À l’occasion d’Eurosatory, le Salon de la défense et de la sécurité organisé à Villepinte jusqu’au 19 juin, le ministère des Armées a confirmé une solution française pour succéder au lance-roquettes unitaires (LRU), qui équipe actuellement le 1er régiment d’artillerie de Bourogne ; c’est le seul régiment de l’armée française doté d’une capacité de tir d’artillerie de longue portée (70 km).
Ces dernières semaines, la réception d’une offre américaine par la direction générale de l’armement pour l’achat d’Himars avait soulevé une forte contestation, notamment de la part du sénateur Les Républicains du Territoire de Belfort, Cédric Perrin (lire notre article). Des options indiennes et coréennes ont aussi été regardées. En France, deux groupements industriels se sont constitués pour pour développer une solution française : ArianeGroup et Thalès d’un côté, Safran et MBDA de l’autre.
Catherine Vautherin, la ministre des Armées, a donc confirmé ce lundi « le lancement d’une phase de négociation exclusive » avec le groupement Safran-MBDA, qui ont développé la roquette Thundart, qui permet de tirer jusqu’à 150 kilomètres, contre 70, pour les roquettes actuelles du LRU. Des tests de tirs ont été réalisés avec succès il y a quelques semaines, sur l’île du Levant, en Méditerranée.
🇫🇷 Le choix souverain du groupement @SAFRAN /@MBDAGroup pour succéder au LRU est une excellente nouvelle pour notre défense et notre autonomie stratégique.
— Cédric Perrin (@cperrin90) June 16, 2026
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Cédric Perrin alerte sur le risque du trou capacitaire du LRU
« Cette solution souveraine, déployée d’ici 2030, possèdes des caractéristiques supérieures en termes de portée, de mobilité, de précision et de résistance au brouillage », apprécie le ministère des Armées dans son communiqué de presse. Cette munition est « adaptée aux exigences des conflits de haute intensité et capable d’être engagée dans les environnements les plus contestés », appuient Safran et MBDA, dans un communiqué de presse commun.
« C’est une excellente nouvelle pour notre défense et notre autonomie stratégique », a salué sur X Cédric Perrin, président de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées au Sénat. Il prévient cependant : « Il faut désormais accélérer pour éviter tout trou capacitaire et livrer rapidement au 1er régiment d’artillerie ces capacités de feu dans la profondeur, dont la guerre en Ukraine a démontré toute l’importance. » Aujourd’hui, quelques LRU sont déployés en Roumanie ; deux ont été livrés à l’Ukraine. Il n’en reste qu’une petite poignée en France. Le LRU arrive en bout de course après 2027. La nouvelle loi de programmation militaire (2024-2030) prévoit 13 équipements ; une volonté de porter la dotation à 26 est évoquée. Cédric Perrin souhaite même que l’on vise 52 systèmes d’armes de ce type.
Cédric Perrin glissait, lors d’une visite du groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (lire notre article) qu’il serait intéressant d’envisager la production de ces munitions dans le Territoire de Belfort. Safran et MBDA annoncent, de leurs côtés, des embauches à Fougères, Éragny et Montluçon pour Safran Electronics & Defense, ainsi qu’à Bourges, Saint-Médard-en-Jalles, Selles-Saint-Denis et Le Plessis-Robinson pour MBDA. La notification du marché est attendue pour l’été 2026.
