À Pays de Montbéliard Agglomération, le premier conseil communautaire a sonné comme le troisième tour de l’élection (lire notre article). Déjà, en préambule, le nouveau président, Pierre-Aimé Girardot, annonce : « Après les résultats des élections du 24 avril, certains ont eu la défaite amère et l’ont exprimé par des écrits, des paroles ou des attitudes que je déplore. Pour ma part, je n’ai fait aucun commentaire. » Il l’assure, une de ses ambitions est de ramener de la sérénité dans l’hémicycle. Une ambition qui, dès le premier conseil, semble compliquée à atteindre.
Coup de théâtre dans l’hémicycle
Alors que le premier rapport est adopté rapidement et sans difficulté, les choses se compliquent au rapport numéro deux. L’ensemble des élus est appelé à élire les 27 autres membres du bureau. Processus qui, d’apparence, aurait dû être simple : « Nous avons discuté hier avec tous les présidents des quatre groupes et nous avons trouvé un accord sur une liste de 27 membres », fait savoir Pierre-Aimé Girardot. La veille du conseil, les représentants des groupes politiques se sont rassemblés, à savoir : Gilles Da Costa, Faire le Pays de Montbéliard ensemble avec 46 membres ; Mathieu Gagliardi, L’avenir de Pays de Montbéliard avec 29 membres ; Magali Duvernois, Agir pour PMA avec 20 membres ; Alain Sylvant, un collectif en commun sans étiquette avec 13 membres.
Coup de théâtre dans l’hémicycle. Alors que le vote allait commencer, Gilles Da Costa prend la parole et annonce la décision de son groupe politique. « Le groupe n’a pas souhaité poursuivre dans cette voie-là. » Face à cette révélation, le président annonce une suspension de séance de dix minutes.
Une rupture de l’accord qui creuse les écarts
« J’avoue que je suis un peu désabusée. Je pensais que nous allions pouvoir, avec ce qui avait été accordé, s’entendre toutes et tous pour mener une véritable politique au service des habitants de notre agglomération », fait savoir Magali Duvernois, une fois les élus revenus dans l’hémicycle. Le même constat est posé par Alain Sylant qui vient en soutien à Pierre-AImé Girardot : « Le président a fait à deux reprises des concessions au niveau de ce groupe. »
Pour le troisième président des groupes politiques, Mathieu Gagliardi, cette rupture de l’alliance est d’autant plus incompréhensible que : « Hier, quand on a négocié, tu as réussi. Au début, vous étiez cinq, puis six, puis sept. Sur les délégations extérieures, tu as réussi à placer tous les gens que tu voulais. » Du côté du président, la déception est aussi perceptible. « J’aurai du mal à avoir confiance dans la parole des représentants du groupe de monsieur Da Costa. »
Des propositions pas à la hauteur
Gilles Da Costa évoque plusieurs explications à ce revirement de situation. « Je rappelle que le groupe que j’ai l’honneur de présider représente 42,5 % des membres de cette assemblée. » Au vu de ses 46 membres, le groupe de celui qui est aussi conseiller municipal à Montbéliard, estime que le nombre de membres du bureau proposé par le président est insuffisant. Une décision qu’il n’a pas prise seul, mais avec l’ensemble des membres de son groupe.
Magali Duvernois et Mathieu Gagliardi évoquent, de leur côté, certains noms qui poseraient problème. « Tu reproches des propositions de Pierre-Aimé Girardot, notamment sur des élus qui auraient perdu. On va être transparents, je pense à Nadine (Mercier, NDLR) », dévoile Mathieu Gagliardi. Nadine Mercier, vraisemblablement sur la liste négociée par les quatre groupes politiques, a été élue dans l’opposition à la mairie de Valentigney. Autre rappel de Gilles Da Costa : « La règle est bien un vote nominatif pour toutes ces élections. Ne laissons pas croire aux uns et aux autres que la règle est un scrutin de liste. »
Deux élus sur les sept prévus
Les 27 membres du bureau ont été élus un par un. Chaque fois, à l’exception de trois élections, Gilles Da Costa a proposé la candidature d’un de ses membres. Aucun de ses candidats n’a réussi à être élu. Jusqu’à ce qu’un nouveau rebondissement bouscule le programme. Pierre-Aimé Girardot annonce une suspension de séance.
Après des discussions entre les présidents des groupes politiques, le président déclare : « Je vous proposerai des candidats, pour les sept postes qui restent à voter, dont certains du groupe de monsieur Da Costa. » Christophe Froppier et Nelly Langlois, du groupe de Gilles Da Costa, seront finalement élus sur les sept prévus.

