Le plan social « entraînerait la rupture des engagements pris par GE »

Le comité de suivi des engagements de General Electric, pris à l’occasion du rachat des activités énergie d’Alstom en 2014 s’est tenu ce mercredi matin, au ministère de l’Économie, à Bercy.

Le comité de suivi des engagements de General Electric, pris à l’occasion du rachat des activités énergie d’Alstom en 2014, s’est tenu ce mercredi matin, au ministère de l’Économie, à Bercy. Le gouvernement devient plus ferme. General Electric montre des signes d’assouplissement.

Le comité de suivi des engagements pris par General Electric lors du rachat de la branche énergie d’Alstom en 2014 s’est tenu ce mercredi 11 septembre. Un comité organisé sous la pression de l’intersyndicale de l’entité turbines à gaz de l’industriel américain. Elle assurait, force détails, que General Electric ne respectait pas ses engagements, notamment la pérennisation du siège mondial de l’activité turbines à gaz 50 Hz. Elle intimait l’ordre au gouvernement de faire respecter ces engagements après lui avoir révélé l’existence de cet accord.

Bercy attend des garanties

« Le plan de restructuration envisagé entraînerait la rupture des engagements pris par GE s’il était mené à son terme sans modification », déclare le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, dans un communiqué. Il l’a fait savoir à l’entreprise. « Les engagements présentant un risque de rupture concernent notamment le maintien à Belfort des centres de décisions pré-existants liés aux turbines à gaz 50 Hz, précise le communiqué, avant d’énumérer les domaines : La supervision des activités commerciales, telles que le support technique aux offres ; la stratégie en matière de chaîne d’approvisionnement ; et les activités de R&D et R&D appliquée. » Indirectement, le communiqué invite à ne pas suivre la nouvelle logique industrielle de General Electric, liée à la régionalisation des activités, mise en place depuis plusieurs années et qui a conduit à créer un centre européen à Baden, en Suisse, au détriment de Belfort.

Le ministre a également demandé à General Electric « d’améliorer très significativement le plan de restructuration envisagé pour garantir dans la durée la tenue des engagements et le maintien des savoir-faire du site de Belfort dans le domaine des turbines à gaz 50 Hz ». Bruno Le Maire doit s’entretenir bientôt avec Lawrence Culp, président-directeur général de General Electric, « afin d’obtenir de sa part les évolutions nécessaires du plan ».

GE prêt à adapter le plan

L’industriel américain confirme « avoir pris note de la demande de garanties ». Pour la première fois dans ses communications, General Electric écrit qu’il travaille « sur les mesures possibles pour adapter le projet de réorganisation ». Il réaffirme toujours rechercher la compétitivité et maintient son argument – contesté par des analyses et l’intersyndicale –  du « marché très dégradé ». Fin août, Le Trois se faisait justement l’écho des analyses du cabinet McCoy, spécialisé dans l’énergie. Il évoquait une hausse de 10 % des gigawatts commandés entre le premier semestre 2019 et le premiers semestre 2018, confirmant ainsi la reprise du marché.

À la fin du communiqué adressé en début de soirée, ce mercredi, la direction de General Electric appelle de nouveau les instances représentatives du personnel « à engager rapidement les négociations ». Et de glisser, finalement, la date butoir du 21 octobre où l’industriel doit, conformément à la loi, envoyer les éléments de son plan social à la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte).

L’intersyndicale acte le nouveau ton de Bercy

« On note que Bercy monte d’un cran, constate, à chaud, Francis Fontana, délégué syndical Sud Industrie, avant de poursuivre : On acte que l’accord (de 2014, NDLR) n’a pas été respecté. » L’intersyndicale se donne le temps de l’analyse et de la réflexion avant de communiquer plus largement. « Nous sommes satisfaits que l’État ait constaté le non-respect de l’accord et qu’il mette la pression sur GE, ce qui est nouveau, analyse également Philippe Petitcolin, de la CFE-CGC. Mais si le projet de GE évolue à la marge, on n’ira pas le négocier. » L’intersyndicale ne veut pas accompagner la casse sociale. Elle veut négocier son « propre projet alternatif basé sur le fait que Belfort soit un centre de décision sur ses quatre principaux métiers : le commercial, la gestion de projet, l’ingénierie et la fabrication ». Et Philippe Petitcolin de remarquer : « Leur plan est très basique : pour avoir 70 millions d’économie, on a enlevé l’effectif correspondant (45 %), indépendamment de la charge de travail. C’est irresponsable ! »

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