Des ouvriers très inquiets dans les ateliers d’Alstom et de GE

C’est l’inquiétude dans les ateliers de General Electric, à Bourogne, et d’Alstom, à Belfort, à la suite des annonces du président de la République. On demande l’arrêt de la production, car on estime que la sécurité n’est pas assurée.

C’est l’inquiétude dans les ateliers de General Electric, à Bourogne, et d’Alstom, à Belfort, à la suite des annonces du président de la République. On demande l’arrêt de la production, car on estime que la sécurité n’est pas assurée.

L’inquiétude se propage rapidement. À la suite des annonces d’Emmanuel Macron, président de la République, lundi soir, demandant un confinement partiel du pays, dès ce mardi midi, des ouvriers des ateliers d’Alstom, à Belfort, et de General Electric, se sont mobilisés ce mardi matin. Inquiets. « À 9 h, ce matin, les gens des ateliers ont cessé de travailler pour demander un dispositif de chômage partiel [dans le cadre de la pandémie du Covid-19] », explique André Fage, de la CFE-CGC. Selon le délégué syndical, les ouvriers estiment ne pas être en sécurité. « C’est une inquiétude partagée par l’ensemble des salariés », confirme la direction de l’établissement. Quand c’est possible, du travail à domicile a été décidé. De l’ordre de 60 à 70 % estime André Farge. « Nous faisons le maximum, en suivant les préconisations des ministères », poursuit la direction, qui confirme entendre et comprendre le message. « C’est une préoccupation majeure de l’entreprise », poursuit-elle. Pour le moment, rien n’a été décidé par Alstom France quant à la poursuite de l’activité. Le secteur d’activité. Les salariés sont dans l’expectative et attendent des réponses. Et dans cette attente, « ils ont peur », confirme Olivier Laurent, président de la métallurgie CFE-CGC Franche-Comté. Il pointe du doigt l’incohérence des mesures d’hier soir et la poursuite de l’activité aujourd’hui. « Les ouvriers se sentent en danger », valide Valérie Chardon, déléguée syndicale CFE-CGC. Selon elle, il faut qu’aujourd’hui la production s’arrête.

Pour les salariés des bureaux restés dans l’entreprise, « on essaie d’appliquer les mesures barrières, de garder la distance entre collègues et de faire des conférences téléphoniques à la place des réunions », confirme le délégué syndical, André Farge. Mais il rappelle que c’est beaucoup plus difficiles d’appliquer ces mesures dans les ateliers. « Les ouvriers sont super angoissés. Il y a des cas où ce n’est pas possible d’appliquer les gestes barrières, notamment quand on doit être deux pour une opération, détaille-t-il. Il y a aussi des outils en commun, que l’on se passe. » Et on ne pas les nettoyer systématiquement ; il n’y a pas de lingettes. Et s’ils y en avaient, il en faudrait énormément. « S’il n’y a pas de chômage partiel, les salariés feront valoir leur droit de retrait », précise André Farge.

Danger grave et imminent à GE

Dans les ateliers de General Electric, à Bourogne, la CGT a lancé une procédure de danger grave et imminent (DGI). Trois salariés sont repartis. On suspecte qu’ils soient contaminés nous apprend une source syndicale. « On ne se sent pas en sécurité dans les ateliers », souffle Abdelaziz Jebbar, de la CGT. Les salariés ont donc manifesté leur inquiétude, comme le révélait France bleu Belfort-Montbéliard. Dans un tract distribué ce matin, la CGT dénonce : « L’entreprise ne prend pas ses responsabilités après mainte et mainte interpellations ni ne prends en compte à sa juste valeur cette période tragique car aucune disposition de masque FFP2 ni de gel hydro-alcoolique ne sont disponibles dans les ateliers, aucune désinfection des postes de travail n’est effectuée. » La CGT regrette également que des fournisseurs puissent encore entrer sur le site. Dans le tract, il est annoncé que les salariés font valeur leur droit de retrait car « le protocole de la direction n’est (…) pas en capacité de garantir l’intégrité physique et morale de ses salariés ».

Des annonces sont attendues dans l’après-midi du côté d’Alstom apprend-t-on auprès des syndicats (la suite ici). La direction de la communication a été sollicitée. Nous attentons son retour. Pour le moment, pas de retour non plus de la direction de General Electric, pour laquelle aucune décision n’est pour le moment prise. La CGT est remontée. Les ouvriers ne viennent pas mercredi.

Hier, le groupe PSA a mis toutes ses usines européennes à l’arrêt. Michelin a suivi le mouvement.

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