doit inaugurer prochainement ses nouveaux locaux. Il va créer dans un premier temps deux emplois (un ingénieur fluide et un ingénieur thermicien) et espère en avoir une vingtaine d’ici 2025. « La structuration avancée de la filière hydrogène dans le nord Franche-Comté en fait un territoire de pointe. Nous pensons qu’un potentiel important y existe », souligne Philippe Guinot, Il s’est inscrit dans le projet Apsiis au printemps afin de sonder les projets de développement dans le secteur. Il a vu les opportunités, mais surtout les compétences présentes, l’encourageant à créer un bureau. « Attirer de nouveaux acteurs hydrogène renforce un écosystème compétitif et sécurise l’emploi de compétences locales sur un marché ambitieux », souligne Philippe Petitcolin, également président d’Apsiis. D’autres cabinets en assistance de maîtrise d’ouvrage ont démarché Apsiis dernièrement. Forcément, on les sollicite pour obtenir des CV. Mais l’enjeu est de faire s’installer ces bureaux à Belfort.

Une start-up sur le nucléaire

Autre satisfaction, les projets autour de l’outil numérique de maquettage des projets hydrogène (lire notre article de présentation). De nombreux acteurs envisageaient la création d’un tel outil, sans jamais le faire. Apsiis a provoqué la rencontre d’une PME belfortaine spécialisée dans la modélisation (EuroCFD) et d’un géant de l’ingéniérie, Capgemini engineering (ex-Altran), le tout coaché par un ingénieur de General Electric. « Cet outil de maquettage multiphysique est révolutionnaire, puisqu’il vise à démocratiser l’usage d’un outil de modélisation à destination des bureau d’études et clients finaux de projets hydrogène », détaille Apsiis. L’outil créé, une réflexion est lancée pour le commercialiser. Une entreprise pourrait être lancée en 2022. Aujourd’hui, on sonde le marché, ses besoins et on réfléchit au produit et à ses services : location ; vente ; licence ; personnalisation… « Tout le monde pensait à ce projet. Mais sans Apsiis, cela n’aurait pas eu lieu », insiste Philippe Petitcolin.

Cet été, Apsiis a débuté une campagne de lobbying importante pour positionner Belfort sur le dossier des small modular reactor (SMR). Elle avait écrit une lettre au président de la République (notre article). Le hasard a voulu que le dossier de la relance du nucléaire et la réflexion autour des SMR soit en haut de la pile ; le 12 octobre, Emmanuel Macron a clairement annoncé le développement des SMR (lire notre article). Après cette allocution, Apsiis a de nouveau écrit au locataire de l’Élysée. « Nous avons une carte à jouer. Le potentiel est énorme en termes d’emplois », insiste Philippe Petitcolin. Apsiis a même été invité à participer à un évènement de la Nuclear Valley. Belfort n’a pas de compétences sur le réacteur nucléaire à proprement parler. Par contre, les équipes belfortaines ont des compétences en conception, commercialisation, intégration, installation… « Nous vendons des centrales clé en main », insiste Philippe Petitcolin, adaptées au contexte et aux normes locales. L’industrialisation de série, l’installation rapide, la connexion de modules, ce n’est pas possible sur une centrale EPR. Ce le sera avec des centrales SMR. « Et c’est ce qu’on fait à Belfort dans l’entité turbines à gaz », relève Philippe Petitcolin. Les équipes peuvent suivre des projets qui impliquent la construction d’une centrale en 2 ans. Avec le programme nucléaire suggéré par Emmanuel Macron et les ambitions dans les SMR, EDF aura prochainement besoin de ce type de compétences. « Il y en a plein à Belfort, il faut les sauvegarder », insiste Philippe Petitcolin. Il imagine même créer une start-up dans la filière nucléaire, « pour amener les compétences dont la filière a besoin, notamment dans le SMR ».

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