General Electric : Bruno Le Maire refuse la table ronde

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, refuse la table de ronde demandée par les représentants du personnel de l’entité nucléaire de General Electric, à Belfort, et soutenue par les élus.

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, refuse la table de ronde demandée par les représentants du personnel de l’entité nucléaire de General Electric (notre article), à Belfort, et soutenue par les élus. mis à jour le 28 avril à 9h24.

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des finances, a annoncé ce mardi à Damien Meslot, président Les Républicains (LR) du Grand Belfort, qu’il ne donnerait pas suite à la demande de table ronde formulée par l’intersyndicale de la branche nucléaire de General Electric, toujours menacée par un plan social visant encore 144 postes ; Belfort supporterait 75 % des suppressions de poste.

Cette table ronde devait parler de la pérennité de l’activité et de l’hypothèse du rachat. Bruno Le Maire « va à l’encontre de la volonté de dialogue social et de transparence affichée par les syndicats », indique un communiqué de presse signé par Damien Meslot, Florian Bouquet (LR), président du conseil départemental du Territoire de Belfort, Marie-Guite Dufay, présidente socialiste de la région Bourgogne-Franche-Comté, le député LR Ian Boucard et le sénateur LR Cédric Perrin.

« Nous sommes profondément révoltés de la désinvolture »

« On ne peut que déplorer qu’il ne veuille même pas venir », regrette Laurent Humbert, délégué syndical CFE-CGC. « Ne pas vouloir écouter nos arguments, c’est vraiment regrettable », ajoute-t-il. « C’est d’autant plus dommage de ne pas accepter de venir voir des amis », glisse-t-il, amer. Bruno Le Maire avait en effet déclaré dans la presse qu’il n’avait que des amis à Belfort. « Nous sommes profondément révoltés de la désinvolture du ministre, qui balaie du revers de la main, à la fois un plan social, un rachat stratégique, mais plus généralement le devenir de la filière », tance pour sa part Laurent Santoire, délégué syndical CGT. « Il ne se contente pas de mépriser l’assemblée du personnel qui a mandaté ses représentants pour obtenir cette table ronde, mais c’est aussi une faute démocratique quand une Région, un Département et une agglomération se sont unis d’une même voix pour obtenir ce temps démocratique », ajoute-t-il. Et de dénoncer : « Le refus vaut camouflet à la démocratie. »

Les élus maintiennent leur demande de moratoire du plan social dans cette branche de General Electric. « De ce moratoire dépend la pérennité de l’activité à Belfort et de la souveraineté énergétique française », écrivent les élus. « Dans le cadre du rachat potentiel de cette activité par un consortium français, il est indispensable que les compétences soient conservées afin de capter l’ensemble du savoir-faire en termes de conception, de fabrication et de maintenance dans les domaines du nucléaire, de l’intégration et des centrales clé en main », ajoute le communiqué des élus.

Jeudi matin, les représentants du personnel ont prévu une mobilisation, depuis la porte des Trois-Chênes. Ils doivent accompagner la sortie d’un rotor de turbine, destiné à la construction de la centrale nucléaire d’Hinkley Point C, en Angleterre. Le CGT du site d’Alstom a appelé à rejoindre ce mouvement. Elle appelle « à soutenir les camarades de GE », glissant que sa situation n’est pas plus enviable et que la pérennité de Belfort est « menacé ». La réponse du ministre ne devrait qu’attiser la colère des manifestants.

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« Le choix de sortie du charbon est un choix assumé du grouvernement »,écrit Bruno Le Maire dans son courrier de réponse aux syndicats, que Le Trois a pu consulter. De fait, il estime que c’est normal qu’il y ait des évolutions au sein de Steam Power Systems. « Il ne serait en revanche pas acceptable que cela ait un impact sur les activités nucléaires de General Electric, qui demeureront dans la durée essentielles pour notre système énergétique », ajoute-t-il. Il dit resté « extrêmement attentif » à la situation : impacts sociaux du plan ; souveraineté industrielle. Il dit vouloir préserver ’emplois et compétences ». Bruno Le Maire ouvre la porte d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Il l’a évoquée avec Larry Culp, lors d’un échange le 16 avril. Cela permet, selon lui, de « contribuer à la construction d’un plan équilibré entre le besoin d’évolution des activités et l’enjeu essentiel de préservation des compétences clés ». Concernant le rachat, il confirme qu’un travail est lancé pour qu’il aboutisse « dans les meilleurs délais », « autour d’un périmètre techniquement et industriellement cohérent ».

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