Le procès en appel de l’ex anesthésiste Péchier se tiendra à Lyon

Me Randall Schwerdorffer, avocat du Dr Péchier, indique que, dans le cadre actuel "on n'assumera pas la défense de Frédéric Péchier" - (Archive Le Trois Thibault Quartier)
Me Randall Schwerdorffer, avocat du Dr Péchier, se félicite du dépaysement du procès en appel. | ©Le Trois – archives

L’ex anesthésiste, accusé de 30 empoisonnements, a été condamné à 30 ans de prison le 18 décembre 2025. Il a immédiatement fait appel.

(AFP)

Le procès en appel de l’ex anesthésiste Frédéric Péchier, condamné en décembre à Besançon à la réclusion criminelle à perpétuité pour 30 empoisonnements de patients dont 12 mortels, se tiendra à Lyon, à une date non encore précisée, a indiqué ce jeudi 2 avril le parquet.

« La chambre criminelle de la Cour de cassation, dans un arrêt du 1er avril 2026, a désigné la cour d’assises du Rhône pour statuer en appel sur la mise en accusation de Frédéric Péchier », a indiqué dans un communiqué le procureur général de Besançon, confirmant une information d’Ici Besançon. « Le dossier de la procédure va donc être transmis à la cour d’appel de Lyon. La date du procès en appel n’est pas encore fixée. »

Le 18 décembre, à l’issue de trois mois et demi de procès, la cour d’assises du Doubs a déclaré Frédéric Péchier, ancien médecin anesthésiste-réanimateur, coupable de 30 crimes d’empoisonnements aggravés commis entre 2008 et 2017 à Besançon, à la clinique Saint Vincent et à la polyclinique de Franche-Comté. Il a été condamné à une peine de réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté fixée à la durée maximale de 22 ans.

Frédéric Péchier, qui a toujours clamé son innocence, a fait appel de sa condamnation dès le jour du verdict. La cour d’appel de Besançon a alors demandé une dérogation pour que ce dossier, qui concerne près de 200 parties civiles, soit rejugé dans la même ville qu’en première instance, ce qui n’est pas prévu par les textes.

"Principe d'impartialité"

Les avocats du médecin, âgé de 54 ans, préféraient que le procès en appel ait lieu à Paris ou à Lyon.

« On l’avait motivé uniquement sur le principe d’impartialité, en estimant qu’à Lyon et Paris on pouvait avoir une cour d’appel qui soit totalement impartiale », a déclaré à l’AFP Randall Schwerdorffer, principal avocat de l’anesthésiste. « On accueille donc cette décision de façon plus que favorable. »

« Dans un dossier d’une telle ampleur, on va priver les victimes de la possibilité d’assister sereinement au procès qui les concerne », a déploré pour sa part auprès de l’AFP Frédéric Berna, avocat de nombreuses parties civiles. « Les gens ne peuvent pas, pendant trois mois et demi, venir régulièrement faire des allers-retours à Lyon », a relaté Me Berna.

Frédéric Douchez, conseil de la clinique Saint-Vincent où ont eu lieu la plupart des cas d’empoisonnements, a lui aussi souligné auprès de l’AFP que cette contrainte s’ajoute à la « difficulté pour les nombreux médecins, infirmiers, directeurs d’établissements cités à témoigner », a souligné Me Douchez.

En février, la justice a rejeté une demande de remise en liberté de Frédéric Péchier, qui demandait à sortir de prison pour mieux préparer son procès en appel.
Le communiqué du procureur général précise jeudi que l’anesthésiste a formé un pourvoi contre cette décision. « Ce pourvoi sera examiné par la chambre criminelle de la Cour de cassation. Dans l’attente, Frédéric Péchier reste donc incarcéré », indique le parquet.

L’anesthésiste « est dans un état d’esprit très combatif et très clair » dans l’attente de son procès en appel, a assuré Randall Schwerdorffer.

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