Vous êtes originaire de Vichy et Nevers, est-ce que pour vous c’est symbolique de faire les Eurockéennes ?
A : C’est symbolique de ouf, surtout que c’est la première fois qu’on met les pieds aux Eurockéennes de Belfort (lire notre article). On est déjà venu à Belfort plusieurs fois, mais c’est la première fois qu’on vient au festival. Personnellement, j’ai un peu un mythe autour de ce festival parce que ma mère y allait beaucoup. Mes parents y allaient beaucoup, j’en ai toujours entendu parler depuis toute petite. Donc, c’est un peu fou d’être là.
Z : Les Eurocks font partie de la liste des festivals vraiment mythiques (lire notre article). Quand on nous a dit que nous faisions les Eurocks nous n’arrivions pas trop à y croire. Là, nous n’y croyons toujours pas (rire). Ça fait partie des choses que nous rêvions de faire dans notre life.
Il me semble que votre duo est né lors d’un repas de famille, c’est vrai ?
A : Nous sommes cousines et les seules fois où on faisait de la musique, c’était effectivement à Noël. Nous prenions la guitare et nous reprenions des trucs pour mémé. Mais, ça fait réellement quatre ans que nous faisons de la musique toutes les deux. C’est venu parce que nous avions envie de faire des concerts. C’est vraiment le premier truc et c’est resté le truc principal. Nous avons commencé par faire des reprises dans les bars, les restos, les campings, les cafés concerts et là nous nous retrouvons aux Eurocks. Alors, il y a eu un petit cheminement quand même entre-temps, ça a évolué de ouf. Nous ne pensions pas forcément un jour faire ça. Quand nous avons commencé, l’ambition c’était vraiment juste “on fait des concerts peu n’importe où” et maintenant nous sommes aux Eurocks, trop stylé.
Est-ce qu’en repas de famille on vous demande encore des spectacles ?
A : Dès que nous sommes dispo, il y a toujours une guitare quelque part, pas loin. Mais j’avoue que ce soir (samedi 4 juillet, le soir de leur concert aux Eurockéennes à la Loggia, NDLR) ça va être une espèce de grande cousinade. Nous avons grandi dans les concerts, les festivals. Mon père et la mère de Zoé sont frère et sœur. Ils ont monté leur premier groupe ensemble à seize ans à La Chabanne en Auvergne. Ils faisaient du rock.
Votre morceau le plus écouté sur Spotify est Oulala. Quel est le message que vous voulez passer ?
Z : Oulala est le premier single que nous ayons sorti. C’était une façon pour nous de nous présenter aux gens. C’est un morceau qui parle de nous, de notre quotidien, mais aussi du quotidien de plein de gens. Nous avons été ravis de voir que quand il est sorti, les gens s’en sont emparés et se le sont approprié. Ça parle de tracas du quotidien, des choses qui peuvent être difficiles. Ça parle de santé mentale, de tout un tas de choses que nous abordons aussi dans nos autres chansons. C’est toujours avec une note d’espoir qui nous caractérise. On a un peu tendance à vivre la vie dans une espèce de combativité, de se dire que même si ce n’est pas évident tous les jours, il faut toujours garder espoir que demain ça ira mieux. C’est vraiment pour ça que nous avons écrit ce morceau.
En écoutant vos dernières sorties Mode avion et C’est ok, nous avons l’impression que vous souhaitez aborder les difficultés de la vingtaine, trentaine.
A : Mode avion, c’est vraiment, comme son nom l’indique, se foutre en mode avion et se couper un petit peu de tout. Nous avons écrit ça parce que nous en avions besoin. Entre vingt, trente ans et même plus jeune, on est complètement accro aux réseaux sociaux. On est tous sur notre téléphone. On est tout le temps en train d’avoir des infos de partout. Nous avons d’ailleurs écrit un morceau qui parle de ça : Morning Routine. Il aborde vraiment le flot de notre feed TikTok. Avec Mode avion, on explique qu’en fait c’est cool de juste poser son téléphone et son cerveau avec. C’est le morceau qui introduit notre concert, donc il va avec le message qu’on veut passer : “les gars, là on va kiffer ensemble. Posez vos téléphones et vos problèmes
C’est ok est un morceau un peu pour décomplexer et déculpabiliser. Nous sommes deux meufs avec une image et un propos qui est féministe et engagé. Mais par contre, malgré cet engagement, nous sommes pleines de contradictions, comme je pense quasiment tout le monde. Ce morceau parle de ça. On peut avoir des combats, on peut avoir des luttes, on peut croire en des choses mais aussi avoir des contradictions intérieures. C’est un morceau un peu libérateur, nous ne sommes pas parfaites.
Est-ce qu’en écrivant vos textes, vous vous inspirez de votre vie quotidienne ?
Z : Oui, complètement. Nos chansons reflètent un peu ce que c’est que d’être une meuf dans la vingtaine en 2026. Nous parlons de ce qui nous arrive, de ce qui nous révolte, de nos combats, des choses que nous avons envie de dire sur scène. Donc, il y a un côté assez générationnel dans nos chansons et c’est ce qui nous représente. Nous écrivons nos chansons un peu comme on envoie nos Snap, avec l’écriture la plus authentique et spontanée qui soit.