Covid-19 : à Besançon, des soignants pour « accompagner » la fin de vie

500 000 euros de dons ont été déposés pour les personnels du CHU de Besançon, dans le Doubs.

Le centre hospitalier universitaire (CHU) de Besançon a créé une unité spéciale, en soins palliatifs, accueillant des patients atteints par le covid-19. Trop faibles, ils ne peuvent pas forcément supporter les protocoles de soin. L’unité accompagne leur fin de vie.

Angela Schnaebele – AFP

Le centre hospitalier universitaire (CHU) de Besançon a créé une unité spéciale, en soins palliatifs, accueillant des patients atteints par le covid-19. Trop faibles, ils ne peuvent pas forcément supporter les protocoles de soin. L’unité accompagne leur fin de vie.

Quand il n’y a plus d’espoir ou presque, l’unité spécialisée Covid-19 créée au sein du service de soins palliatifs du Pr Régis Aubry à l’hôpital de Besançon est encore là pour « accompagner » et « apaiser » patients et proches. Pour l’heure, 17 lits sont dédiés aux malades du coronavirus en fin de vie, mais ils pourraient être plus nombreux encore si la crise s’aggravait.

Parmi ces malades, certains étaient déjà suivis en soins palliatifs, d’autres sont des personnes âgées ou très âgées venant d’Ehpad ou de leur domicile. Souvent immunodéprimés et présentant d’importantes comorbidités, ils sont trop faibles pour supporter une réanimation avec son cortège de soins invasifs.

« Certaines personnes âgées, fragiles, ne pourront pas bénéficier de la filière de soins Covid », constate le Pr Aubry, chef du service de gériatrie du CHRU de Besançon et président de l’Observatoire national de la fin de vie. Mais « ces personnes doivent être accompagnées » même si cela « peut sembler moins urgent que de soigner les patients en réanimation et d’accueillir des gens en détresse respiratoire », souligne-t-il. « La majorité vont mourir » d’autant que le virus est « très virulent » sur leurs organismes déjà affaiblis. « Mais il y a toujours une zone d’incertitude et certains peuvent aller mieux », constate encore le professeur.

Protégés de la tête aux pieds avant de pénétrer par un sas sanitaire dans cette unité entièrement confinée, une quarantaine de soignants se relaient nuit et jour au chevet des malades. « Les professionnels passent la journée dans cet habit de scaphandrier, sans avoir à se changer à chaque fois qu’ils vont d’une chambre à l’autre, ce qui leur permet d’avoir du temps pour être proches des gens, pour contenir leur angoisse », explique le Pr Aubry.

"Deuil pathologique"

« Leur présence calme et leur parole doit être de nature à apaiser », confie-t-il. Mais la médecine est toujours là. Des techniques d’oxygénothérapie par sonde nasale et des traitements médicamenteux soulagent les malades. Dans les cas extrêmes, ils sont endormis pour ne plus souffrir, jusqu’à leur mort.

Le chef de service en est bien conscient, depuis que l’épidémie de coronavirus sévit, « pour les aide-soignants, les infirmières, les médecins, c’est compliqué ». « Même s’ils sont habitués, ils sont confrontés à une densité particulière, liée à l’augmentation de la létalité, qui n’est pas facile ».

Dans ce contexte très particulier, l’unité spécialisée reçoit aussi les familles qui sont autorisées à effectuer une visite par jour, suivant un protocole sanitaire très strict dans cet espace confiné. « Cela semblait humain et respectueux pour les patients et leurs proches. C’est très dur pour les familles de ne pas les voir malades, souffrants et morts », souligne le Pr Aubry.

Le risque, selon lui, est que les proches sombrent dans des « deuils pathologiques », surtout lorsqu’ils sont confrontés à des « situations dramatiques où tout s’accélère rapidement ». Car, explique-t-il, « il y a un besoin important de parler, de toucher, de rendre compte et de comprendre la maladie, la mort ».

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