Les résultats du 1er trimestre du groupe Lisi sont bons (lire notre article). Il confirme la tendance observée en 2025 et lance la dynamique 2026. Pour l’industriel, ces données confortent l’ambition : faire mieux en 2026 qu’en 2025, alors même que les résultats étaient historiques (lire notre article). Lisi est toujours tirée par l’activité aéronautique. « [Le chiffre d’affaires du 1er semestre] atteint le niveau record de 325,1 millions d’euros ; à taux de change constant, la croissance est soutenue à + 17,6 % », rappelait l’entreprise lors de la publication de ses résultats. L’entreprise consolide ses parts de marché dans ce secteur
La situation internationale pénalise actuellement l’économie mondiale. Notamment les entreprises soumises aux coûts des transports. Elle entraîne également une hausse des matières premières, en partie répercutée par les fabricants. Le transport aérien est particulièrement concerné par cette situation. Air France vient par exemple d’annoncer des prévisions de dépenses de kérosène en hausse de 2,4 milliards d’euros pour 2026, passant de 6,9 à 9,3 milliards d’euros, soit une hausse de près de 35 %.
Forcément, en étant fournisseurs de fabricants d’avions, Lisi est exposé. Mais pas à court terme, convient Emmanuel Viellard, le directeur général du groupe Lisi. Les commandes 2026 et 2027 sont solides. La hausse du prix du kérosène conforte le choix de renouveler des flottes d’aéronefs, âgées. Les prévisions de cadences confirment ce besoin. Les nouveaux avions consomment en effet beaucoup moins de carburant et permettent d’être moins fragiles face aux hausses des coûts du kérosène. Toutefois, si les compagnies aériennes font moins de marges, elles investiront moins dans quelques mois et ralentiront la politique de renouvellement, ce qui peut représenter un risque pour un sous-traitant comme Lisi.
100 millions d’euros d’investissements pour Lisi
La division automobile de Lisi suit la dynamique d’une filière fatiguée, notamment en Europe. Mais l’entreprise continue son pivot. Elle recompose son portefeuille de produits et se dirige vers des produits à plus forte valeur ajoutée, notamment dans l’électro-mobilité. Elle suit aussi ses donneurs d’ordre ; elle a ainsi investi dans une entreprise en Hongrie, à Györ ; elle y fabrique des composants d’assemblage plastique. Elle monte également en puissance au Maroc, à Tanger. Dans cette recomposition, l’entreprise a décidé de vendre son usine de Puiseux-Pontoise, déficitaire de l’ordre de 2 millions d’euros par an, qui employait 130 personnes ; la production sera répartie entre ses différentes entités. Les membres du bureaux d’études ont été conservés et transférés vers l’usine voisine de la division aéronautique. Des salariés ont aussi été repris. Plusieurs projets de reprise sont à l’étude.
Le groupe compte 38 sites de production, dans 14 pays. La France héberge près de la moitié de ces sites, avec 16 usines. Lisi compte huit sites en Amérique, 1 au Canada, 5 aux États-Unis et 2 au Mexique, où « on pousse les feux », indique Emmanuel Viellard. Il y a des constructions d’usine et des agrandissements. « Nous sommes une société qui innove et investit beaucoup », assure Emmanuel Viellard. Et les chiffres le confirment. En 2025, Lisi a investi 99,9 millions d’euros dans l’outil industriel (soit plus de 60 % de son résultat, évalué à 161 millions d’euros en 2025) et a enregistré 28,7 millions d’euros de dépenses en R&D, soit près de 18 % de son résultat.
Selon le rapport d’activité 2025 de Lisi, l’entreprise compte 9 634 collaborateurs. Depuis le début de l’année, l’entreprise a intégré l’indice boursier SBF 120 (lire notre article).

