Les bonus « scandaleux » attribués à Larry Culp, P-DG de General Electric

Le comité de groupe Europe de General Electric se prononce sur le rachat du nucléaire par EDF.

La CFE-CGC de General Electric a organisé une conférence de presse, ce mardi midi, pour réagir aux annonces concernant les bonus « scandaleux » attribués au président-directeur général de General Electric, Larry Culp. Les propos scandalisés se multiplient à son encontre.

La CFE-CGC de General Electric France a organisé une conférence de presse, ce mardi midi, pour réagir aux annonces concernant les bonus « scandaleux » attribués au président-directeur général de General Electric, Larry Culp. Les propos scandalisés se multiplient à son encontre.

Larry Culp, président-directeur général de General Electric, a été nommé en octobre 2018. L’été dernier, il a été confirmé à son poste jusqu’en 2024, en renégociant avantageusement sa rémunération. Initialement, il pouvait espérer empocher un bonus de 47 millions de dollars (38,6 millions d’euros), s’il faisait remonter l’action de General Electric à 19 dollars, contre les 12 dollars qu’elle valait lors de son arrivée.

Mais après les négociations de l’été, il empoche le bonus si l’action dépasse les 10 dollars pendant 30 jours consécutivement ; ce qui s’est passé cet automne. Le dirigeant américain pourrait même empocher un bonus de 230 millions de dollars (190 millions d’euros), s’il parvient à faire monter l’action de GE jusqu’à 17 dollars ; l’objectif initial était de 31 dollars, soit la valeur de l’action fin 2015, juste après le rachat de la branche énergie d’Alstom, pour la coquette somme de 12,35 milliards d’euros. Au printemps, l’action de GE avait chuté jusqu’à 6 dollars,au début de la crise sanitaire.

« Indécent »

« C’est totalement scandaleux et délirant », s’emporte Philippe Petitcolin, de la CFE-CGC, secrétaire du comité social et économique de GE EPF, l’entité turbines à gaz française de General Electric. « Son contrat est ramené à des seuils totalement ridicules », tance-t-il, remarquant qu’il empoche un bonus alors que l’action a baissé depuis son arrivée, de près de 16 %.

Surtout, le représentant syndical dénonce la « suppression de dizaine de milliers d’emplois ». « Larry Culp a garanti son avenir financier », poursuit-il, alors que celui des salariés « n’a jamais été aussi incertain ». « Il est inadmissible et scandaleux de verser un tel bonus alors même que des milliers de familles pâtissent des suppressions d’emploi, écrit à son tour Florian Bouquet, président du conseil départemental du Territoire de Belfort. Ce bonus arraché au chantage et négocié sur la base de résultats moins bons témoigne de l’absence de moralité des dirigeants du groupe GE et du manque d’empathie de l’entreprise pour ses salariés. »

Les syndicats américains du géant industriel sont aussi montés au créneau pour dénoncer cet abus, comme le rapporte Le Monde. Au mois de décembre, le syndicat Sud Industrie, de l’entité Steam power system, touchée par un nouveau plan social, s’alarmait déjà de cette réalité, rappelant au passage que Larry Culp a touché en 2019 un salaire de 24,6 millions de dollars.

« Petit comptable minable »

Philippe Petitcolin dénonce les stratégies du géant américain, qui regarde exclusivement les coûts ; il critique les délocalisations, qui entrainent des « retards » et des « problèmes de qualité ». Il reproche les absences de recrutement alors que la charge est présente, notamment dans les turbines à gaz. Et de remarquer, qu’à présent, « General Electric sous-traite à des sous-traitants indiens » car eux non plus ne peuvent pas embaucher. « C’est une stratégie de petit comptable minable », lance-t-il aux journalistes.

« Tout le monde doit faire des efforts, y compris Larry Culp », remarque Nadine Boux, élue syndicale CFE-CGC, chez GE Hydro, à Grenoble. « On récompense ce p-dg pour son échec », insiste-t-elle, amère. Relevant également que l’entreprise « est fortement endettée ». Pis, elle ne comprend pas comment on peut valider ce type de bonus, « alors que les conditions de départs des licenciés » se font avec « des sommes dérisoires ».

À l’occasion de cette conférence de presse, Philippe Petitcolin a estimé « qu’il était grand temps que la France remette la main sur la branche énergie d’Alstom ». Florian Bouquet réclame pour sa part de la transparence et demande si Hugh Bailey, directeur général de GE France, a eu une prime également, tout en rappelant que c’est l’ancien conseiller aux affaires économiques d’Emmanuel Macron, lorsqu’il était ministre de l’Économie, « artisan de la vente des activités belfortaines d’Alstom au groupe américain », écrit-il.

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