Une soirée autour du scandale de la vente d’Alstom à la Maison du peuple

À travers son documentaire « Alstom : la France à vendre ? » le média d’enquête Off Investigation revient sur la vente controversée de la branche énergie d’Alstom au géant américain General Electric en 2015… avant son rachat par EDF en 2022. Une projection est programmée ce jeudi 2 juin à Belfort, à la Maison du peuple, suivie d’un échange avec l’équipe du documentaire. Entretien avec Lucile Berland, la réalisatrice.

Paciane Rouchon

À travers son documentaire « Alstom : la France à vendre ? » le média d’enquête Off Investigation revient sur la vente controversée de la branche énergie d’Alstom au géant américain General Electric en 2015… avant son rachat par EDF en 2022. Une projection est programmée ce jeudi 2 juin à Belfort, à la Maison du peuple, suivie d’un échange avec l’équipe du documentaire. Entretien avec Lucile Berland, la réalisatrice.

À Belfort, nul n’ignore le nom d’Alstom : l’ancienne société alsacienne de constructions mécaniques (SACM), installée depuis la fin du XIXe siècle. Mais avez‑vous suivi en détail l’affaire des turbines Arabelle, élément clé d’une centrale nucléaire , activité vendue en 2014 à General Electric et en cours de rachat par EDF ? Le média Off Investigation propose de revenir dans un documentaire d’une heure sur ce qu’il décrit comme « un scandale d’État devenu l’un des talons d’Achille d’Emmanuel Macron ». Sur son site internet, le média explique l’objet de son enquête : « Le 10 février 2022, Emmanuel Macron annonce le rachat par EDF (dont l’État est actionnaire à 84 %) des turbines “Arabelle”, dont il avait lui-même signé l’accord de vente aux Américains de General Electric sept ans plus tôt. Pourquoi ce rétropédalage ? » D’autant qu’en quelques années, General Electric a détruit près de 5 000 emplois en France, selon les journalistes, et que des sièges sociaux ont été délocalisés. Les promesses entrevues en 2015, dont la création de 1 000 emplois, ne sont restés que lettre morte. Diffusé sur Internet depuis le début de l’année, le documentaire enregistre déjà plus de 300 000 vues.

La réalisatrice, Lucile Berland, sera présente jeudi pour participer au débat qui suivra la projection. Questionnée sur son parcours, la jeune journaliste met en avant un CV déjà bien rempli, avec à son actif des émissions comme Complément d’enquête, Cash Investigation ou encore Pièces à conviction. Autant de références en journalisme d’investigation. Diplômée d’une école de journalisme en 2015, elle a choisi d’enquêter sur les dessous du pouvoir, « pour mettre au jour des histoires cachées par ceux qui ont intérêt à ce qu’elles le restent », précise-t-elle.

Enquête sur les zones d’ombre qui entourent Emmanuel Macron

Ce n’est qu’en 2021 que Lucile Berland rejoint le tout jeune média Off Investigation. Cette « aventure », comme elle l’appelle, est née de l’imagination de Jean‑Baptiste Rivoire – également présent ce jeudi –, ancien rédacteur en chef adjoint de Spécial Investigation sur Canal+, émission phare de la chaîne pendant plus de quinze ans. Le rachat du groupe par Vincent Bolloré, en 2015, entraînera la suppression de plusieurs émissions peu de temps après… Spécial Investigation, mais aussi Les Guignols de l’info ou L’effet papillon qui, vraisemblablement, n’étaient pas au goût du nouvel actionnaire majoritaire du groupe déplore Lucile Berland.

« Jean‑Baptiste Rivoire est resté au placard pendant plus de 5 ans, avant de quitter Canal+ il y a un an avec l’idée de créer un média 100 % indépendant », explique la journaliste. Pour elle, Vincent Bolloré s’est comporté en véritable « dictateur » lors de son rachat du groupe Canal+, se permettant une « forte ingérence dans les contenus éditoriaux ». Par 100 % indépendant, la journaliste désigne un média qui ne soit ni dépendant du secteur privé – via des actionnaires – ni dépendant du service public, lui aussi menacé par la promesse de suppression de la redevance audiovisuelle faite par Emmanuelle Macron. Promesse d’ailleurs mise en application : dès septembre prochain, les Français se verront soulagés des 138 euros de contribution annuelle à l’audiovisuel public.

Si cette mesure peut sembler anecdotique, poursuit‑elle, c’est en réalité un obstacle de plus au financement d’une information libre et critique, envers le monde politique ou celui des entreprises. Les émissions d’enquêtes comme celles pour lesquelles elle a travaillé par le passé se font, dit‑elle, de plus en plus rares. C’est pour répondre à ce besoin que Jean‑Baptiste Rivoire lance finalement Off Investigation en 2021, grâce à une campagne de financement participatif réussie. Une petite équipe de quelques journalistes a donc travaillé plusieurs mois à la réalisation d’une série d’enquêtes sur les dessous de la Macronie. Des gilets jaunes à Sanofi, en passant par Alstom, les huit épisodes explorent les zones d’ombre qui entourent Emmanuel Macron.

À Belfort, le rachat de la branche énergie d’Alstom par General Electric a déjà fait couler beaucoup d’encre. Ce documentaire propose un éclairage nouveau pour comprendre toutes les aspérités de ce dossier brûlant. Si le scandale Alstom épingle le pouvoir politique, il n’exempte pas General Electric de tout reproche. Les récentes accusations de blanchiment de fraude fiscale sont là pour le rappeler. Ce lundi 30 mai, Éva Joly (lire notre article), au nom des syndicats Sud Industrie et CFE-CGC de l’entité turbines à gaz de General Electric, a déposé une plainte auprès du parquet national financier.

  • Jeudi 2 juin, 19 h 30, à la Maison du peuple, projection du documentaire « Alstom : la France à vendre ? ». Séance suivie d’un débat en présence de l’équipe, de l’intersyndicale CFE-CGC – Sud et du collectif Reconstruire. Entrée libre.
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