(AFP)
Le graffeur graffeur Nacle est connu dans le Territoire de Belfort notamment pour avoir réalisé une fresque dans le cadre du centenaire du département. Il vient de déposer plainte contre le maire LR de Besançon, qui avait effacé fin septembre une de ses fresques dénonçant les violences policières, a-t-on appris ce mercredi 4 novembre auprès de son avocat.
L’artiste de 38 ans avait réalisé cette fresque baptisée « Non au permis de tuer » sur l’un des « murs de libre expression » de la ville, au lendemain de manifestations contre une proposition de loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre.
Le maire LR Ludovic Fagaut avait réagi en disant se « désolidariser clairement » du message inscrit sur l’œuvre, « la police tue ». L’édile avait fait effacer l’œuvre, en expliquant qu’il condamnait « fermement ce type de tag, même sur un mur d’expression libre ».
« Si la liberté d’expression et la création artistique doivent être préservées, elles supposent certaines limites et ne sauraient justifier une mise en cause globale » des policiers, avait-il argumenté.
« Une œuvre peut déranger, choquer ou provoquer le débat »
Nacle avait répliqué par une nouvelle fresque dans laquelle il dénonçait une « censure » en demandant « Où est Charlie? », en référence à l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015.
« Une œuvre peut déranger, choquer ou provoquer le débat: c’est aussi le rôle de l’art », avait notamment réagi l’artiste, se demandant « sur quel fondement juridique » une œuvre pouvait être « supprimée ».
Le graffeur a finalement déposé plainte ce mardi 3 novembre contre M. Fegaut pour « destruction ou dégradation d’un bien appartenant à autrui » et « entrave concertée à l’exercice de la liberté de création artistique et de la liberté de diffusion de la création artistique ».
« Un élu ne peut pas censurer un artiste » et « la liberté d’expression ne se négocie pas », a affirmé mercredi l’avocat de l’artiste, Me Pierre Brunisso, dans un communiqué.
Il dénonce aussi une « tentative d’intimidation », le graffeur ayant été « convoqué auprès du commissariat de Besançon pour « outrage » » à la suite d’une plainte déposée mi-octobre par le ministère de l’Intérieur.
En janvier, la Ville, alors dirigée par l’écologiste Anne Vignot, avait déjà recouvert une fresque de Nacle évoquant le conflit israélo-palestinien. Elle l’avait fait au nom de sa « politique antitags », au motif que l’œuvre n’avait pas été peinte sur un « mur de libre expression ». Cette fois, la fresque était peinte sur un mur dédié.
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