Ce vendredi 30 janvier, Alstom à Belfort ouvre les portes de son usine à Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie (lire notre article), venu passer la matinée dans le site. Équipé d’un casque floqué Alstom et de lunettes de protection, les élus présents s’engouffrent dans le bâtiment. Au programme : visite guidée de l’usine. Un dédale de machines et engins bleus et jaunes les attend. L’occasion pour le ministre délégué, d’en savoir davantage sur l’investissement de 30 millions d’euros par l’entreprise sur le site belfortain. Et, notamment l’ambition d’embaucher 200 personnes d’ici la fin de 2026.
« On a une journée portes ouvertes pour recruter des chaudronniers soudeurs », explique Audrey Rémond, directrice des ressources humaines chez Alstom. La première étape de ce plan de recrutement commence dès ce samedi 31 janvier. Le site veut faire passer le message, à l’entrée une grande affiche annonce avec humour « Alstom recrute à grande vitesse ».
D’autres postes comme des cadres, des opérateurs, des monteurs câbles ou dans le développement sont aussi à pourvoir. David Journet, directeur du site, le précise: Alstom a déjà reçu 500 CV et une soixantaine de soudeurs viennent ce samedi pour visiter le site. « Ils vont pouvoir découvrir l’usine, nos process, notre métier et notre environnement », développe David Journet.
Des apprentis de l’École de Production de Belfort en stage à Alstom
« Pour la partie chaudronnerie et la soudure, on recrute des personnes déjà formées », développe la directrice. Mais David Journet l’avoue : « Aujourd’hui, c’est impossible de recruter quarante soudeurs. Ça veut dire qu’il faut former (lire notre article) », développe David Journet. C’est pour cela qu’Alstom développe des moyens internes et externes pour former les futurs salariés. Des partenariats sont noués avec France Travail, le pôle de formation de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM) ou encore l’École de Production de Belfort. « Pour les personnes sur la finition, on va travailler avec des dispositifs de reconversion comme France Travail », explique Audrey Rémond. Justement, pour les former aux procédures qui sont propres à Alstom.
En combinaison de travail, Geoffrey range son établi. En deuxième année de CAP métallier à l’École de Production de Belfort, il fait partie de ces jeunes en formation. « J’en ai entendu parler à la Mission locale », explique-t-il. Aujourd’hui, sur le site d’Alstom, il effectue un stage de trois semaines pour valider son diplôme. « C’est un très beau métier qui est souvent moins représenté et très peu mis en avant », déplore-t-il. Il l’avoue de lui-même, avant de rentrer dans cette formation, il n’y connaissait rien. Cette formation est destinée aux personnes entre 15 et 18 ans. Les jeunes partagent leur temps entre l’entreprise et l’école située à Cravanche. Geoffrey porte déjà fièrement le logo d’Alstom sur le torse.
Juste en face, Ali est lui aussi en formation à l’École de Production. Mais en spécialisation soudure. Entouré de ses moniteurs d’école, il explique timidement être arrivé dans l’entreprise il y a peu de temps. « On fait deux mois de formation soudure, après on passe la certification et on peut aller sur la production », renseigne-t-il, les mains dans le dos. À sa droite, Sylvain, moniteur de l’école, a pour mission de former les nouveaux arrivants comme Ali. Hervé et Bruno, de leurs côtés, accompagnent les apprenants sur les lignes de production. « Surtout lorsqu’ils rencontrent des difficultés sur les paramètres de soudure », précise-t-il.
Le défi : recruter 200 personnes à l'usine Alstom de Belfort
« Belfort va connaître un pic d’activité incroyable, qui nécessite un pic de recrutements. Nous allons aller jusqu’à plus de 60 locomotives par an », précise Henri Poupart-Lafarge, directeur général d’Alstom, placé juste devant une motrice fraîchement peinte et prête à partir aux essais.
Ce plan de recrutement de 200 personnes vient de l’augmentation du carnet de commandes d’Alstom. En novembre, Alstom a remporté un marché avec les chemins de fer ukrainiens pour la production de 55 locomotives doubles (lire notre article). La SNCF a commandé 115 rames de TGV, dont la fabrication de 230 motrices à Belfort. Ou encore, l’Eurostar, qui a missionné le site de Belfort pour lui fournir 60 motrices.
Avec cette multiplication des commandes, plus 32 % durant les neufs derniers mois (lire notre article), Alstom doit, dès aujourd’hui, former et recruter des salariés. « Un soudeur qui a le droit de souder sur une pièce de TGV, c’est minimum six mois de formation avant d’être autonome », tient à préciser David Journet. Face à ce défi, la directrice des ressources humaines reste confiante : « On met tout en œuvre pour réussir à le faire ».
