General Electric scelle le sort d’Hydro à Belfort

Marie-Guite Dufay a écrit au ministre de l'Économie Bruno Le Maire pour lui demander d'intervenir face à la demande de GE de baisser les prix de 20%.

General Electric a organisé ce vendredi un comité social et économique (CSE) local pour exposer aux partenaires sociaux le plan de restructuration dans l’entité Hydro. Dont le futur ne se dessine pas à Belfort.

General Electric a organisé ce vendredi un comité social et économique (CSE) local pour exposer aux partenaires sociaux le plan de restructuration dans l’entité Hydro. Dont le futur ne se dessine pas à Belfort.

Dans l’univers de l’hydro, Belfort est le centre d’excellence des alternateurs. Où est installée l’ingénierie de cette composante d’un barrage hydroélectrique. Les employés de Belfort travaillaient notamment sur des projets de barrages au Cameroun, Éthiopie ou encore en Corée du Sud.

Belfort était le centre d’excellence. Car ce nouveau plan de restructuration prévoit 764 suppressions de postes, dans les entités Hydro et Grid. Et à Belfort, 89 postes disparaissent. Soit tous les postes de l’entité belfortaine, installée dans le bâtiment 13, aux 3-Chênes, le long de la voie ferrée. 61 postes sont totalement supprimés, « de façon définitive », précise l’intersyndicale, composée de la CFE-CGC et de la CFDT. On compte aussi 20 modifications de postes pour des cadres et deux pour des techniciens. Les postes sont déplacés à Grenoble. Les six postes de superviseurs – des personnes qui surveillent les chantiers mais qui n’ont pas de bureaux à Belfort, ils sont simplement rattachés au site – sont dorénavant rattachés à Grenoble. « Ils nous annoncent tout simplement que l’activité alternateur en France est fermée », déplore l’intersyndicale. L’ingénierie est transférée dans des « pays à bas coût », en Inde et Chine. Une entité de direction de projet et du suivi des achats est aussi transférée en Turquie.

« GE, comme beaucoup d’acteurs de l’industrie de l’énergie, est confronté à des difficultés structurelles de marché. Elles concernent particulièrement deux de ses divisions : Grid Solutions et Hydro. GE doit donc s’adapter aux nouvelles réalités de marché pour rendre ces activités rentables à nouveaux », justifiait la semaine dernière General Electric, qui rejette une aubaine liée à la crise sanitaire. L’industriel américain évoquait des « pertes financières importantes ». Les commandes en valeurs ont été divisé par 3 depuis 2011, indique également un porte-parole de General Electric. « Et le niveau de commande enregistrée en 2019 est au plus bas depuis 10 ans. L’activité hydro pour GE a maintenant une cible annuelle de 1 milliard de dollars de vente, la moitié qu’en 2011”, ajoute-t-il.

Premiers licenciements en mai 2021

L’intersyndicale ne contredit pas que la structure perd de l’argent et qu’il y des soucis d’exécution, de qualité ou de retard, ce qui dégrade la marge. « Mais nous voyons clairement que la stratégie d’Hydro France ne va pas aider à corriger les problèmes actuels », déplore-t-elle. Aujourd’hui, on démantèle Hydro. Et dans la nouvelle organisation proposée, « il y a d’énormes trous dans la raquette », souffle une salariée en interne, alors que cette activité « pourrait faire partie du pacte vert ».

Le PSE de Grenoble, en 2017-2018, n’a pas non plus porté ses fruits. Alors on recommence, pour retrouver de la « viabilité financière », comme le résume General Electric. « Mais on pourrait réfléchir à d’autres méthodes pour s’améliorer », peste l’intersyndicale. Surtout qu’Hydro est passé de 8 000 à environ 3 500 personnes dans le monde en quelques années. On perd des compétences. « Du temps d’Alstom (l’entité a aussi été rachetée en 2015, NDLR), c’était moins compliqué. On travaillait plus en local », regrette une salariée. Aujourd’hui, l’organisation n’est pas fluide.

La première réunion lançant la procédure d’information-consultation du plan de restructuration s’est tenue ce mardi 15 et mercredi 16 juillet. Les représentants du personnel doivent donner leur avis avant mi-décembre. Une réunion est organisée à l’Atria, ce lundi, pour présenter le plan à l’ensemble des salariés. Ce 22 septembre, les partenaires sociaux et la direction vont déterminer la méthode de travail de ce plan social. Les premiers licenciements seront notifiés au mois de mai 2021.

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