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General Electric : les grévistes laissent sortir une turbine à gaz

Les grévistes de l'entité nucléaire de General Electric signe un accord avec l'entité turbines à gaz pour laisser sortir une turbine du site (©TQ).

Les grévistes de l’entité nucléaire de General Electric ont accepté, ce mercredi après-midi, de laisser partir une turbine à gaz de leurs homologues, pour faire un pas, alors que la direction a assigné deux syndicalistes de la CGT devant la justice, ce mardi soir.

Les grévistes de l’entité nucléaire de General Electric ont accepté, ce mercredi après-midi, de laisser partir une turbine à gaz de leurs homologues, pour faire un pas, alors que la direction a assigné deux syndicalistes de la CGT devant la justice, ce mardi soir (lire notre article).

Il est 17 h 15. Les grévistes de l’entité nucléaire de General Electric viennent de libérer l’entrée de la 1er-Armée française, sur le site de GE à Belfort. Ils laissent deux convois, transportant des éléments d’une turbine à gaz 9E.03 à destination de l’Italie, prendre la route. Ils les ont accompagnés, « symboliquement ». Un peu plus tôt, ils avaient signé un accord avec la direction de l’entité turbines à gaz pour la laisser sortir. Un geste, espérant qu’il entraîne un retour de leur propre direction. « La turbine est sortie sous les applaudissements », rapporte Laurent Santoire, de la CGT, ému. « Jamais nous n’oublions la fierté d’être dans ce métier », ajoute-t-il. Ce qui fait bondir les salariés, selon lui, c’est « le mépris » de la direction. « Les collègues ont simplement besoin d’être reconnu », ajoute-t-il.

Les grévistes de l'entité nucléaire de General Electric laisse partir une turbine à gaz du site de GE, à Belfort (©DR).

Mardi soir, la direction a monté d’un cran en assignant devant la justice les leaders syndicaux Saïd Bersy et Laurent Santoire, de la CGT (lire notre article). « Plus la direction durcit le ton, plus ça alimentera la colère », alerte Saïd Bersy. L’audience est programmée vendredi 1er juillet, à 10 h, au tribunal judiciaire de Belfort. La tension est toujours palpable. Mais la libération de la turbine « prouve la volonté de trouver des solutions », estime Saïd Bersy. La direction, dans un communiqué, «  condamne la poursuite de ce blocage illégal », œuvre, selon elle, « d’une minorité ». Elle demande toujours « le déblocage du site afin que le dialogue puisse reprendre dans de bonnes conditions et de manière respectueuse ». Laurent Santoire de replacer : « Elle sous-entend des violences et des contraintes qui n’existent pas. »

Les grévistes de l'entité nucléaire de General Electric signe un accord avec l'entité turbines à gaz pour laisser sortir une turbine du site (©TQ).

« Dans le groupe GE, il y a des approches différentes du dossier »

En début de semaine, une médiation avait été entamée par les services de l’État du Territoire de Belfort. Les salariés avaient réclamé 5 000 euros de prime, une prime à la sortie de chaque équipement et l’embauche des intérimaires qui le souhaitent avant la fin de l’année. La direction avait accepté une prime, pour tout le monde, de 150 euros, qui s’ajoutait aux 1 200 euros de primes obtenues au mois de janvier. Pas plus. « Ce n’est pas la peine d’ouvrir les négociations pour 150 euros. C’est terrifiant », dénonçait alors Laurent Santoire. D’abord allégé, le blocus avait été renforcé. « De gros efforts ont été consentis depuis janvier », replace, de son côté, une source proche de la direction, qui n’a toutefois pas les éléments pour répondre sur la différence concernant la prime obtenue par les cadres et non pas par les ouvriers et qui a motivé ce conflit, la semaine dernière.

Si le ton semble ferme du côté de General Electric, il existe, selon nos informations, des canaux de communication ouverts. « Le fil du dialogue n’a jamais été rompu, note un observateur du dossier. Il y a des moments de tension, mais on arrive toujours à se parler. Il faut juste savoir qui parle. » Et de poursuivre : « Dans le groupe General Electric, il y a des approches différentes du dossier. » On n’a pas les mêmes velléités en fonction des échelons de direction en France, en Europe ou à l’échelle mondiale, ni en fonction de ses besoins opérationnels. Et que de ces différentes postures peut aussi naître la possibilité d’un retour autour d’une table. « Il a dit que ce n’était pas possible. Son voisin a dit que c’était nécessaire », philosophe un salarié, fin connaisseur du dossier.

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