Pour les Eurockéennes, la préfecture s’inscrit « dans l’avenir »

Après l’annonce de la programmation des Eurockéennes de Belfort, se pose toujours la question du dossier lié aux surcoûts de la sécurité. Les Eurockéennes ont réaffirmé leur statut associatif. Sollicitée, la préfète a répété sa position et relevé que seule la non signature de la convention de sécurité entre la préfecture et les organisateurs pouvait remettre en cause la tenue du festival (notre dossier complet).

Depuis plusieurs mois, la préfecture du Territoire de Belfort et les organisateurs des Eurockéennes de Belfort entretiennent des relations difficiles. En cause ? Le surcoût lié à la facture de sécurité, dont le coût total s’élève à 254 000 euros. La facture réclamée par l’État ne s’élèverait qu’à 80 000 euros insiste la préfecture. En 2017, la facture était de l’ordre de 30 000 euros. « Il n’a jamais été question de facturer au coût réel », souligne Sophie Élizéon, la préfète du Territoire de Belfort. Les Eurockéennes ont contesté la hausse, en déposant notamment un recours à la direction départementale des finances publiques. Sophie Élizéon affirme y avoir répondu. « Pour les Eurockéennes, je m’inscris dans l’avenir, assure-t-elle également. Mon rôle est de garantir que la sécurité des festivaliers, des organisateurs, des artistes et des riverains soit assurée. » Pour ce faire, plusieurs outils sont à sa disposition, notamment la co-signature d’une convention avec l’organisateur.

Pas de surcoûts au festival d’Avignon

Mais le différend sur le surcoût de la facture et son règlement pourrait-il entraîner une annulation du festival au mois de juillet ? « Le seul élément qui pourrait m’empêcher d’autoriser le festival, c’est que la convention ne soit pas signée », répond la représentante de l’État. Glissant, au passage, qu’en 2018, le festival a été autorisé, la gendarmerie mobilisée, mais que la convention n’avait pas été signée… Sur le fond du dossier, elle redit que l’on peut être une association et avoir des actions à but lucratif. Et rappelle que si la gendarmerie est mobilisée, c’est en raison de l’organisation d’un événement privé.

La semaine dernière, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, a décidé de ne pas facturer les surcoûts liés à la sécurité au festival d’Avignon, rapporte News tank culture. Comme l’an passé. Ce qui fait dire à Jean-Paul Roland, directeur des Eurockéennes, qu’il y a bien une « iniquité territoriale de l’application de la circulaire Collomb ». « Je n’ai pas reçu de message du ministre pour tirer un trait sur la facture ou pour adapter la méthode de calcul », répond de son côté la préfète, qui assure que toutes les décisions relatives au dossier Eurockéennes sont faites « en étroite collaboration avec le ministre de l’Intérieur ». Elle glisse également que, selon ses informations, les Eurockéennes seraient le seul festival situé en zone gendarmerie à ne pas avoir encore payé sa facture.

Défilement vers le haut