Aéroparc : les troublants indices en faveur d’une implantation d’Amazon

Des colis Amazon, à la plateforme colis d'Audincourt.

Pour Bastien Faudot (Gauche républicaine et socialiste), conseiller départemental d’opposition, cela ne fait aucun doute. C’est bien Amazon qui doit s’installer à l’Aéroparc de Fontaine. Plusieurs indices le conduisent à cette conclusion. Selon lui, les deux plateformes en préparation sont en fait un seul et même projet, piloté par le géant américain du e-commerce. Il appelle à un débat public sur le sujet. Ce qu’il faut retenir.

Pour Bastien Faudot (Gauche républicaine et socialiste), conseiller départemental d’opposition, cela ne fait aucun doute. C’est bien Amazon qui doit s’installer à l’Aéroparc de Fontaine. Plusieurs indices le conduisent à cette conclusion. Selon lui, les deux plateformes en préparation sont en fait un seul et même projet, piloté par le géant américain du e-commerce. Il appelle à un débat public sur le sujet. Ce qu’il faut retenir.

1. Deux plateformes, un projet

C’est l’idée principale développée par Bastien Faudot (gauche républicaine et socialiste), conseiller municipal d’opposition à Belfort et conseiller départemental d’opposition. Si deux projets de plateformes logistiques ont été annoncés par Damien Meslot, président du Grand Belfort, l’un en novembre 2019, l’autre en janvier 2020, ce sont pourtant deux projets intimement liés. Situés l’un juste à côté de l’autre.

Pour Bastien Faudot, Amazon compte déployer sur l’Aéroparc de Fontaine un projet hybride comprenant une plateforme de stockage (celle de 76 000 m2) et une plateforme de distribution du dernier kilomètre (celle de 9 800 m2). Il a récupéré le plan Autocad – les plans d’architecte – des deux projets. Il s’étonne de voir apparaître sur celui de la petite plateforme des éléments de la grande plateforme. Quand on superpose les deux plans, ils se répondent parfaitement (photo ci-dessous). « Nous avons le même fichier Autocad alors que ce sont deux architectes différents et deux aménageurs différents », s’étonne Bastien Faudot. « Ces deux projets ont été pensés, imaginés et conçus ensemble, conclut-il. Il n’y a aucun doute. »

Plan de la petite plateforme, annoté par Bastien Faudot.

2. La similitude avec d'autres projets

Bastien Faudot a étudié les plans de différents projets de plateformes de stockage d’Amazon. Le plan disponible dans l’enquête publique concernant la grande plateforme – projet intitulé Citadelle – « correspond trait pour trait à des entrepôts de stockage Amazon », insiste-t-il. Un indice supplémentaire appuyant sa réflexion.

Bastien Faudot remarque également que les deux promoteurs des projets, Vailog pour la grande plateforme et Vectura pour la petite plateforme, travaillent très régulièrement avec Amazon. Le premier nommé a réalisé 5 entrepôts en Italie pour Amazon. Le second a fait ou a en projet 4 sites en France (Cergy-Pontoise, Velizy, Bouc-Bel-Air et Quimper). Et en regardant ces derniers sites, il s’étonne de la proximité des « éléments d’architectures » et de « l’identité graphique » (photo ci-dessous). Il a regardé les autres projets logistiques de Vectura en France, hors Amazon ; ils ne reprennent pas cette identité graphique.

En haut, projet porté par Vectura à Fontaine, comparé au bâtiment Amazon de Vélizy, aussi porté par Vectura. Comparaison faite dans un document de Bastien Faudot

3. Bastien Faudot veut "sortir de l'opacité"

Pour l’élu d’opposition, présenter deux projets différents, alors qu’au final, un seul projet se dégage, cela « ne peut qu’accentuer le soupçon ». « En scindant le projet en deux, la partie qui génère le plus de nuisances échappe à l’enquête publique », dénonce-t-il. Car la petite plateforme est destinée, selon l’élu, à de la distribution du dernier kilomètre. Un parc de stationnement de 600 camionnettes est visible sur le plan. Cette noria ne sera pas sans générer de fortes nuisances pour les riverains. En janvier, les documents présentés par le Grand Belfort évoquaient un flux de 150 véhicules légers, 700 fourgonnettes et 20 poids lourds par jour. Des projets routiers ont été lancés par le conseil départemental. Mais pas « un plan de déplacement » global critique Bastien Faudot.

En n’évoquant pas le client final, « on empêche les citoyens et l’opposition de se saisir de ce dossier », regrette-t-il. Que ce soit vis-à-vis des nuisances ou de la question autour de la « pertinence » d’implanter Amazon. Un autre client final ne poserait pas la même « question politique », surtout si la plateforme alimentait alors un « magasin physique », acquiesce-t-il.

Bastien Faudot demande l’organisation d’un débat public, tranché par un référendum local… Rappelant que cela avait été une demande de Damien Meslot pour le projet DHL, en 1996, et l’installation d’un Center Parc en 2001 dans le Sud Territoire (tous deux abandonnés). « Il faut jouer le jeu de la transparence », réclame-t-il, alors que près de 10 millions d’euros d’argent public, selon ses estimations, ont déjà été engagés.

4. Solde net de l'emploi

La création d’emplois. Damien Meslot a évoqué 1 000 emplois pour la grande plateforme et 400 pour la petite. « C’est l’argument massue », concède Bastien Faudot. Pour lui, c’est « assez loin de la réalité ». Et il veut surtout parler de « solde net de l’emploi ». Bastien Faudot ressort l’argument des emplois détruits par emploi créé chez Amazon.

L’ancien secrétaire d’État, Mounir Mahjoubi, l’estimait à 2,3 emplois détruits pour un emploi créé chez Amazon. « Plus on annonce d’emplois, plus on annonce de destructions d’emplois », tranche l’élu d’opposition, qui rappelle également que le commerce « en prend plein la gueule ». Depuis la crise de 2008. Surtout avec la crise sanitaire. « Quel est le devenir d’une ville qui n’a plus de commerces, ni d’échanges ? » conclut-il.

Un recours contre ces deux projets

De sources concordantes, un recours a bien été déposé contre ces deux projets au tribunal administratif de Besançon, il y a une dizaine de jours. Un recours commun de France Nature Environnement, des Amis de la Terre, des communes d’Angeot et de Larivière et d’une association de riverains de Larivière. Ce recours, commun, comporte plusieurs arguments. Selon nos informations, les communes d’Angeot et de Larivière s’attaquent particulièrement aux désagréments générés par la petite plateforme, une plateforme de distribution. C’est la circulation de 600 camionnettes par jour qui est attendue. Mais cette plateforme faisant moins de 10 000 m2, elle n’a pas été soumise à enquête publique. Les Amis de la Terre et France Nature Environnement s’attardent plus sur des enjeux environnementaux. Des zones humides sont référencées dans le secteur.

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