« Merci pour cet élan de solidarité. Pour tous les Sochaliens qui ont accueilli des supporters lensois », entame le speaker. Ce dimanche 11 janvier, à 12 h, le stade Bonal accueille les premiers supporters du 16e de finale de Coupe de France opposant le FC Sochaux-Montbéliard au Racing club de Lens. Il replace ainsi les conditions rocambolesques de l’organisation de ce match.
Initialement prévu à 21 h, ce samedi 10 janvier, ce match a dû être reporté en raison des conditions météorologiques et de la difficulté pour les supporters de se rendre au stade (lire notre article). Une annonce en écho à la vigilance orange neige-verglas. Les autorités préfectorales ont mis en place, samedi, un arrêté interdisant la circulation de tous les véhicules depuis Besançon et Mulhouse jusqu’au Territoire de Belfort, sur l’A36. Avant cela, la circulation des poids lourds avait été interdite (lire notre article).
Aux abords du stade Bonal, les écharpes du FC Sochaux-Montbéliard côtoient celles du RC Lens. 19 210 supporters étaient présents. Suite à l’annonce de report la communauté du foot s’est mobilisée. Certains Lençois, venus tout droit du Nord-Pas-de-Calais, ont pu compter sur le soutien des Sochaliens. Avec le #FCSMRCL, les supporters locaux ont proposé d’inviter les Lençois directement chez eux. Des restaurants ou des boulangeries ont aussi fait des offres aux Nordistes. La ville de Montbéliard a, de son coté, rendu gratuits les parkings de la Velotte, des Alliés et des Blancheries pour faciliter l’accueil et le stationnement des Lensois.
Des supporters lensois bien décidés à assister au match
Le duo père-fils, Thomas et Antoine, a appris le report de match dans le train pour Montbéliard. Une annonce qui les a amenés à changer plusieurs fois de train. « Lorsque l’on a su le report, on a repris un train pour retourner à Douai (Hauts-de-France, NDLR). Mais quand on a appris que le match était finalement dimanche, on était encore à Paris. On a alors repris un train pour Dijon », explique Thomas, le père. Le duo a pu trouver un logement de dernière minute, sur Dijon, pour passer la nuit. Et, ils ont pu arriver à l’heure pour l’ouverture des portes du stade Bonal. « C’est toujours sympa de faire les déplacements; ça fait partie de l’ambiance », relativise le père.
Clarisse et son père, Jérôme, sont eux aussi venus tout droit de Lens. « On a pris la route à 9 h, mais on a dû s’arrêter à Besançon », explique Jérôme, un maillot du RC Lens sur le dos et un drapeau dans la main. Pourtant, il l’assure, tous les supporters du RC Lens n’ont pas pu venir au stade Bonal; beaucoup ont dû faire demi-tour. « À mon avis, on va être moitié moins de ce qui était prévu », estime le père de famille. À Besançon, le duo a rejoint Alizé, cousine de Clarisse. Alizé porte le maillot du FC Sochaux. Le trio compte bien profiter du match pour se charrier. « On verra bien qui gagne », lance le père.
Une solidarité entre deux clubs ouvriers
Laurence, Léo et Mathis sont aussi dépareillés. Laurence et Léo, mère et fils, portent le rouge et le jaune du RC Lens, tandis que Mathis porte le jaune et le bleu de Sochaux. Léo, originaire du Nord, est venu à Besançon pour ses études et y a rencontré Mathis, supporter du RC Lens. « Ce n’est absolument pas conflictuel », ironise Mathis. Le petit groupe l’affirme, pour le moment, tout se passe bien entre eux. « Je l’ai emmené voir un match à Lens, il n’y a pas longtemps. Aujourd’hui, c’est à moi de découvrir le stade Bonal », développe Léo.
Une solidarité qui ne surprend pas Éric. Aujourd’hui, il porte la double casquette, la double écharpe. Originaire du Nord, il habite maintenant à Belfort. « Ça fait des dizaines d’années qu’il y a de la solidarité entre les Sochaliens et les Lensois. Parce que justement, ce sont deux clubs ouvriers. » Il n’est d’ailleurs pas le seul à porter la double écharpe. Loïc est aussi originaire du Nord. Et, lui aussi, souligne la similitude entre les deux clubs : « Ici, c’est Peugeot et à Lens c’était plutôt les mines. »
Au final, le RC Lens a surclassé le FC Sochaux, avec un score sans appel : 3 / 0. Mais en première mi-temps, les Jaune et Bleu ont tenu la dragée haute aux joueurs du Nord, se créant plusieurs situations dangereuses ; et Medhi Jeannin a assuré l’essentiel dans les cages pour maintenir l’espoir. Les Lençois ne sont mis à l’abri qu’en fin de match.
Mais l’essentiel est ailleurs. Le temps d’un week-end très perturbé par la météo, c’est l’esprit du foot populaire qui a gagné. Et Sochaux en est l’un des fers de lance…
Hommage à Noa
Avant le début du match, une minute de silence a été respectée, en hommage à Noa Thévenot El Kaim Billah, fils de Xavier Thévenot, membre du conseil de surveillance du FC Sochaux-Montbéliard. Ce dernier est décédé lors de l’incendie à Crans-Montana (Suisse), lors du Réveillon du Jour de l’an (lire notre article).
Noa dans nos cœurs 🖤
— FC Sochaux-Montbéliard (@FCSM_officiel) January 11, 2026
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