General Electric : débrayage à Belfort contre des suppressions de poste

Des salariés de General Electric Belfort ont débrayé ce matin a-t-on appris de sources syndicales. Elles craignent plusieurs centaines de suppressions de postes.

Entre 100 et 300 personnes, menée par la CGT, ont débrayé spontanément ce mercredi matin et interpellé la direction du site de General Electric Belfort. Ils craignent l’annonce prochaine d’un plan de suppressions de postes.

La CGT évoque le chiffre de 800 postes supprimés, sur un effectif de 1 900 personnes. « On bousille les compétences et nos expertises », regrette Cyril Caritey, très ému, secrétaire général de la CGT GE-EPF, l’entité turbine à gaz de General Electric. La CFE-CGC est plus mesurée et envisage la suppression de plusieurs centaines d’emplois. Selon nos informations, depuis quelques mois, la direction évoquait une baisse des effectifs de l’ordre de 20 à 25 %.

Encourager la diversification

Ces inquiétudes s’inscrivent dans les annonces formulées par Larry Culp, p-dg de General Electric, le 14 mars, apprend-t-on auprès des syndicats. Il a annoncé provisionner entre 2,4 et 2,7 milliards de dollars en restructuration, dont 700 millions de dollars pour l’ensemble de la division Power. Une information confirmée par Bloomberg dès le 14 mars et dont l’objectif consiste à rassurer les actionnaires.

La direction de GE Belfort n’a pas de « commentaires pour le moment », mais ne nie pas non plus une importante réorganisation en cours chez GE Power, à l’échelle du Globe. Après avoir été préservée, la branche gaz de GE Power s’attend cependant à être touchée et plus particulièrement le site de Belfort. L’an dernier, 12 000 postes ont en effet été supprimés dans la division Power, dont 6 000 en Europe, hors France. Dans les pays européens, hors France, on a supprimé 35 % des effectifs, selon une source syndicale.

Lundi et mardi, une délégation nationale du syndicat de cadres CFE-CGC a visité les installations belfortaines de Belfort et de Bourogne pour évoquer une diversification vers l’aviation, en faisant venir Safran. Un projet porté par l’intersyndicale turbines à gaz de Belfort depuis plusieurs mois, dans un contexte économique difficile. La CFE-CGC rencontre ce jeudi le conseiller économie-industrie de l’Élysée à ce sujet. À Belfort, on sent la volonté de faire réagir les acteurs du dossier en ce sens, avant les élections européennes. Selon nos informations, une annonce serait en effet prévue après.

En 2018, le géant américain a perdu 23 milliards de dollars. sur sa valeur. Mais ses bénéfices sont encore de 10 milliards de dollars apprend-t-on auprès d’une source syndicale. Power a perdu, dans le même temps, 800 millions de dollars, mais 500 millions concernent les restructurations poursuit cette source. GE Aviation représente 65 % des bénéfices de GE en 2018.

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