GE : les syndicats tentent (encore) de diminuer l’ampleur du plan

Le flou entoure le projet de délocalisation de

Syndicats et direction de l’entité turbines à gaz de General Electric ont entamé une nouvelle période de négociations. La rapidité pour disposer des 294 dossiers de départs volontaires de la première phase du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) pose la question des démarches jusqu’au 31 mars.

Syndicats et direction de l’entité turbines à gaz de General Electric ont entamé une nouvelle période de négociations. La rapidité pour disposer des 294 dossiers de départs volontaires de la première phase du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) pose la question des démarches jusqu’au 31 mars, date initiale de fermeture de cette phase. Les représentants du personnel veulent profiter de cette fenêtre pour réduire l’impact du plan.

1 760. C’était l’effectif de l’entité turbines à gaz au 30 avril. Conformément au plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), validé fin novembre entre la direction et les syndicats CFE-CGC et Sud Industrie, cet effectif doit être de 1 275 fin décembre 2020. Pour y arriver, une première phase de départs volontaires était ouverte, du 6 janvier au 31 mars. 294 départs étaient programmés. Au bout de 4 semaines, la commission de suivi du PSE avait déjà les dossiers pour cette première phase. Que fait-on alors jusqu’au 31 mars ?

C’est à cette question que devaient répondre organisations syndicales et direction, mercredi matin, à l’occasion d’une rencontre. C’était la première réunion de négociations d’un éventuel avenant à l’accord précisant le plan de sauvegarde de l’emploi. « Cet accord dit combien de personnes partent et dans quelles conditions », explique Philippe Petitcolin, représentant syndical de la CFE-CGC. Selon nos informations, direction et syndicats étaient d’accord sur un point : ouvrir la possibilité de faire partir plus de monde qu’initialement prévu, dans le cadre de cette première phase de départs volontaires. Avec une priorité, commune, pour les mesures d’âge.

Favoriser la mobilité entre services

« Il y a un PSE dans chaque service, poursuit Philippe Petitcolin. Ce n’est pas toujours simple. » Certains services ont de nombreux candidats au départ, mais le service n’est pas forcément touché par le plan. D’autres n’ont pas de candidats au départ, mais sont durement touchés par le plan. « Nous faisions face à une double contrainte », constate un syndicaliste souhaitant conserver l’anonymat. Les négociations doivent résoudre cette délicate équation, pour éviter d’avoir de nombreux candidats au départ, mais quand même des départs contraints à la fin de l’année dans certains services. « Pour éviter des départs contraints, détaille Philippe Petitcolin, il faut des mobilités entre les services. » Une position partagée par les trois syndicats.

« Cela a été fait trop rapidement », tance toutefois Cyril Caritey, de la CGT, pointant du doigt Sud Industrie et la CFE-CGC. « On attend une photographie précise, pour éviter les départs contraints », complète-t-il. L’élu syndical de la CGT invite notamment à ce que soit étudié les pistes de tutorat et de formation pour permettre cette mobilité entre les services. Si la CFE-CGC et Sud ont négocié, en novembre, pour concevoir des familles de métiers, c’était notamment pour favoriser ces mobilités insistent plusieurs sources syndicales. « D’être en avance, confie un autre syndicaliste, permet aussi de se projeter dans la réorganisation de l’entreprise. »

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Selon la CGT, le nombre de dossiers bouclés par le prestataire du plan de sauvegarde de l’emploi, que l’on serait capable de soumettre à la commission de suivi. Si on les ajoute au 294 dossiers déjà validés, cela porte le total à 467. Le plan social prévoit 485 suppressions de postes.

Réduire le volume de départs

En parallèle, les syndicats ont demandé que la cible finale de l’effectif soit revue à la hausse, afin de réduire le nombre de suppressions de postes. La CFE-CGC a déposé une demande pour que l’effectif final soir de 1 350 salariés. Sud Industrie et la CGT ont défini cette cible à 1 300. Des données confirmées par les trois syndicats, même si certaines voix sont prudentes quant à la possibilité de voir se concrétiser cette volonté. « [Avec ces 25 postes préservés], nous avons évoqué des pistes pour préserver quelques catégories ouvrières », poursuit Cyril Caritey. Il voudrait conserver des équipes sur certains équipements (une brocheuse, un tour) et envisager la production autour de quatre lignes : une ligne directrice ; une ligne d’aubes ; une ligne de réparation ; et une ligne de conception 3D, « le chaînon manquant pour continuer à faire évoluer nos aubes ».

La date du deuxième round de cette négociation n’a pas encore été fixée. « General Electric ne commente pas le contenu des discussions en cours », déclare un porte-parole de la direction. Un autre interlocuteur sera important dans ces échanges : la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) ; elle valide les PSE. Les futures négociations autour du projet industriel de l’entité belfortaine, voire l’activité du marché des turbines à gaz, annoncée à la hausse depuis plusieurs mois, seront aussi des éléments déterminants dans cette nouvelle négociation du PSE.

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