GE : une production d’ailettes pour l’aviation en janvier 2021

L’entité turbines à gaz de General Electric va réaliser des ailettes en qualité de sous-traitant d’une entité du business aviation de General Electric. Elle conçoit des pièces intégrées ensuite à des moteurs d’avions et d’hélicoptères. Trois références d’ailettes sont prévues à Bourogne.

L’entité turbines à gaz de General Electric va réaliser des ailettes en qualité de sous-traitant d’une entité du business aviation de General Electric. Elle conçoit des pièces intégrées ensuite à des moteurs d’avions et d’hélicoptères. Trois références d’ailettes sont prévues à Bourogne. La production en série doit débuter en janvier 2021 pour l’ensemble des pièces (MAJ le 17/01/19, à 17h50).

L’information a été révélée il y a quelques jours par France bleu Belfort-Montbéliard. Des pièces de moteurs d’avions et d’hélicoptères vont être fabriquées à Bourogne, dans l’usine de General Electric. L’entité doit produire des ailettes pour deux moteurs d’hélicoptère. Ils équipent des hélicoptères militaires. Selon GE Aviation, le moteur équipe aussi des aéronefs de plus de 50 pays utilisés pour du transport de troupe, des services d’évacuation ou encore de la surveillance maritime. L’entité belfortaine doit aussi produire des ailettes pour un moteur d’avion très répandu sur le marché. On le retrouve notamment sur des Boeing et des Airbus. Cette production est issue d’un transfert de charges depuis une usine polonaise du groupe. Bourogne interviendrait comme un sous-traitant de rang 2 de cette entité de General Electric. « Cette usine doit libérer de la place pour de la production », confie une source proche du dossier, souhaitant conserver l’anonymat. Historiquement, des ailettes pour l’aviation ont déjà été construites à Belfort.

Janvier 2021

Selon un calendrier, que Le Trois a pu consulter, la fabrication des premières pièces, servant à « qualifier le lot », est prévue à la fin de l’été et à l’automne. La production en série et le transfert complet de ces trois références doit intervenir en janvier 2021, après une montée en charge progressive à la fin de l’automne. Le printemps et l’été doivent permettre de tester les processus, les machines et les capacités de l’usine.

Cette production sera installée dans le bâtiment 331 de Bourogne. Clin d’œil, ou ironie, selon les lectures, ce bâtiment devait initialement accueillir l’usine du futur de General Electric et près de 100 imprimantes 3D. Il y a un an, alors que le bâtiment servait d’entrepôt, la CFE-CGC l’avait identifié comme pouvant accueillir une activité liée à l’aéronautique. C’est aujourd’hui le cas.

Damien Meslot : « On avait harcelé »

« On avait harcelé le ministre (de l’Économie, Bruno Le Maire, NDLR) et General Electric [sur ce sujet] », rappelle Damien Meslot, maire de Belfort. Cette diversification « est conforme aux engagements », confirme-t-il. « Avoir un début de diversification dans ce secteur permet de lancer la machine », poursuit-il. « Nous serons très vigilants à avoir des pièces qui permettent de travailler dans la durée et non pas que des fins de série », ajoute Damien Meslot, conscient qu’il faut aussi commencer par une étape pour obtenir les certifications.

14 salariés

Une seule ligne de production est prévue et sera utilisée pour produire les 3 références. 600 m2 sont dédiés à cette implantation. Et près de 4 millions d’euros d’investissement sont prévus pour répondre à cette diversification, qui ne doit pas entraîner de rupture de charge pour le donneur d’ordre. Les équipes belfortaines devront réaliser cette production sans générer, à terme, de surcoûts pour le donneur d’ordre. Cette production implique de l’usinage, du soudage ou encore du traitement thermique. Une source syndicale confirme que les 14 salariés prévus pour cette activité seront pris parmi les équipes visées par le plan, notamment sur les lignes combustion et stator.

Dans l’accord-cadre signé le 21 octobre entre la direction de l’entité turbines à gaz de General Electric et les syndicats Sud Industrie et CFE-CGC mettant fin au conflit social, un chapitre concerne cette diversification ; c’est l’article 2.1.7. On prévoit 200 emplois en 2023 dans cette diversification.

La direction, prudente, estime qu’il est trop tôt pour communiquer sur cette diversification. Le dossier est encore en cours de négociation commerciale.

Certification en cours

« Nous passons de la culture de fabrication de l’énergie à la culture aéronautique, insiste notre source. C’est un changement de paradigme qui se traduit dans la rigueur, la qualité et la pratique. » Aujourd’hui, il faut donc s’adapter pour répondre aux exigences de cette industrie. La nécessaire certification des process à l’industrie aéronautique et les investissements lourds étaient initialement un frein à cette diversification, prônée par les syndicats CFE-CGC et Sud Industrie, alors que pointait justement à l’horizon la menace du plan social. Cette méfiance avait été relayée par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, en mars 2019, dans un courrier adressé au maire de Belfort, Damien Meslot. Au fur et à mesure du conflit social, ce dossier avait pris de l’épaisseur. Aujourd’hui, un premier pas est franchi. La diversification est envisagée et testée. Depuis septembre, des évaluations sont en cours. Un audit a même été mené fin novembre. En parallèle de la montée en charge de la production d’ailettes, le niveau de certification va monter au fur et à mesure des évaluations. La certification complète Nadcap, des procédés propres à l’aéronautique, doit intervenir en mars 2021, près de 18 mois après le lancement des audits et des démarches de certification.

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