Amazon confirme un entrepôt du dernier kilomètre à l’Aéroparc de Fontaine

Amazon s’installe dans le Territoire de Belfort. Le géant américain confirme son implantation à l’Aéroparc de Fontaine, avec une plateforme du dernier kilomètre, de près de 10 000 m2. Damien Meslot, président du Grand Belfort, promet 310 emplois, dont 80 pour gérer la plateforme.

Amazon s’installe dans le Territoire de Belfort. Le géant américain confirme son implantation à l’Aéroparc de Fontaine, avec une plateforme du dernier kilomètre, de près de 10 000 m2. Damien Meslot, président du Grand Belfort, promet 310 emplois, dont 80 pour gérer la plateforme. – mis à jour le 11 mai à 14h58.

Amazon installe une plateforme de près de 10 000 m2 à l’Aéroparc de Fontaine. Cet équipement, connu sous le nom de code Vectura, est une plateforme du dernier kilomètre annonce Damien Meslot, président Les Républicains du Grand Belfort. Le géant américain du e-commerce a confirmé ce choix au Monde, ce lundi 10 mai. Amazon s’installe sur un terrain de 77 000 m2. Damien Meslot évoque 310 emplois, dont 80 CDI pour gérer la plateforme. Les autres sont des chauffeurs, « de sociétés locales », insiste Damien Meslot. « Ce ne sont pas des autoentrepreneurs », assure-t-il.

« Quand j’ai été élu en 2014, j’ai considéré que c’était une fragilité d’être dépendant de General Electric et Alstom », précise Damien Meslot. Il précise avoir lancé un chantier de « diversification », vers l’hydrogène et la logistique, compte tenu de « la situation géographique » de Belfort, près des frontières et le long d’un axe routier important, l’A36. « Nos équipes étaient sur tous les salons logistiques où les contacts ont été noués », explique celui qui est aussi maire de Belfort.

Damien Meslot ne confirme toujours pas la venue d’Amazon dans la plateforme de 76 000 m2 qui doit se construire à côté ; des recours juridiques sont en cours. L’identité d’Amazon avait été confirmée grâce au média Factuel Info (lire l’article), qui avait dévoilé le nom du géant américain mal caviardé dans une annexe du permis de construire. Cet automne, des maires des communes alentours s’étaient inquiétés des implantations d’Amazon, notamment sur le trafic routier (notre article).

Pas de clause de confidentialité

Depuis l’annonce de l’installation de cette plateforme, en janvier 2020, Damien Meslot n’a jamais voulu communiquer le nom du client final. Quitte à dire que ce n’était pas Amazon. Ou qu’il ne savait pas. « Je l’ai su depuis le départ, mais je ne voulais pas vous le dire, confirme-t-il ce lundi soir au téléphone, avant d’ajouter : C’est au client de dire les choses. » Questionné sur une clause de confidentialité, il précise n’en avoir « jamais signée ». « C’est éloquent de comment se font les dossiers d’aménagement du territoire. Je trouve cela totalement scandaleux du point de vue démocratique », dénonce Bastien Faudot, élu d’opposition à Belfort, de la Gauche républicaine et socialiste (GRS) ; il appelait à l’organisation d’un référendum comme pour les dossiers DHL et Center Parc, il y a plusieurs dizaines d’années. Damien Meslot observe que la motion de Bastien Faudot, en conseil d’agglomération, a été largement retoquée (lire notre article).

Mathilde Regnaud, élue d’opposition à Belfort et au Grand Belfort, veut poser la question du « modèle de société » que propose Amazon. Celui « du tout numérique », « des conditions de travail épouvantables », « sans lien social » et surtout un modèle « destructeur de l’environnement », regrette-t-elle. Amazon est un « aspirateur à mondialisation », dixit Bastien Faudot qui transporte des produits fabriqués dans « des pays à bas coût » qui « accélèrent la désinsdustrialisation ». Il a alerté, dès les premières annonces, sur les dangers, selon lui, de l’implantation des plateformes de logistique, qui plus est si c’est Amazon. « On a mis dans la tête des gens qu’ils n’avaient pas d’autres choix. Que c’est mieux chez nous que chez les voisins, ajoute Mathilde Regnaud. On ne fait que conforter les gens dans la fatalité et la résignation, en oubliant le rôle du politique, là pour proposer des alternatives. »

Après un long travail de documentation et de comparaison, il a présenté les éléments qui conduisent à confirmer l’installation d’Amazon sur les deux plateformes de l’Aéroparc de Fontaine (lire l’article). « Damien Meslot a esquivé le débat, regrette-t-il. Pourquoi a-t-il jugé utile de la dissimuler aussi longtemps à la population ? » Sur ce sujet, Damien Meslot répond : il part du principe qu’il ne communique que quand l’entreprise le veut bien. C’est sa règle : Amazon ne communique pas, il ne communique pas.

Damien Meslot assure qu’Amazon paie la totalité du terrain, soit 770 000 euros et qu’il paiera également les impôts afférents, sans « aucune réduction », assure-t-il. Selon Bastien Faudot, 10 millions d’euros d’argent public seront toutefois investis dans ce dossier, entre les aménagements de la zone de l’Aéroparc, ceux du réseau routier par le conseil départemental et les compensations environnementales qui sont faites par la société d’équipement du Territoire de Belfort (Sodeb), opérateur public de la vente, et n’ont pas par l’aménageur ou le client final, la société Vailog ou Amazon. En 2020, « le champion de l’exil fiscal », comme surnomme Amazon Bastien Faudot, a enregistré un chiffre d’affaires de 320 milliards d’euros. L’ouverture est prévue à l’automne.

Amazon revendique un bâtiment respectueux de l'environnement

« Amazon a travaillé une intégration harmonieuse du site dans l’environnement local, notamment en termes d’aménagement urbain et d’utilisation de solutions de transport à faible émission carbone. Une certification Very Good par BREEAM, leader mondial de l’évaluation environnementale, est également visée pour ce site », indique le géant du e-commerce. Le toit sera composé à 30 % de panneaux photovoltaïques. Amazon s’est engagé à la neutralité carbone d’ici 2040. « Ce site de proximité est le résultat de 20 ans d’expertise opérationnelle, d’innovation technologiques et d’investissements dans les infrastructures de transport d’Amazon, afin de proposer à nos clients des livraisons rapides et fiables. A la pointe des normes environnementales, cette nouvelle agence de livraison nous permettra également de livrer le centre-ville de Belfort en véhicules propres, tout en contribuant positivement à l’emploi local », déclare Ronan Bolé, directeur France Amazon Logistics.

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