Suppression d’emplois : nouvelle passe d’armes entre Bruno Le Maire et General Electric

Un accord a été signé pour éviter la délocalisation d'heure de travail à General Electric à Belfort.

Le torchon brûle de nouveau entre l’Etat français et General Electric, qui a annoncé un projet de restructuration de certaines activités en Europe, une décision « d’aubaine » en pleine crise du Covid, fustige le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

Marie HEUCLIN – AFP

Le torchon brûle de nouveau entre l’Etat français et General Electric, qui a annoncé un projet de restructuration de certaines activités en Europe, une décision « d’aubaine » en pleine crise du Covid, fustige le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

« Il y a des difficultés et ça peut amener certaines décisions, mais certainement pas des décisions d’aubaine. Et il faut que les choses soient claires » entre General Electric (GE) et le gouvernement français, a dénoncé M. Le Maire devant des sénateurs. Une flèche directe envoyée à la direction du géant américain qui a annoncé mercredi son intention de restructurer deux divisions en Europe, celle des équipements pour barrages (Hydro), qui concerne son site de Belfort, et celle des réseaux électriques (Grids). GE a mis en avant « des pertes financières importantes » dans ces deux activités, en difficulté depuis plusieurs années, mais sans préciser l’impact de sa décision sur l’emploi. Selon des sources syndicales, 753 postes seraient supprimés en France.

Chez GE Hydro France, un plan de sauvegarde de l’emploi impliquerait « la fermeture du site de Belfort (83 postes sur 89 salariés) et une forte réduction d’effectifs du site de Boulogne (36 postes sur 43 salariés) », a indiqué jeudi l’intersyndicale de GE Hydro à Belfort dans un communiqué.

Engagements

Selon des sources syndicales, 753 postes seraient supprimés, dont 89 à Belfort selon le maire de cette ville. Dans la foulée de cette annonce, Bercy avait réagi, indiquant simplement que « la crise frappe toutes les entreprises, et en particulier General Electric » et que l’Etat serait « attentif à ce que ces restructurations (…) maintiennent un maximum d’activité et d’emploi ». Mais l’annonce de l’Américain a hérissé les élus et les syndicats du groupe dans les territoires où GE est implanté. « Brique par brique, le groupe américain tue les savoir-faire et les compétences qui font la fierté et l’excellence de notre industrie », a dénoncé Marie-Guite Dufay, présidente (PS) de la région Bourgogne-Franche-Comté. A Belfort, où GE a déjà supprimé de nombreux emplois, le maire (LR) Damien Meslot s’est dit « consterné », jugeant les décisions de GE « inadmissibles », laissant augurer « le démantèlement du site » belfortain, principale implantation de GE dans l’Hexagone. « Nous avons connu un important plan de délocalisation dans l’activité Gaz, il n’y a aucune raison que GE n’applique pas cette stratégie à ses autres activités », a déclaré à l’AFP Alexis Sesmat, délégué Sud à GE Belfort. Jeudi, Bruno Le Maire leur a finalement emboîté le pas. « Je vois se profiler par exemple, à Belfort, chez General Electric un certain nombre de propositions qui ne me paraissent pas toutes correspondre aux engagements qui ont été pris par GE » en 2014, au moment du rachat d’Alstom Energie par le groupe américain, et en 2019 dans le cadre d’un précédent plan social, a-t-il estimé.

Jeudi, Bruno Le Maire leur a finalement emboîté le pas. « Je vois se profiler par exemple, à Belfort, chez General Electric, un certain nombre de propositions qui ne me paraissent pas toutes correspondre aux engagements qui ont été pris par GE » en 2014, au moment du rachat d’Alstom Energie par le groupe américain, et en 2019 dans le cadre d’un précédent plan social, a estimé le ministre.

"Le groupe ne créera plus d'emploi dans les années à venir, mais en détruira"

« Nous veillerons à ce que GE respecte ses engagements », a-t-il assuré, indiquant qu’il parlerait prochainement au PDG du groupe américain, Larry Culp. Du côté de GE, on ne souhaite pas commenter les propos du ministre. Ce respect des engagements pris par le groupe au moment du rachat controversé de la branche énergie d’Alstom (emploi, maintien de sites, etc.), promu à l’époque par Emmanuel Macron, alors à Bercy, constitue une pomme de discorde récurrente entre l’Etat et le groupe américain. Ce dernier assure avoir les avoir tenus, puisque faute d’avoir créé les 1.000 emplois promis en France, il a finalement acté qu’il devra payer 50 millions d’euros de pénalités. Ainsi, malgré l’annonce de créations de postes dans plusieurs branches depuis 2015, il a taillé dès 2016 dans ses effectifs dans l’énergie et encore supprimé en 2017 quelque 350 postes (sur 800) à l’usine GE/Hydro de Grenoble, son PDG d’alors jugeant l’entreprise Alstom « très décevante ». Et l’an dernier, l’Etat avait dû monter au créneau pour obtenir du groupe qu’il taille moins dans les effectifs de son site belfortain de production de turbines à gaz, dans le cadre d’un plan social prévoyant la suppression initiale de près de 1.050 postes en France. Au total, 300 emplois sur près de 800 avaient pu être sauvés. « Dans tous les business de GE, il faut désormais prendre en considération que le groupe ne créera plus d’emploi dans les années à venir, mais en détruira », a estimé vendredi Philippe Petitcolin, délégué CFE-CGC de GE Power à Belfort.

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