General Electric : l’inquiétude des syndicats européens sur la scission du conglomérat

Le comité de groupe Europe, qui rassemble les représentants du personnel de General Electric à l’échelle de l’Europe, a réagi aux annonces de General Electric de scinder en trois groupes d’ici 2024.

Le comité de groupe Europe, qui rassemble les représentants du personnel de General Electric à l’échelle de l’Europe, a réagi aux annonces de General Electric de scinder en trois groupes d’ici 2024.

« L’éclatement du conglomérat aura des conséquences sur tous les salariés », estime le comité de groupe Europe de General Electric des entités Gas Power, Power Conversion, Steam Power et FieldCore, dans un communiqué de presse publié en fin de semaine dernière. Ce sont les représentants du personnel des 27 pays européens où est présent le conglomérat américain. En septembre 2020, 57 200 personnes étaient employées par GE en Europe, selon les représentants du personnel, qui annonçaient alors que 15 000 emplois avaient été perdu depuis 2015 sur le Vieux Continent (lire notre article). « Il est clair que la décision de Général Electric remet en cause, de fait, les projets industriels des entités et risque d’avoir à nouveau des conséquences négatives pour les salariés », écrivent les représentants du personnel.

Le 9 novembre, Larry Culp, p-dg de General Electric a annoncé aux salariés que le conglomérat se scinderait en trois entités : aviation (restant à 100 % GE, avec le nom) ; Healthcare (GE ne gardant que 19,9 % des parts), d’ici 2023 ; et Energy, d’ici 2024. Dans cette dernière, l’actuel dirigeant de la division, Scott Strazik, doit « regrouper les entités Gaz Power, Power Portfolio (Power Conversion, Steam Power) et Fieldcore, avec les entités de la division Renewable (Wind, Grid, Hydro, etc..) et Digital », détaille le communiqué des représentants du personnel. Ces derniers regrettent que rien ne soit clair dans ce projet. Et de pointer justement les conséquences pour les salariés, à la suite de l’éclatement : « partage de la dette ; maintien des pensions ; gestion des brevets ; futur des entreprises avec les conséquences sociales et les investissements prévus. » Et de poursuivre : « Nos entreprises, nos expériences et nos compétences sont pourtant le fruit d’une longue histoire collective industrielle Européenne. »

« Au cours du temps, GE a racheté des outils performants dans le domaine de l’énergie Gaz, Converteam, puis la branche Energie d’Alstom, relève le communiqué. Ces entreprises ont fait leurs preuves et ont contribué au développement de l’énergie électrique dans de nombreux pays. Ils sont aujourd’hui en position de contribuer de manière décisive à la transition énergétique nécessaire. » Puis le comité d’ajouter : « Mais du fait d’une rentabilité jugée trop faible par le groupe GE, ils sont aujourd’hui délaissés par le groupe qui préfère une logique de prédation financière qui s’avère destructrice. » Les représentants du personnel regrettent que cette opération ne cache une volonté de rémunération des « actionnaires », au détriment d’investissements et d’un projet industriel. « Une transition énergétique planifiée demande des décisions courageuses accompagnées de moyens financiers et humains, des capacités industrielles, des compétences… » estime le document.

Le Comité de groupe Europe a demandé des compléments d’information et sollicité un processus d’information-consultation. « Il a été aussi demandé à la direction le moyen de pouvoir communiquer avec tous les salariés basés en Europe », indique le communiqué.

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