Un projet fédérateur qui mette en condition toutes les entreprises du Pôle Véhicule du Futur en condition d’y participer : telle est l’ambition du projet « Essentiel » porté par la nouvelle équipe d’élus du Pôle. Un projet déjà évoqué en juin, mais détaillé ce vendredi 18 septembre 2026 lors d’une conférence de presse.
Un projet fédérateur, mais aussi un projet assorti d’une question qui raisonne à la fois comme un défi et une remise en cause : « Sommes-nous encore capables de concevoir et produire en France un véhicule désirable, sûr et abordable ».
Le cahier des charges ressemble lui aussi à un challenge : un véhicule électrique d’environ 4 mètres, d’une masse d’environ une tonne, batteries comprises, pour un prix de vente de l’ordre de 15 000 euros, et nécessitant des investissements de production modérés, ou du moins pouvant être amortis facilement. L’ambition est aussi de réduire les coûts de ces composants, de l’assemblage (donc peut-être avec moins de pièces), d’être indépendant des grandes puissances mondiales sur les matériaux et composants, de proposer des ruptures technologiques et de conception, y compris sur l’assemblage des sous-ensembles.
Développer des sous-ensembles industrialisables
Ce projet consiste moins à viser la production d’un véhicule complet, qu’à développer des sous-ensembles industrialisables. « Nous voulons remplir une vitrine de technologies où les constructeurs se serviraient », image Damien Tournier, président du Pôle Véhicule du Futur depuis ce mois de juin 2026.
L’enjeu d’innovation est fort, mais correspond à la vocation du Pôle Véhicule du Futur, qui est de coordonner, d’animer et de fédérer ses membres. A travers ce projet, à fort enjeu d’innovation il se veut un catalyseur des compétences et de la créativité des adhérents : entreprises, universitaires, laboratoires, étudiants, start-up, collectivités, experts métiers, mécènes. Au passage, le Pôle Véhicule du Futur invite les personnes qui souhaitent s’associer à se projet à contacter Ludovic Party, directeur projets et filière excellence ( lp@vehiculedufutur.com ).
L’équipe élue en juin a lancé ce projet dès sa prise de fonction. Il est en cours de structuration et de « co-construction avec des acteurs du territoire ». L’équipe espère un lancement des études et des groupes de travail au premier semestre 2027, pour la présentation de maquettes numériques et de démonstrateurs.
L’émergence de ce projet n’est pas tout à fait un hasard… Elle intervient alors qu’une disposition européenne va alléger la réglementation sur les véhicules, dès 2027, notamment sur les aides à la conduite et sur les normes de résistances aux chocs, qui, selon Ludovic Party, augmentent de 2000 à 2500 euros le prix d’achat d’un véhicule. Cet assouplissement portera sur des véhicules 100 % électriques de la catégorie M1 d’une longueur de 4,20 mètres maximum (les 208 et 2008, par exemple), dont 70 à 75 % des composants proviendraient d’Europe. Avec un prix de vente de 15 000 euros, voire moins.
« On existe encore »
Un assouplissement qui vise à contrecarrer la tendance à produire des voitures de plus en plus lourdes et chères, donc en contradiction avec le pouvoir d’achat des familles, mais aussi avec les capacités des entreprises pour leurs flottes de véhicules. La chute des ventes de véhicules neufs depuis la crise du covid en témoigne, alors même que l’ancienneté des véhicules en circulation ne cesse de croitre.
Plusieurs marques ont déjà des projets dans les tuyaux pour répondre à cette opportunité : Chez Stellantis, Citroën a annoncé un projet de « nouvelle 2 CV » et Fiat prépare son équivalent en se référant à la Panda ; Dacia prépare une nouvelle Spring tout électrique. Mais les constructeurs ne se sont pas tournés vers des fournisseurs français pour ces projets, concède Damien Tournier : « Nous voulons montrer aux constructeurs qu’on existe encore, et que le temps presse », dit-il.
Une filière forte de 100 000 emplois
Le Pôle Véhicule du Futur compte 450 adhérents basés en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est : des entreprises, des laboratoires de recherche, des organismes de formation, des universités. Environ 55 % des entreprises adhérentes sont des PME. Ses adhérents représentent environ 100 000 emplois de la filière automobile.
L’ambition de la nouvelle équipe est d’être encore plus près du terrain (d’où la nomination de deux vice-présidents dédiés aux régions l’un à la Bourgogne-Franche-Comté, Denis Rezé, président d’Eurocade, et d’un autre au Grand-Est ; Hugues Dugrés, directeur général de Kronprinz Troyes), d’être plus rapides et plus efficients, en faisant remonter plus vites les besoins des entrepreneurs, de Nevers à Haguenau.
En matière de proximité avec le terrain, les nouveaux animateurs du Pôle Véhicule du Futur voient d’un très bon œil le retour de Peugeot comme sponsor du FC Sochaux-Montbéliard. Ils l’interprètent comme un retour de Stellantis « sur le terrain des sous-traitants ». La dernière journée des membres du Pôle Véhicule du Futur s’est d’ailleurs déroulées au sein de l’usine de Sochaux.
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