Avec l’AFP
Stellantis « va investir plus d’un milliard d’euros » pour produire, à partir de 2029, une « nouvelle génération de véhicules électriques » sur son site de Mulhouse, dans l’est de la France, a annoncé mardi Emmanuel Macron devant les entreprises françaises appelées à accélérer « l’électrification » des usages.
« C’est un véritable avenir industriel que nous offrons à ce site de Mulhouse », a déclaré le chef de l’État en réunissant une « équipe de France de l’électrification », avec les acteurs privés, à l’élysée. « Ceci nous permet d’aborder avec confiance la hausse de la production de véhicules électriques en France », a-t-il ajouté.
« Nous travaillons avec nos parties prenantes, en premier lieu les partenaires sociaux, sur l’avenir de nos usines, y compris celle de Mulhouse », s’est limité à commenter Stellantis, qui promet d’autres précisions « lorsqu’il y aura des annonces officielles ». Toute annonce de ce type doit d’abord être faite aux partenaires sociaux en comité d’entreprise, faute de quoi l’entreprise commettrait un délit d’entrave.
L'investissement à Mulhouse de Stellantis pour 2029
L’affectation d’un nouveau véhicule à l’usine Stellantis de Mulhouse (4 000 salariés) était très attendue par les salariés, car ce site, l’un des cinq sites automobiles de Stellantis en France, était le seul, avec celui de Poissy près de Paris, à ne pas avoir obtenu l’attribution d’un nouveau modèle. Son avenir était donc incertain au delà de quelques années, après les 308 et 408 qu’elle produit actuellement et, pour quelques semaines encore, des DS7. Des dépenses d’un milliard pour la production d’un véhicule recouvrent à la fois des dépenses de recherche et développement et tous les frais liés à la production, souligne un expert du secteur.
La production actuelle, de quelque 135 000 véhicules par an, n’a « jamais retrouvé les niveaux de 200 000 véhicules annuels d’avant-Covid », avait souligné Laurent Gautherat, délégué syndical CFE-CGC du site mulhousien et secrétaire du Comité social et économique central du groupe Stellantis, au quotidien L’Alsace le mois dernier. Dans l’attente de l’affectation d’un nouveau véhicule, la ligne d’assemblage du site mulhousien tournait en demi-cadence à 30 véhicules par heure, avait souligné le syndicaliste. Le site avait subi quelques jours de chômage technique fin octobre 2025 en raison du ralentissement des ventes.
60 milliards d'euros d'investissements annoncés par Stellantis
« Si cette prise de position traduit une volonté de soutenir l’activité industrielle et l’emploi sur le territoire, elle doit désormais se traduire par des annonces concrètes auprès des organisations syndicales afin de faire perdurer le dialogue social en France », interpelle la CFE-CGC, dans un communiqué.
La semaine dernière, Stellantis avait annoncé 60 milliards d’euros d’investissement, dans sa nouvelle stratégie (lire notre article). Pendant ce cette annonce, la production européenne doit être réduite. Les syndicats (lire notre article) redoutent ce virage américain de la nouvelle stratégie. « La transition électrique doit reconstruire une base industrielle souveraine, et non organiser une désindustrialisation progressive de l’Europe », indique, à ce sujet, la CFE-CGC.