Le fonds Maugis a fléché 37 millions d’euros vers 15 entreprises

Les membres du fonds Maugis ont visité des entreprises ayant bénéficié de l’accompagnement. Et de se rendre compte, sur le terrain, de l’avancée des projets. Deux tiers du fonds ont déjà été fléchés.
Guy Maugis présidente le fonds Maugis, qui ventile la pénalité de 50 millions d'euros de General Electric. | ©Le Trois.
Les membres du fonds Maugis ont visité des entreprises ayant bénéficié de l’accompagnement. Et de se rendre compte, sur le terrain, de l’avancée des projets. Deux tiers du fonds ont déjà été fléchés.

Le fonds Maugis (lire notre dossier) est chargé de ventiler la pénalité de 50 millions d’euros de General Electric, payée pour ne pas avoir créé 1 000 emplois en France après avoir racheté la branche énergie d’Alstom en 2015. Guy Maugis a été nommé par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, en avril 2019, pour gérer ce fonds. Le fonds a mis plus de 18 mois pour trouver sa forme juridique, permettant de verser l’argent de l’Américain et de la distribuer ensuite aux entreprises sans que cela ne soit associée à des aides publiques. Le fonds Maugis est donc un fonds privé. La première entreprise aidée a été H2SYS, en décembre 2022.

Aujourd’hui, quinze entreprises ont déjà été accompagnées par le fonds Maugis (lire ci-dessous). « Nous avons promis 37 millions d’euros d’aides », détaille Guy Maugis, qui était en visite dans la région, ce jeudi 24 et vendredi 25 novembre, pour mesurer sur le terrain les avancées des projets. Sept entreprises ont été visitées. D’autres sont prévues, peut-être avant l’été. Les aides ne sont pas versées immédiatement, ni globalement. Il y a des logiques de paliers ; les entreprises doivent atteindre des objectifs. Aujourd’hui, seize millions d’euros ont déjà été débloqués.

Selon Guy Maugis, ces fonds doivent permettre de créer 810 emplois, à horizon 2027. Aujourd’hui, ce sont déjà 140 emplois qui ont été créés grâce à cet accompagnement ; la société Isola composite (lire notre article), à Delle, a recruté seize personnes cette année, dont dix grâce au fonds Maugis. Depuis le début, une trentaine de dossiers, estime Guy Maugis, n’ont pas été retenus. Le comité est vigilant aux dossiers déposés et répondant à des effets d’aubaine, aux projets très fragiles, mais aussi aux projets dont le risque est de recevoir une aide à l’investissement puis de délocaliser les machines par exemple.

« Dynamisme industriel »

« L’idée, c’est d’avoir des emplois industriels de long terme », replace Guy Maugis. Et les aides ont été accordées à des entreprises qui en avaient besoin ; sans, cela aurait pu être compliqué de porter les dossiers. Les membres du comité ont été « impressionnés par le dynamisme industriel » local. « Et ce qu’on a vu, ce sont a priori, [des projets] crédibles », salue Guy Maugis. La force de l’écosystème hydrogène a aussi été relevé. Des projets n’ont peut-être pas avancé aussi vite que prévu, mais la crise sanitaire et la hausse des cours des matières premières, par exemple, ont pu ralentir le calendrier initial. Un flou subsiste autour d’Isthy, en attente de déclenchement de l’investissement, après un changement d’actionnaire dans le projet. Mais aussi pour boucler un budget en hausse, à la suite d’un accroissement capacitaire.

Il est certain que cette enveloppe a pu encourager des entreprises à s’installer dans le nord Franche-Comté, à l’instar de McPhy (10 millions d’euros d’aides) ou de Gen-hy (5 millions d’euros d’aides), pour lesquelles d’autres régions s’étaient positionnées. Mais Guy Maugis a également rappelé la force du tissus industriel local. « Vous ne ferez jamais venir quelqu’un avec un chèque, sans territoire propice », souligne Guy Maugis, qui note aussi le travail de tous les acteurs du territoire : État, Administration, élus, collectivités locales, agences économiques…

La lettre de mission du fonds Maugis court jusqu’en 2027. Toutefois, au rythme actuel, il n’est pas impossible que l’enveloppe soit totalement attribuée d’ici un an. Les dossiers sont d’abord étudiés par un comité stratégique, composé notamment de personnalités politiques locales. S’ils sont pré-sélectionnés, les dossiers sont évalués par un comité de gestion, composé d’Ulrike Steinhorst, Martine Viallet et de Monsieur Bernard Streit. Le dispositif est géré par Pristine, société de gestion et fiduciaire, et les dossiers sont évalués par PricewaterhouseCoopers (PwC). Le fonds Maugis continue de recevoir des demandes. Aucun dossier n’est en cours d’instruction. La prochaine réunion est programmée fin décembre. On peut toujours déposer des projets. Plus d’un millier d’emplois devraient être créés grâce aux aides de ce fonds, d’ici 2027.

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