Les grandes dates de General Electric en France et à Belfort [repères]

En commun pour Belfort critique la révision du plan local d'urbanisme opérée par Damien Meslot et la ville de Belfort.

General Electric et EDF ont annoncé l’ouverture de discussions en vue du rachat par l’industriel français de la partie nucléaire de General Electric, rachetée en 2014-2015 à Alstom (notre article). On revient sur les grandes dates de GE en France, sur les moments forts de ces dernières années, essentiels pour appréhender le dossier, actuellement.

(AFP)

General Electric et EDF ont annoncé l’ouverture de discussions en vue du rachat par l’industriel français de la partie nucléaire de General Electric, rachetée en 2014-2015 à Alstom (notre article). Retour sur les principales dates de l’histoire de General Electric en France et focus sur les moments forts des dernières années dans ce dossier lié au rachat de la partie énergie d’Alstom.

1892. General Electric ouvre un bureau à Paris. L’entreprise est née de la fusion entre Edison electric light company et Thomson-Houston Electric company. En 1893, on crée la compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson Houston (CFTH). Cette société deviendra Thomson.

1928. La CFTH se rapproche de la société alsacienne de construction mécanique (SACM), pour fonder Alsthom, qui deviendra plus tard Alstom (1998).

1999. Alstom vend son activité turbines à gaz à General Electric. Auparavant, Alstom travaillait sous licence GE pour fabriquer ses turbines à gaz. Le géant américain s’installe à Belfort, sous son nom.

2004. Plan de sauvetage d’Alstom, piloté par Francis Mer puis Nicolas Sarkozy, quand ils furent successivement ministre de l’Économie.

Avril 2014. Bloomberg dévoile la volonté de General Electric de racheter la branche énergie d’Alstom, pour 12,35 milliards d’euros ; la création de trois co-entreprises est décidée entre Alstom et GE, dont une sur la partie nucléaire, avec une participation de l’État. C’est Geast. C’est cette partie qui est aujourd’hui concernée par un rachat par EDF. Pendant plusieurs mois, une lutte interne au Gouvernement se joue, entre Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Économie et du redressement productif, et Emmanuel Macron, conseiller de François Hollande. Emmanuel Macron deviendra ministre de l’Économie fin août 2014. Arnaud Montebourg avait notamment appuyé une contre-offre avec Siemens, face à ce rachat par GE.

Novembre 2014. Accord entre l’État et General Electric sur le rachat de la branche énergie d’Alstom, avec notamment des engagements pour la localisation de centres mondiaux en France et plus particulièrement à Belfort ou encore la création de 1 000 emplois net en France. Nombeuses sont les voix à évoquer un scandale d’État quant à ce rachat, lié notamment à l’emprisonnement aux États-Unis de Frédéric Pierucci, ex dirigeant d’Alstom. De nombreux transferts de sièges et de brevets sont ensuite actés vers la Suisse par le conglomérat, dès 2015.

Juillet 2018. La promesse des 1 000 emplois ne sera pas tenue annonce GE.

Octobre 2018. Alstom revend ses 20% de participation dans les trois co-entreprises issues de la cession à General Electric de la partie énergie d’Alstom, pour 2,594 milliards d’euros. Seul l’État garde une Golden share dans Geast, un droit de veto.

Janvier 2019. L’ex cadre d’Alstom Frédéric Pierucci, qui a été emprisonné aux États-Unis en avril 2013 pendant 25 mois, annonce sa volonté de constituer un consortium pour racheter la branche nucléaire de General Electric, vendue en 2014-2015. Il publie alors son ouvrage Le Piège américain.

Février 2019. General Electric confirme qu’il va payer la pénalité de 50 millions d’euros pour non création de 1 000 emplois. Cela deviendra le fonds Maugis, en avril 2019. Les subsides ont pour l’instant été principalement fléchés vers des projets belfortains, annoncés depuis début 2021 : H2SYS, Faurecia, Ananke, Purple, BH2M…

28 mai 2019. Coup de tonnerre. General Electric annonce la suppression de 1 044 postes à Belfort, dans l’entité turbines à gaz, avec 792 postes concernés, et dans une entité de fonctions supports (comptabilité), avec 252 postes.

21 octobre 2019. Ce sont finalement 485 emplois qui sont supprimés dans l’entité turbines à gaz (sur les 792 prévus), auxquels s’ajoutent les 252 emplois de l’entité de fonction support.

9 septembre 2020. Nouveau plan social chez General Electric, en France, dans les branche Hydro et Grid. On prévoit la suppression de 89 emplois et la fermeture du site Hydro de Belfort. Une vingtaine d’emplois seront sauvés à Belfort, mais le site ferme quand même. Des anciens ont monté une nouvelle PME à la suite de ce plan social, BH2M (notre article).

Octobre 2020. Le Canard Enchainé révèle la demande d’Emmanuel Macron, président de la République, auprès d’EDF, de racheter GEAST. Quelques mois plus tard, dans L’Est Républicain, Bruno Le Maire évoque la recherche d’une solution souveraine.

26 novembre 2020. Nouveau coup de tonnerre. Cette fois-ci, 300 suppressions de postes sont décidés par General Electric dans l’entité nucléaire, dont 238 à Belfort, dans les équipes d’intégration, chargées d’installer les équipements dans les centrales nucléaires. Un nouveau conflit s’engage.

6 mai 2021. Le plan social est maintenu, mais l’intersyndicale de l’entité nucléaire de Belfort obtient l’absence de départs contraints. 144 postes sont quand même supprimés, via des plans seniors et des plans de départ volontaire. Les rumeurs d’un rachat d’EDF se font de plus en plus insistantes.

27 août 2021. Un article de La Tribune relance le dossier du rachat par EDF de la partie nucléaire de General Electric ; on sait depuis plusieurs mois que des discussions existent entre le conglomérat américain et le Gouvernement français. Le Trois publie le 30 août une analyse de ce dossier (à retrouver ici).

22 septembre 2021. General Electric et EDF annoncent l’ouverture de discussions « exploratoires » dans l’optique du rachat des parts de l’Américain dans GEAST, la co-entreprise dédiée au nucléaire (notre article). Aujourd’hui, on va surtout discuter le prix.

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