General Electric : les élus mettent la pression au Gouvernement

Les élus belfortains sont inquiets de la situation à General Electric, à Belfort.

Après Marie-Guite Dufay auprès du président de la République, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, les trois parlementaires belfortains, le maire de Belfort, Damien Meslot, et le président du conseil départemental du Territoire de Belfort, Florian Bouquet, interpellent dans un courrier Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, sur leurs inquiétudes concernant différents secteurs de General Electric : l’entité gaz ; le nucléaire, ex-Alstom ; et GE Hydro.

Après Marie-Guite Dufay auprès du président de la République, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, les trois parlementaires belfortains, le maire de Belfort, Damien Meslot, et le président du conseil départemental du Territoire de Belfort, Florian Bouquet, interpellent dans un courrier Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, sur leurs inquiétudes concernant différents secteurs de General Electric : l’entité gaz ; le nucléaire, ex-Alstom ; et GE Hydro.

Une nouvelle séquence politique s’enclenche sur les dossiers liés à General Electric. La nouvelle rencontre, programmée ce vendredi 4 septembre à Bercy, entre une partie des représentants du personnel de l’entité turbines à gaz, des représentants du Gouvernement, l’industriel américain et des élus, n’est pas étrangère à ce timing. Elle doit permettre de suivre le déroulement du plan social, signé en octobre 2019, mais surtout de dévoiler les intentions du géant américain vis-à-vis des 8 orientations stratégiques validées fin juin ; des orientations conçues collectivement depuis le début de l’année, dans le cadre de la définition d’un projet industriel pour Belfort.

Cette réunion se tient également alors qu’un comité de groupe européen de General Electric doit se tenir début septembre. Des craintes concernant l’annonce de plans de restructuration à l’échelle du continent sont annoncées. Les pertes financières importantes enregistrées au 2e trimestre par le géant américain et la situation très délicate du business aviation fragilisent GE ; cela inquiètent les élus. « Larry Culp n’a jamais exclu de nouvelles réduction d’effectifs », écrit Marie-Guite Dufay le 21 août.

Quels engagements de GE pour Belfort ?

De leurs côtés, les syndicats Sud Industrie et CFE-CGC alertent sur de mauvais signaux. Ils estiment que « GE ne respecte pas les engagements d’octobre 2019 de maintien de la ligne « Stator-Combustion» jusqu’à conversion progressive de ses personnels vers de nouvelles activités et de création de 200 emplois à l’horizon 2023 ». il s’étonne aussi de la nomination de Joe Anis comme directeur de la région Europe, Afrique et Moyen-Orient, alors qu’il est basé à Dubaï. Ce qui est contraire aux accords de 2014 et 2019 estiment les deux syndicats.

C’est dans ce contexte que les élus et les représentants du personnel ont décidé d’interpeller le Gouvernement, pour maintenir la pression. « Aucune information n’est donnée par la direction quant aux moyens financiers et humains associés à la mise en œuvre de ces 8 axes stratégiques pour GEEPF », regrettent Damien Meslot (LR), maire de Belfort, les députés Ian Boucard (LR) et Michel Zumkeller (UDI), le sénateur Cédric Perrin (LR) et le président du conseil départemental du Territoire de Belfort, Florian Bouquet (LR), dans un courrier commun adressé à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, en date du 25 août. Marie-Guite Dufay, présidente du conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, avait été au président de la République, la semaine dernière, à ce sujet.

Restructuration envisagée à GE Hydro

Dans leur courrier, les élus belfortains abordent également la situation de GE Power Systems, l’entité Alstom Power rachetée en 2014. Cette entité réalise les alternateurs et les turbines pour les centrales nucléaires. C’est la fameuse turbine Arabelle. Selon Marie-Guite Dufay, elle équipe les 56 réacteurs du parc nucléaire français. « Il s’agit d’une activité stratégique pour notre pays, dont l’indépendance énergétique dépend de cette technologie, rappellent les élus. Le savoir-faire des salariés belfortains dans ce domaine est mondialement reconnu et l’équilibre du site est fragile. Notre pays doit maintenir ses compétences en matière de fabrication et de maintenance de centrales nucléaires. » Depuis plusieurs mois, des rumeurs concernant une cession de cette activité par General Electric est évoquée par de nombreux acteurs. Cette fois-ci, les élus questionnent sur ce secret de polichinelle. Selon la présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, cette entité emploie 1 000 personnes à Belfort.

« Des indices concordants, écrivent aussi les élus belfortains, nous laissent penser qu’un plan de suppression d’emplois pourrait avoir lieu dans la division GE Hydro France, déjà durement touchée par un premier plan en 2017. Nous rappelons que la majorité des centrales hydrauliques françaises sont équipées de matériels GE-Alstom. » Cette entité emploie 90 personnes à Belfort.

Un regard sur le repreneur

« Il nous paraît primordial que le gouvernement se montre particulièrement vigilent et proactif quant à l’évolution de ce dossier », écrivent les élus belfortains, qui demandent à être reçu par le ministre de l’Économie. « L’État a les moyens d’exercer son droit de veto à travers les Golden Share, afin que nous puissions avoir un regard sur les potentiels repreneurs (pour GE Power systems, ex-Alstom, NDLR) qui, à l’heure des objectifs nouveaux de relocalisation, devraient prioritairement être français », suggèrent pour sa part Marie-Guite Dufay. Les syndicats Sud Industrie et CFE-CGC rappellent que l’État peut « contraindre GE à respecter les accords signés ou à sanctionner le groupe américain au regard des moyens renforcés par l’actuel gouvernement dans la loi PACTE, concernant les investissements étrangers dans les secteurs industriels stratégique ».

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