Soixante collégiens se sont réunis mardi 12 mai au Crunch Lab (lire notre article) de l’Université de technologie Belfort-Montbéliard (UTBM). Leur mission : en une journée imaginer et concevoir un kart électrique téléguidé. « La phase ultime en fin de journée, c’est évidemment de faire des courses », fait savoir Romain Lacenaire, responsable de la Fondation UTBM, organisatrice de l’événement du jour : Crunch Kart. Cette journée fait partie du Crunch Scholar Camp, une série d’événements à destination des collégiens et lycéens. La Fondation a pour enjeu de rendre les métiers technologiques plus attractifs.
Concevoir un siège « stylé » et sécurisé
Les élèves ont pris possession des lieux. Chaque équipe de dix collégiens doit assembler son propre kart. L’équipe de Kenza et Téo a déjà fini le châssis. Pendant que Téo, élève au collège de Vauban de Belfort et ses camarades s’occupent de la partie électrique, d’autres conçoivent le siège conducteur. « On fait un croquis, pour qu’il soit le plus stylé possible, et après, on doit le modéliser », explique Kenza, collégienne à Guynemer à Montbéliard. Pour le design, les jeunes ont carte blanche. Mais attention : le responsable de la Fondation UTBM prévient : « Il faut que Crunchy (le personnage qui conduit le kart, NDLR) puisse piloter le karting, et surtout ne pas tomber du karting. »
Tous réunis devant l’ordinateur, ils débattent des couleurs et de la forme du siège. « Regardez ce que l’autre équipe a fait, on peut s’inspirer », signale Léane, élève au lycée Condorcet de Belfort. Elle a pour mission de guider les collégiens lors des différentes étapes. Au mois d’avril, les lycéens avaient suivi une journée de formation pour connaître les clés de l’accompagnement d’un projet. « Nous leur avons appris la posture de coach », développe Romain Lacenaire.
Amener les jeunes vers les métiers technologiques
L’objectif de la journée n’est pas seulement la victoire à la course finale de karting, mais c’est aussi de faire découvrir aux plus jeunes les métiers techniques et technologiques (lire notre article). « Nous les mettons dans une posture d’ingénieur, c’est-à-dire qu’ils arrivent le matin en ayant un problème à résoudre : construire ce karting », souligne le responsable de la Fondation UTBM. Les collégiens doivent aussi faire face à plusieurs défis, comme travailler en équipe avec des jeunes qu’ils ne connaissent pas. « Nous avons mélangé toutes les écoles. Ils vont devoir avoir un esprit d’équipe, une cohésion et une communication qui est nécessaire pour mener à bien le projet », développe Romain Lacenaire.
À travers cet événement, l’UTBM espère aussi voir de plus en plus de femmes pousser les portes des formations technologiques. Même si elles sont de plus en plus nombreuses à le faire chaque année, leur présence reste limitée. Aujourd’hui, l’UTBM en compte 20 % dans ses rangs. Même si c’est deux fois plus qu’il y a 20 ans, l’augmentation prend du temps. Léane, lycéenne, l’avoue, ces métiers ne l’intéressent pas forcément, mais ce n’est pas le cas de tous ses camarades. « Il y en a certains qui veulent être dans l’ingénierie donc le projet leur a bien plu. »

