Fabien Dorier
« On gâche trop », « on n’y arrivera pas » ou « ce n’est encore pas pour cette année »… Le FC Sochaux-Montbéliard lors de ses deux dernières rencontres, a mené au score sur sa pelouse face au leader rouennais (lire notre article), puis en déplacement du côté de Saint-Brieuc (lire notre article)… avant de se faire rattraper. De quoi teinter le discours de beaucoup d’un sentiment d’échec quasi définitif.
Peu d’équipes arborant le bilan sochalien depuis décembre dernier (quatre victoires et deux matchs nuls, quand même !) affrontent un tel scepticisme venu de l’extérieur. Et il faut noter que le club renvoie quant à lui l’image d’une maîtrise des événements et d’une sérénité qu’on souhaite à toute épreuve, notamment en évacuant la pression concernant la nécessité absolue d’une promotion.
Une situation enviable à l’instant T pour le FC Sochaux
Nous n’entamerons pas un débat, qui ne prendrait jamais fin, entre le verre d’eau à moitié vide ou le verre d’eau à moitié plein. Mais cela ne doit pas nous priver d’analyser sereinement la situation.
Il est évident que ne pas terminer le travail deux matches de suite est particulièrement rageant. Pour autant, beaucoup signeraient pour la position des Sochaliens à l’instant T : une dynamique positive et une position de chasseur depuis leur troisième place du classement de National, à 13 journées de la fin de la saison (*).
Comment expliquer ce vent mauvais ? Parce que les attentes sont toujours importantes autour d’un club qui, par ses structures, son passé et ses moyens n’a rien à faire au troisième échelon national. Aussi parce que la lassitude a fini par gagner les cœurs, à force d’y croire et de voir tout s’écrouler trop régulièrement en deuxième partie de saison.
Un moment-clé de la saison, souvent mal maîtrisé par le FC Sochaux
En effet, c’est historiquement très souvent à la sortie de l’hiver que les équipes sochaliennes craquent et abandonnent leurs ambitions initiales.
On se souvient que les équipes dirigées par Olivier Echouafni, Peter Zeidler, Olivier Guégan et même plus récemment Oswald Tanchot ont craqué à cette période de l’année après avoir semblé en mesure de pouvoir tenir leurs objectifs.
On comprend la frustration des suiveurs et supporters, mais la meilleure façon pour que cela ne se reproduise pas ne serait-elle pas d’entourer l’équipe sochalienne d’une forme de bienveillance ? Dans les saisons évoquées plus haut, tout a souvent basculé pour quelques minutes mal maîtrisées, un poteau réfractaire, une décision arbitrale ou une méforme mortifère. Des broutilles à l’échelle d’une saison, après lesquelles il faut savoir se relever le plus vite, plutôt que de ressasser sans fin.
Vincent Hognon ne s’y est pas trompé en contenant sa colère après le match face au Stade Briochin, vendredi dernier. Oui, son équipe aurait dû l’emporter. Oui, elle n’a pas fait preuve de maturité pour y parvenir et oui, c’est une occasion gâchée de faire fructifier son total de points. Mais non, rien n’est définitif et s’il est évident que personne ne cracherait sur un caracolage en haut du classement, passer par une bagarre de chiffonnier pour parvenir à monter en Ligue 2 contenterait au final tout le monde. Puisse-t-on être un minimum patient, et envisager la bagarre de la fin de saison avec enthousiasme. Cet enthousiasme qui peut faire la différence…
- (*) Seuls les deux premiers montent en Ligue 2, le troisième étant soumis à un barrage face au 16e de Ligue 2).
