General Electric : les sites de Bourogne et de Belfort sont bloqués

Les salariés de l'entité turbines à gaz de General Electric bloquent les ateleirs de Bourogne et de Belfort depuis plusieurs jours.

Les ateliers de Bourogne et de Belfort de l’entité turbines à gaz sont bloqués depuis plusieurs jours par des centaines de salariés. Un blocage intervenu au moment des négociations salariales. On craint notamment l’effritement des acquis sociaux. Statu quo.

Les ateliers de Bourogne et de Belfort de l’entité turbines à gaz sont bloqués depuis plusieurs jours par des centaines de salariés. Un blocage intervenu au moment des négociations salariales. On craint notamment l’effritement des acquis sociaux. Statu quo.

« On ne touchera pas à nos acquis », lance Cyril Caritey, délégué syndical CGT dans l’entité turbines à gaz de General Electric. Depuis jeudi, l’usine de Bourogne, qui fabrique des pièces de turbines, est bloquée. Elle a été rejointe dans son mouvement par l’atelier de Belfort, qui assemble les turbines, bloqué depuis lundi. Une turbine à gaz 9HA, la plus puissante du monde, devait quitter Belfort en début de semaine. Elle est bloquée dans les ateliers. Le mouvement est parti directement des salariés. Ils ont d’abord débrayé. Une fois. Deux fois. Puis ont bloqué. Plusieurs centaines de salariés se relaient, par équipe, pour tenir les piquets de Belfort et de Bourogne.

« Ce qui a mis le feu aux poudre, explique Karim Matoug, délégué syndical CGT, c’est la présentation de l’agenda social. » Un agenda dans lequel on touchait aux RTT, on évoquait aussi une modification des horaires. On remettait en cause aussi « les temps de douche », explique Karim Matoug. « Aujourd’hui, les temps de douche sont compris dans le temps de travail. Un usage qui date des années 1980, car les ouvriers sont exposés à divers produits chimiques, explique le délégué syndical. On ne veut pas les supprimer. Par contre, il faut enlever plusieurs jours de RTT en compensation. Le compte n’y est pas. »
« C’est clairement une attaque contre nos acquis sociaux », souffle un délégué syndical Sud Industrie, de Bourogne. Le compte n’y est pas non plus, pour une partie des salariés, sur l’enveloppe globale dédiée aux revalorisations salariales. Il y a un problème de « répartition », dénonce Karim Matoug.

« Manque de transparence »

Si ces lignes ont disparu du projet de négociation, la direction maintient la mise en place d’un groupe de travail qui doit réfléchir sur les conditions de travail. Ce qui ne laisse pas augurer de bonnes choses quant à l’objectif final, craignent les syndicats. « On ne comprend pas l’entêtement de la direction de maintenir ce groupe de travail qui est le point de désaccord avec les grévistes », relève Alexis Sesmat, délégué syndical Sud Industrie. Les salariés sont prêts à débloquer si l’on retire ces projets de l’agenda social. Dans un communiqué, la direction « réaffirme sa volonté de poursuivre les négociations avec les syndicats une fois les blocages levés ». Pour l’instant, statu quo.

« On constate un manque de transparence de la direction, déplore Alexis Sesmat. Il est hors de question, dans les conditions d’aujourd’hui, d’activité soutenue et de crise sanitaire, de dégrader les conditions de travail. » Il glisse également que ces dernières années, la direction n’a pas fait grand-chose qui permette d’accorder du crédit à sa parole. La confiance est plutôt limité aujourd’hui.

« Baril de poudre »

Surtout, tout le monde s’étonne de cette ambiance, alors que les résultats sont bons, que les salariés ont fait des efforts en 2020 malgré des « conditions dégradées » et que les perspectives d’avenir sont encourageantes. « On ne veut pas que cela se traduise en dégradant les conditions de travail, souffle Alexis Sesmat. On s’attend [plutôt] à une forme de reconnaissance. » Ajoutons à cela des bonus exorbitants pour le p-dg de General Electric (notre article), une « organisation du travail chancelante », une surcharge, « une souffrance au travail » et vous obtenez des salariés à bout. Les représentants du personnel sont aussi fatigués des multiples volontés de gains de productivité et de compétitivité pour concurrencer l’usine de Greenville, aux États-Unis. « Je doute des comparaisons avec Greenville », glisse également Karim Matoug.

« On est assis sur un baril de poudre », estime finalement un salarié, qui sent la tension. Quand on sait que dans les bâtiments voisins se déroulent des plans sociaux (notre article), la situation pourrait même devenir explosive si les luttes convergeaient.

La direction « sérieusement préoccupée »

Dans un communiqué, la direction de General Electric se dit « sérieusement préoccupée » par le « blocage ». « La direction envisage de prendre certaines mesures pour rétablir l’accès libre et sécurisé aux deux sites », écrit-elle dans son communiqué. Elle respecte « le droit légitime de toute personne de faire grève ». Mais elle estime que les blocages « sont abusifs et déconnectés de la négociation ou du droit de grève ». « Notre priorité est la sécurité de tous les employés et leur droit d’accéder sereinement à leur lieu de travail », poursuit-elle.

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