General Electric : la situation se débloque dans la filière nucléaire à Belfort

Le blocage du site de General Electric Belfort a été levé, ce mercredi soir, par l’entité nucléaire du conglomérat américain. Il subsiste un piquet de grève symbolique, porte de la Découverte, le temps que les négociations se terminent. Les salariés de l’établissement fabriquant la turbine Arabelle ont obtenu la reconnaissance attendue, qui se matérialise par une prime de 1 200 euros. La fin des négociations salariales est programmée ce jeudi.

Le blocage du site de General Electric Belfort a été levé, ce mercredi soir, par l’entité nucléaire du conglomérat américain. Il subsiste un piquet de grève symbolique, porte de la Découverte, le temps que les négociations se terminent. Les salariés de l’établissement fabriquant la turbine Arabelle ont obtenu la reconnaissance attendue, qui se matérialise par une prime de 1 200 euros. La fin des négociations salariales est programmée ce jeudi. mis à jour le 20 janvier à 14h13 (réaction de la direction)

La tension était extrême ces derniers jours sur le site de General Electric, à Belfort. Le site était bloqué depuis mardi dernier. Et totalement bloqué. Même la porte réservée aux pompiers a été condamnée par les grévistes après que la direction de l’entité turbines à gaz de General Electric fasse sortir des camions discrètement, vendredi ; depuis 1974, il y avait un accord tacite entre organisations syndicales et directions pour ne pas bloquer cette porte dédiée aux secours, tout en acceptant qu’elle ne soit pas utilisée par la direction pour ses livraisons ou expéditions quand le site était bloqué. Et ce mercredi matin, l’ensemble des tourniquets d’accès piétons du site avaient été également bloqués. « On a intensifié notre mouvement », explique Saïd Bersy, de la CGT.

Lundi, lors de l’assemblée générale quotidienne, on dénonçait « le mépris » et le manque de respect de la direction, la manière d’informer les salariés, via des courriers et des messages sur écrans à la machine à café, s’exonérant des instances représentatives. Christian Mougenot, de la CFDT, avait qualifié cette attitude mutique de la direction de « malsaine, maladroite et irresponsable ». Saïd Bersy, de la CGT, avait garanti : « Ce respect, on va aller le chercher. Nous irons à 50 dans le bureau pour régler les problèmes s’il le faut. » Les salariés étaient même montés directement au bureau du directeur de Thermal Manufacturing Belfort (TMB), l’établissement qui fabrique la turbine à vapeur Arabelle et les alternateurs.

Pendant le blocus de GE TMB à Belfort, même l'accès pompier a été bloqué après l'expédition organisée par la direction, allant à l'encontre d'un accord tacite (©Le Trois).

Finalement, des contacts ont été tissés de nouveau entre organisations syndicales et direction, lundi après-midi. Des réunions ont été programmées ce mardi, se poursuivant tard dans la soirée. Et elles se sont enchaînées ce mercredi, de 10 h à 17 h ; des salariés ont même accompagné les organisations syndicales à la table des négociations. Pour manifester l’urgence de la situation. Et matérialiser le ras-le-bol profond des salariés. Les réunions ne concernaient que la sortie du conflit, c’est-à-dire le déblocage du site, principalement mené par des salariés de TMB. « La direction a bien pris conscience du bras de fer mis en place pour obtenir ce respect », note Sébastien Gorjup, de la CFE-CGC de TMB. « Il faut arrêter de jouer avec les gens. Il y a des familles derrière », rappelle-t-il.

« Une victoire des salariés »

Pour sortir de ce conflit, les salariés de cet établissement de l’activité nucléaire de General Electric ont obtenu une prime de 1 200 euros net, qui sera versée en plusieurs fois au cours de l’année. Un tiers de la prime correspond à la prime Macron, soit 400 euros. Elle était initialement de 350 euros, puis avait été retirée. Le périmètre d’obtention de cette prime sera défini lors des négociations globales de l’entité nucléaire de General Electric, GE Steam Power Systems, ce jeudi. Les 800 euros de prime restant sont par contre assurés aux salariés de TMB. « La prime demandée pour la reconnaissance est acquise », apprécie le délégué syndical de la CGT. « Nous avons été cherchés le respect et nous l’avons trouvé. » Sébastien Gorjup d’ajouter : »Tout le monde aime son métier. Mais tout le monde a fait des effort pendant le covid-19. » Crise sanitaire, plan social, négociations du rachat… Les raisons justifiant des doutes et des inquiétudes étaient nombreuses ces derniers mois dans l’entité. « C’est une victoire des salariés », salue alors Christan Mougenot, de la CFDT.

La prime de 800 euros est surtout obtenue sans aucun critère, contrairement à l’année dernière : elle est pour tous et non soumise à des performances. « Nous sommes partis de zéro et nous obtenons 1 200 euros net », salue Sébastien Gorjup. « Les trois organisations syndicales (CFE-CGC, CGT et CFDT) sont parties ensemble et ont fini ensemble », souligne-t-il également.  Christian Mougenot de relever : « C’est dommage de devoir passer par 7 jours de grève pour en arriver là. Cela devrait se passer plus naturellement pour avoir ce respect. Et ça coûterait moins cher à tout le monde. » En contrepartie, le blocage a été levé avenue des 3-Chênes, avenue de la 1re-Armée et au niveau de l’accès secours, avenue de la découverte. À la porte de la Découverte, les camions peuvent passer, mais un piquet symbolique est maintenu jusqu’à la fin des négociations, « pour maintenir la pression », explique Saïd Bersy.

La position de la direction

« La Direction de GE Steam Power à Belfort a conclu un accord avec les représentants du personnel du site concernant notamment la mise en place d’une prime en lien avec la bonne réalisation des projets pour le personnel de l’usine. Les activités du site sont à présent revenues à la normale. »

Le travail n’est pour autant pas terminé. Ce jeudi, la dernière réunion des négociations annuelles obligatoires se tient, à l’échelle de GE Steam Power Systems. Le taux d’augmentation générale sera ardemment discuté. La direction proposait 2,5 % d’augmentation la semaine dernière. Les syndicats revendiquent 3,5 %, compte tenu de l’inflation qui avoisine les « 3 % » rappelle Christian Mougenot. Ils attendent aussi une prime de 1 000 euros.

Ceci vous intéressera aussi
La Découverte : droit de réponse d’AURIE qui conteste des propos d’Elior

Manifestation devant le restaurant La Découverte, le lundi 19 septembre. | ©Le Trois L’association des utilisateurs du restaurant inter-entreprise (AURIE) Lire l’article

Une start-up belfortaine se lance dans les petits réacteurs nucléaires

Le Britannique Rolls Royce se positionne sur la technologie SMR. | ©Rolls Royce Neext Engineering est une start-up d’ingénierie de Lire l’article

Florian Chauche : « La politique du gouvernement n’est pas ambitieuse »

Le député La France Insoumise de la 2nd circonscription du Territoire de Belfort, Florian Chauche, fait le point sur les Lire l’article

La Découverte : « Nous sommes dans l’impasse »

La situation ne se débloque pas pour les salariés du restaurant La Découverte, au Techn’Hom, à Belfort. Une rencontre a Lire l’article

Défilement vers le haut Aller au contenu principal