Le collectif Reconstruire formule 10 propositions pour rebâtir l’industrie française

À Belfort, le forum Reconstruire une industrie française souveraine et responsable s’est tenu ce mercredi 20 octobre. Il est porté par le collectif Reconstruire, qui a formulé 10 propositions à l’inttention des nouveaux exécutifs régionaux

À Belfort, le forum Reconstruire une industrie française souveraine et responsable s’est tenu ce mercredi 20 octobre (retrouvez ici l’ensemble des échanges). Il est porté par le collectif Reconstruire, qui a formulé 10 propositions à l’inttention des nouveaux exécutifs régionaux

Philippe Petitcolin, délégué syndical CFE-CGC à General Electric, le répète à l’envi ! Les meilleurs experts se trouvent dans les entreprises, auprès des salariés et des syndicats. Et une bonne politique industrielle ne peut être définie sans sonder, ni associer ces acteurs du dialogue social. Car avant d’être des représentants syndicaux, ce sont des salariés doués de savoir-faire. Aujourd’hui, il faut le faire savoir.

« Face à l’abandon des filières industrielles stratégiques aux logiques financières prédatrices favorisant le dumping social, fiscal et environnemental, l’urgence est de maintenir et de reconstruire l’industrie dans les régions dans le cadre de la souveraineté de la France », insiste le collectif. La désindustrialisation a des conséquences fortes sur les territoires. Un emploi direct supprimé, ce sont 3 à 5 emplois détruits derrière. Les conséquences sont fortes pour les écoles, les services, les marges de manœuvre des communes.

Le collectif Reconstruire veut façonner une nouvelle industrie française, souveraine et responsable. Il « regroupe des représentants des salariés, des chefs d’entreprises, des chercheurs, des experts de l’intelligence économique, des politiques, des économistes, des fiscalistes et des citoyens actifs », précise le collectif dans sa présentation. Dans les fondateurs, on compte des syndicalistes de General Electric, comme Philippe Petitcolin (CFE-CGC) ou Alexis Sesmat (Sud Industrie), de Nokia, comme Olivier Marcé. On compte aussi une élue, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann (Gauche républicaine et socialiste). S’ajoutent Christian Harbulot, directeur de l’école de guerre économique, Laurent Izard, professeur d’économie, mais aussi Charles Huet, co-fondateur de La Carte française.

Le collectif a défini 10 propositions, adressées aux conseils régionaux, compétents en matière économique et écologique. Ces propositions visent à « maintenir et reconstruire une véritable politique industrielle régionale dans un contexte de guerre économique contre les oligarchies financières mondialisées, grands utilisateurs de paradis fiscaux, d’évasions et optimisations fiscales », avertit le collectif.

Les 10 propositions

1) Utiliser tous les moyens légaux en vigueur ou déjà existants, fiscaux et juridiques pour combattre les délocalisations sauvages, protéger les fleurons industriels stratégiques, notamment en poursuivant devant les tribunaux les responsables qui sacrifient l’intérêt général au profit d’intérêts particuliers.

2) Promouvoir les acteurs économiques socialement responsables en introduisant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans les arbitrages pour les attributions d’aides ou de subventions publiques.

3) Créer un programme décliné régionalement d’intelligence économique intégrant des représentants des salariés des différentes filières, des universitaires, des citoyens motivés ou experts, pour prendre en compte une stratégie industrielle capable de protéger, développer et créer les acteurs industriels en harmonie avec l’histoire et la géographie des territoires.

4) Intégrer des représentants des salariés et d’associations dans la définition des axes stratégiques des aides publiques et des garanties en terme d’investissements et d’emplois, puis dans la phase de contrôle dans les entreprises du respect des engagements contreparties aux aides publiques.

5) Anticiper les évolutions des marchés et des répercussions sur l’emploi par filière industrielle, par la construction d’activités de diversifications et par l’adaptation de l’offre de formations en conséquence.

6) Créer un programme de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences au niveau des régions pour identifier les métiers, les compétences en recul, en tension, pour définir une politique de reconversion et de formations continues reconversion et de formations continues adaptées aux bassins d’emplois.

7) Créer des fonds régionaux pour la prise de participation dans le développement et la création de nouveaux acteurs industriels de la transition énergétique pour les énergies décarbonées.

8) Créer un autre fonds alimenté par l’épargne citoyenne et garanti par l’État, dans le but de soutenir et développer l’industrie locale et la libérer ainsi d’une financiarisation dévastatrice pour les territoires.

9) Imposer que les centres de décisions des entreprises soient locaux et lutter contre l’évasion fiscale qui appauvrit les entreprises, les salariés et les ressources des territoires.

10) Promouvoir les carrières et emplois des filières industrielles par notamment l’organisation de visites d’entreprises proches et la création d’une journée de l’industrie au collège et au lycée.

Une proposition de loi sur l'intelligence économique

En mars 2021, une proposition de loi a été déposée par un groupe de sénateur, dont Marie-Noëlle Lienemann (GRS), l’une des fondatrices du collectif Reconstruire (à retrouver ici). Elle porte sur la création d’un programme national d’intelligence économique. Le collectif soutient cette proposition, « motivée par la nécessité urgente d’une législation majeure dans le domaine de la sécurité économique. Le Collectif appelle les parlementaires à voter ce texte. »

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