Belfort : des enseignants du Courbet dénoncent la désorganisation liée à la réforme du lycée

Des enseignants du lycée Gustave-Courbet, à Belfort, ont publié une lettre ouverte adressée à la rectrice académique pour dénoncer la désorganisation liée à la réforme du lycée et du bac. Ce vendredi, les élèves se préparent au Grand Oral.

Des enseignants du lycée Gustave-Courbet, à Belfort, ont publié une lettre ouverte adressée à la rectrice académique pour dénoncer la désorganisation liée à la réforme du lycée et du bac. Ce vendredi, les élèves se préparent au Grand Oral.

Depuis l’an dernier, les élèves de Terminales préparent une épreuve singulière pour le baccalauréat : Le Grand Oral. Ce vendredi matin, Nathalie Albert-Moretti, rectrice de la région académique Bourgogne-Franche-Comté, a assisté à la préparation des élèves du lycée Gustave-Courbet, à Belfort.

Cette épreuve, organisée le 20 juin, a été imaginée « pour permettre à chaque candidat d’apprendre à s’exprimer en public », rappelle le rectorat dans sa présentation de la visite. « Le Grand oral vous forme à prendre la parole en public de façon claire et convaincante. Cette épreuve permet aussi d’utiliser vos connaissances (celles qui sont liées à vos spécialités) pour créer une argumentation et montrer en quoi elles sont essentielles pour votre projet de poursuite d’études, et même votre projet professionnel », explique la présentation de l’épreuve du ministère de l’Éducation nationale. Avec l’objectif, selon le rectorat, de « savoir expliquer clairement son propos, se sentir à l’aise pour parler en public, disposer de techniques pour gérer son stress, savoir argumenter, échanger avec pertinence avec son auditoire, reformuler sa pensée lorsque cela est nécessaire… » Ce sont autant de compétences recherchées dans cette épreuve. L’oral dure 20 minutes, précédé d’une préparation de 20 minutes. Pendant l’année, les élèves ont préparé deux questions liées à leurs spécialités.

Derrière cette présentation, des professeurs sont plus dubitatifs. Des représentants du personnel enseignants, soutenus par des syndicats locaux (SNES-FSU, SGEN-CFDT, Action et démocratie, Sud Éducation et Force ouvrière) ont voulu rencontrer la rectrice pour présenter leur constat : « Les politiques des 5 dernières années ont complètement désorganisé le lycée et l’année de Terminale, et mis sous pression les élèves, les familles et les enseignants », dénoncent-ils dans un mail, par la voix de Benoît Guyon. Ce dernier regrette que « la rectrice [n’ait] pas [eu] le temps de rencontrer les personnels enseignants… juste des élèves triés sur le volet ».

Calendrier absurde, classes surchargées, pression accrue…

Les représentants des enseignants lui ont donc remis une lettre ouverte (à retrouver ci-dessous). Ils y dénoncent un « calendrier de Terminale (…) absurde ». Ils regrettent « une course aux programmes pour les épreuves de spécialité puis un 3e trimestre au cours duquel de nombreux élèves ne travaillent plus ». Ils pointent du doigt « des classes de plus en plus chargées ». Effet pervers, selon eux, un absentéisme en hausse. « Certains élèves ont compris qu’ils leur suffisaient d’être présents à l’épreuve de rattrapage pour avoir une avoir une note trimestrielle », écrivent-ils.

Surtout, ils dénoncent « une pression accrue » liée au contrôle continu. Sur le Grand Oral, il regrette les nombreux moyens déployés « au détriment d’autres enseignements », particulièrement sur l’organisation de l’épreuve blanche de ce Grand Oral. Sur laquelle les syndicats questionnent « la rémunération ». Il n’y a pas de rétribution, expliquent-ils, alors que l’on demande une présence pour examiner. « Il convient de rappeler qu’elle ne fait pas partie de nos obligations de service et peut porter atteinte à la liberté pédagogique », écrivent-ils.

Dans la lettre, les représentants du personnel enseignant regrette encore les moyens perdus dans au lycée Gustave-Courbet ces dernières années. « La formation des élèves, les conditions de travail des personnels et la santé psychologique de toute la communauté éducative se sont dégradées », concluent-ils.

Sollicité, le rectorat n’a pas souhaité commenter la lettre.

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