Le groupe Stellantis a multiplié les annonces, ce jeudi. Il a débuté l’après-midi en présentant son plan d’investissements de 60 milliards d’euros, sur 5 ans (lire notre article). En soirée, c’était le plan financier qui était présenté aux actionnaires (lire ici). Le groupe prévoit un chiffre d’affaires de 190 milliards d’euros en 2030 et une marge opérationnelle de 7 %, contre -0,5 % en 2025.
« Ce plan soulève de sérieuses inquiétudes pour l’avenir des sites européens et français », note la CFDT, dans un communiqué de presse adressé en soirée. Stellantis compte réduire les capacités annuelles de ses usines automobiles en Europe de « plus de 800 000 unités » d’ici 2030, évoque l’AFP. Soit une réduction de 20 %, les capacités européennes totales étant estimées à 4 millions d’unités, selon une source industrielle ; l’industriel veut aussi augmenter le taux d’utilisation des usines à plus de 80 %, ce que les projets avec les opérateurs chinois confirment (lire notre article). Sur les 36 milliards d’euros d’investissement destinés aux produits et aux marques, 60 % sont fléchés également vers les États-Unis, rappelle la CFDT.
Les syndicats dénoncent des annonces "floues" de Stellantis
« Par quels moyens Stellantis compte-t-il adapter son outil industriel européen ? questionne la CFDT, avant d’ajouter : Fermetures de sites ? Reconversions comme à Poissy ? Partenariat avec d’autres constructeurs comme à Rennes (mais sous quels contrats pour les salariés ) ? Et avec quelles garanties sociales pour les salariés ? Cessions de sites ? » La CFDT attend des précisions de la direction, après la publication de ces orientations générales. « L’inquiétude ne concerne pas uniquement les usines terminales, ajoute le syndicat. Les discussions engagées avec Dongfeng portent aussi sur la distribution, les achats et l’ingénierie. » Le syndicat veut identifier les périmètres de ces collaborations, notamment vis-à-vis de la R&D.
Même inquiétude du côté de Force ouvrière concernant la R&D. Le syndicat contestataire s’inquiète aussi des volumes annoncés en Europe et donc de la production en France et notamment à Sochaux. « Ces annonces restent floues », regrette Thierry Giroux, de FO. L’enjeu, en toile de fond, soulevé par les syndicats : préserver une filière automobile en Europe et en France.