Covid-19 : parler de la pandémie au quotidien [décryptage]

Depuis début mars, les services de l’État communiquent énormément autour de la pandémie du coronavirus covid-19. Ce mois a été marqué par une accélération de la pandémie, une tension de plus en plus fortes sur les services hospitaliers, de nombreux décès et la mise en place d’un confinement de la population.

Depuis début mars, les services de l’État communiquent énormément autour de la pandémie du coronavirus covid-19. Ce mois a été marqué par une accélération de la pandémie, une tension de plus en plus forte sur les services hospitaliers, de nombreux décès et la mise en place d’un confinement de la population. On a regardé dans le rétro les communiqués de presse de l’agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté pour observer l’évolution des mots de la pandémie. Décryptage.

Communication quotidienne

L’agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté communique régulièrement sur la pandémie du coronavirus covid-19 depuis le début. Mais elle édite un bulletin quotidien depuis le 3 mars. Un bulletin où elle évoque les précautions à prendre, le sujet d’actualité (masques, situation dans les Ehpad, renforts…) et transmet les évolutions chiffrées de la pandémie dans la région. Dans l’infographie que nous publions désormais quotidiennement depuis la semaine dernière (à retrouver ci-dessous), nous avons fait le choix de ne publier que les données à partir du confinement, le 17 mars, car il y a une homogénéité à partir de cette date. Cela permet d’avoir un repère fort, pour observer ensuite les évolutions de la courbe. Dans la lecture des chiffres, il faut aussi être vigilant. Le nombre de décès et de personnes sorties d’hospitalisation sont des données cumulées. À l’inverse le nombre de patients hospitalisés et en réanimation est une photo de la situation dans les établissements hospitaliers et du nombre de personnes accueillies. À l’échelle du pays, on évoque près de 78 167 cas confirmés, le 7 avril à 14 h. À l’échelle du monde, le 7 avril à 10h, l’OMS dénombre 1 279 722 cas confirmés de Covid-19, et 72 614 décès.

Adaptation du vocabulaire

Au départ, l’ARS évoquait le nombre de personnes contaminées et testées positives. Et le 15 mars, l’ARS de préciser dans son communiqué d’alors : « À ce stade de l’épidémie, ce chiffre n’est déjà plus et sera de moins en moins le décompte exhaustif des malades atteints dans la région. Il recense seulement les patients hospitalisés, personnes à risques, personnels soignants et premiers patients d’un regroupement de personnes vulnérables auxquels le test biologique est désormais réservé. »

La notion de patients hospitalisés apparaît le 12 mars et est systématique dès le 15 mars. Auparavant, si précision était faite, on donnait une proportion du nombre de patients hospitalisés par rapport à ceux suivis à domicile. À l’inverse, la notion de patients testés disparaît le 17 mars. Avant le 25 mars, on a évoqué plusieurs fois la notion de « patients guéris ». Depuis, on parle de « sorties d’hospitalisation ». Depuis le 23 mars, lorsque l’on évoque les décès, on parle des décès « en établissements de santé ». Cette précaution est relative à la situation des établissements médicaux-sociaux (Ehpad notamment) où la mortalité peut être importante, mais où toutes les morts ne sont pas attribuées au covid-19. La situation de l’Ehpad de Valdoie est venu rappeler tristement la situation difficile de certains établissements.

Les établissements médico-sociaux

Seuls les trois premiers cas sont diagnostiqués dans les établissements médico-sociaux. Les premières statistiques de l’ARS ne comptabilisaient pas cette réalité. La publication, chaque semaine, du nombre des morts en France par l’Insee, devrait permettre d’affiner les données relatives à cette pandémie.  Depuis le vendredi 3 avril, l’agence régionale de santé publie cependant une estimation du nombre de décès dans les établissements médico-sociaux, soit plus de 15 jours après le début du confinement et près d’un mois après le premier décès relatif au coronavirus covid-19 dans la région, le 10 mars.

À l’occasion de sa première communication à ce sujet, le 3 avril, l’ARS constate 303 décès en établissements hospitaliers et 217 décès en Ehpad. Cela signifie que la part des décès hors établissements hospitaliers représentent plus de 40 % des victimes dans la région. La tension autour de la situation parfois dramatique dans les Ehpad a cristallisé le débat. Le 25 mars, dans son point quotidien, l’ARS critiquait le travail des médias qui cherchaient à appréhender ce dossier : « L’ARS Bourgogne-Franche-Comté salue le travail remarquable des professionnels de ces établissements (des Ehpad, NDLR), pleinement mobilisés auprès des résidents et de leurs familles, et regrette que cet investissement soit occulté au profit de la quête frénétique et intrusive d’un décompte de malades ou de décès. »

Réanimation

Depuis le 10 mars, l’ARS communique sur le nombre de patients accueillis en réanimation. On observe, les 28, 29 et 30 mars, une stagnation du nombre de patients pris en charge en réanimation, en Bourgogne-Franche-Comté, autour de 215 patients. Il faut noter, qu’en parallèle, 50 patients sont évacués de la région vers le sud de la France, pour baisser la tension sur les services régionaux.

Données départementales

Santé publique France publie des données, par département. Ce n’est plus le cas de l’agence régionale de santé depuis le 5 mars. Avant, elle donnait les quelques cas, suivant les départements. L’agence veut fournir « une situation sanitaire à l’échelle de la région. » Nous ne publions pas non plus les données par département. La modalité pour définir la répartition repose sur le lieu du décès. Cela crée, pour le Territoire de Belfort, un effet de loupe car il accueille l’hôpital Nord-Franche-Comté, qui reçoit des patients du Territoire de Belfort, du Doubs et de Haute-Saône. À ce titre, le préfet du Territoire de Belfort, David Philot, confiait lundi lors de sa conférence de presse téléphonique hebdomadaire, militer pour que les données soient évoquées à l’échelle du nord Franche-Comté, pour éviter un biais statistique

Une pandémie, trois mots

Coronavirus, covid-19, SARS-CoV-2… Ce sont trois notions essentielles de la pandémie qui sévit actuellement. Le premier terme évoque une famille de virus, qui va du rhume au syndrome respiratoire aigu sévère. Ce dernier provoque une infection au poumon, une pneumonie. Comme le rappelle Le Parisien, un tel virus (SARS-CoV) a déjà causé la mort de 774 personnes en 2002-2003, en Asie. Depuis 2012, un virus similaire, provoquant des syndromes respiratoires, sévit aussi au Moyen-Orient (le MERS-Cov). Comme le rappelle l’institut Pasteur, le 9 janvier, on a découvert un nouveau coronavirus, le SARS-CoV-2, différent du SARS-CoV. Le virus nommé SARS-CoV-2 est « l’agent responsable de cette nouvelle maladie infectieuse respiratoire appelée Covid-19 (pour CoronaVIrus Disease) », rappelle l’institut Pasteur. Depuis le 11 mars, l’épidémie liée à cette maladie est requalifiée en pandémie par l’OMS.

Pour suivre de manière exhaustive la pandémie :

> Santé publique France

> L’Institut Pasteur

> Organisation mondiale de la santé

> Agence régionale de santé

> Pour accéder aux données de l’épidémie, avec des documents au format CSV et XLSX, rendez-vous sur data.gouv.fr

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