Inflation des contraintes administratives. Augmentation continue des charges des entreprises. Pression fiscale. Concurrence déloyale. Retard de paiement. Complexification des procédures. Difficultés à recruter. La liste des griefs dressés par les acteurs économiques est longue. Et souvent commune à l’industrie, au BTP ou encore à l’agriculture. La confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) du Territoire de Belfort ne déroge pas à la règle. « On commence à être très inquiet, convient Francis Voelin, dirigeant de la société Francis TP et président de la Capeb du Territoire de Belfort. La conjoncture est de plus en plus compliquée. »
« Tout le BTP souffre, observe Francis Voelin. Ceux qui s’en sortent, à peu près, ce sont les chauffagistes et les électriciens. » Le point commun : des trésoreries en souffrance extrême. L’augmentation des coûts du carburant avec le déclenchement de la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, provoquant la fermeture du détroit d’Ormouz, n’a pas facilité la situation ni favorisé la visibilité. « Nous avons de moins en moins d’activité », insiste Francis Voelin, qui évoque 10 trimestres de suite avec un recul d’activité. La construction de pavillons neufs est aux abonnés absents et les rénovations sont limités. « Ma Prime Rénov, un jour, ça marche. Un jour, ça marche pas », s’étrangle Francis Voelin, en arrêt maladie depuis plusieurs mois ; clairement, il pointe du doigt « une décharge de stress » provoquée par ces situations tendues pour expliquer sa mauvaise santé. « Les artisans ont de moins en moins le moral », résume le président de la Capeb.
Les entreprises du BTP, comme la sienne, sont en sureffectifs ; une situation qui consume encore plus rapidement les trésoreries. Et réduire la voilure est délicat pour ce secteur d’activité : diminuer ses effectifs condamnent quasiment toute capacité à répondre à de nouveaux marchés lorsqu’ils se présenteront.
Un courrier adressé prochainement au préfet
Un courrier, qui sera adressé au préfet du Territoire de Belfort, est en cours de rédaction. Il sera co-signé par plusieurs organisations professionnelles. Selon la Capeb, la fédération du bâtiment (lire notre article), le Medef (lire notre article), la CPME, la FDSEA pourraient soutenir le projet. « Si on est capable de se rassembler dans le Territoire de Belfort, on est capable de le faire au niveau national, prévient le volubile Francis Voelin, avant de mettre en garde : Et si les 21% de ceux qui créent de la richesse en France peuvent se rassembler, il faut [que les autorités] commencent à s’inquiéter. »
Surtout, cette mobilisation collective prouve « qu’il y a un malaise général », assure Francis Voelin, par téléphone, qui rappelle l’enjeu : « On veut vivre décemment de notre travail. » Le milieu économique formule toutefois des vœux clairs pour sortir de ce marasme : concertation systématique ; simplification des démarches administratives ; allégement des prélèvements ; ou encore une action contre les retards de paiement.
La Capeb aux Eurocks !
La Capeb aménage un stand à l’occasion des Eurockéennes de Belfort, organisées du 2 au 5 juillet. C’est la 4e fois qu’elle organise cette initiative Planet BTP. « Notre ambition est claire, explique la Capeb, alors que 70% des festivaliers ont moins de 25 ans. Susciter l’intérêt, éveiller des vocations et redonner toute leur attractivité aux métiers du bâtiment, un secteur essentiel et innovant, qui continue de recruter. » La confédération rappelle surtout que les métiers du BTP sont utiles et non délocalisables, et qu’ils traversent les générations et façonnent notre environnement immédiat. Pendant le festival, 10 ambassadeurs – artisans, apprentis et professionnels engagés – animent un stand interactif, où l’on propose notamment des défis construction (maisons Kapla XXL…) ou encore des quizz (dont quiz vélo). « Les trois éditions précédentes ont permis de générer des milliers de contacts qualifiés, avec des retombées très concrètes, jusqu’à la conclusion de contrats d’apprentissage sur le festival », défend la Capeb.

