264 départs volontaires attendus en France à Alstom Power Systems dont 180 à Belfort

Un accord a été signé entre la direction de GE France et les partenaires sociaux d’Alstom Power System pour le départ volontaire de 264 personnes avant le 30 juin 2020 apprend-t-on de sources syndicales.

Un accord a été signé entre la direction de GE France et les partenaires sociaux d’Alstom Power Systems pour le départ volontaire de 264 personnes avant le 30 juin 2020 apprend-t-on de sources syndicales. À Belfort, environ 180 départs sont projetés.

264 départs volontaires sont attendus par la direction de GE France à l’échelle de l’Hexagone dans l’entité Alstom Power Systems (APS) avant le 30 juin 2020. Ces départs s’inscrivent dans une procédure de rupture conventionnelle collective (RCC) pour 80 postes et dans une procédure de plan senior pour 184 postes confirment les syndicats et la direction de GE France.

L’accord a été signé lundi entre la direction et les partenaires sociaux. La CFDT, syndicat majoritaire, et la CFE-CGC l’ont paraphé, contrairement à la CGT. Ces deux plans « s’appuient sur un principe de volontariat », confirme à l’AFP la direction de GE France.

Des mesures d’accompagnement

Alstom Power Systems emploie 1 600 personnes, dans 4 établissements en France, dont 1 100 à Belfort selon la direction. Ce plan de départs volontaires devrait concerner 180 personnes dans la cité du Lion confirme plusieurs sources à l’AFP. La procédure de RCC ne concerne pas la branche manufacturing à Belfort, celle qui fabrique notamment la turbine à vapeur Arabelle. Le plan senior concerne les 4 établissements de l’entité.

« Si nous avons signé l’accord, relève Henri-Louis Humbrecht, de la CFE-CGE, syndicat de cadres, c’est pour les mesures d’accompagnement pour les salariés qui partent, mais aussi pour les salariés qui restent. » Les syndicats s’inquiétaient de la charge de travail supplémentaire générée par ces départs. Même si les syndicats n’approuvent pas les départs, signer l’accord permet d’éviter « des mesures plus draconiennes », insiste Alain Ogor, délégué syndical central CFDT. « Cet accord met en péril nos activités », dénonce pour sa part Dominique Thiriet, secrétaire général site CGT. Le syndicat était prêt à discuter sur un plan senior, mais pas sur une RCC. « Le nombre de départs potentiels est plus élevé à la fin du projet qu’en début de négociation, regrette la CGT : Il y a moins de RCC, mais plus de départs dans le plan senior. »

Volontariat ou ras-le-bol ?

« Les salariés partent car ils en ont ras-le-bol », regrette pour sa part Marianne Gaillard, délégué Sud, qui ne faisait pas partie du tour de table, car le syndicat n’est présent qu’à Belfort. Elle pointe du doigt les conditions de travail. « Nous assistons à une fuite des compétences et des savoir-faire », poursuit-elle.

Les syndicats signataires ont obtenu de la direction qu’il n’y ait pas de plan de sauvegarde de l’emploi dans l’entité APS d’ici juin 2020. L’accord est actuellement dans les mains de la directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte), qui doit le valider sous 15 jours.

Multiplication des procédures de RCC

À l’échelle de GE France, c’est la 3e procédure de RCC qui est lancée depuis le début de l’année. Les deux premières sont validées par la directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte), soit 126 postes concernés à Power Conversion et 95 postes au siège de Grid, à la Défense. Un 4e accord est en cours de négociations, à Nantes, dans l’activité offshore wind, dans la division Renewable energy.

En termes d’activités, la charge n’est pas suffisante en 2019 pour la partie manufacturing d’APS note la CFDT. Mais c’est lié à la nature de l’activité, le nucléaire. « Le calendrier n’est jamais garanti », explique Alain Ogor. « Nous avons des commandes fermes et un carnet de commande bien rempli », confirme son homologue de la CFE-CGC. Cela est lié à un programme nucléaire important en Europe et au Moyen-Orient.

Alstom Power Systems regroupe les anciennes activités énergie d’Alstom, vendues en 2015 à General Electric. L’entité produit la turbine à vapeur Arabelle et des générateurs électriques. Elle intervient aussi en ingénierie électrique, mécanique et dans la conception de centrales.

184 départs envisagés dans le plan senior

Plus des deux tiers des départs volontaires envisagés par l’accord signé entre la direction de General Electric France et les partenaires sociaux d’APS concernent des départs liés à un plan senior. Sont éligibles à un départ anticipé toutes les personnes qui auraient pu prétendre à un départ avant le 1er juillet 2022 confirme la CFDT. Cela concerne les départs à la retraite classique, les personnes du dispositif Acaata (Allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante), ou les salariés concernés par des carrières longues.