Moins d'optants pour la cotisation en France
L’Urssaf publie sa troisième étude sur les frontaliers en Suisse. Cette étude porte en fait sur les frontaliers qui ont opté pour la sécurité sociale française et non pour la « Lamal », l’assurance sociale suisse. Depuis 2014, les frontaliers peuvent choisir entre l’une et l’autre, dans les trois mois suivant leur embauche en Suisse. L’Urssaf collecte leurs cotisations, établies à partir de leur revenu fiscal de référence. Les données publiées par l’Urssaf ne portent doncs que sur ceux qui ont opté pour la sécurité sociale française et les retraités qui continuent à cotiser pour la maladie en France.
Au total, la Suisse accueille 234 000 frontaliers français (selon l’Office fédéral suisse de la statistique), et 64 % ont opté pour la sécurité sociale française, soit 149 000 frontaliers. Ce chiffre est en baisse : en 2021, 79 % (soit 157 000 frontaliers) optaient pour la sécurité sociale. EN 2024, ils étaient encore 68 % (152 000).
Le Doubs, 2e du classement en nombre de frontaliers vers la Suisse
Le Doubs est l’un des départements de France qui compte le plus de travailleurs frontaliers travaillant en Suisse : 31 500, soit 20 % des 231 000 frontaliers français travaillant en Suisse. Il n’est devancé que par la Haute-Savoie qui compte 68 000 frontaliers travaillant en Suisse. Le Haut-Rhin est le troisième département, avec 22 500 personnes travaillant en Suisse. Ces chiffres communiqués par l’Urssaf ne concernent cependant que les frontaliers ayant opté pour la sécurité sociale en France (données de 2024).
Le Territoire de Belfort compte environ 4200 frontaliers vers la Suisse, notamment domiciliés dans la communauté de communes du Sud Territoire.
14 % des salariés du Doubs
Selon les données de l’Urssaf (donc toujours à partir des personnes affiliées à la sécurité sociale française), les frontaliers représentent 14,4 % des salariés domiciliés dans le Doubs. Dans le secteur de Pontarlier, cette proportion grimpe dans une fourchette comprise entre 42 et 58 %. Dans le Territoire de Belfort, 7,9 % des salariés du département, notamment ceux de la communauté de commune du Sud Territoire, travaillent en Suisse.
Les frontaliers se concentrent dans certains secteurs comme Pontarlier, Maîche et Morteau, et, dans une moindre mesure, dans le sud-Territoire. Les frontaliers effectuent en moyenne 32 km pour rejoindre son travail en Suisse. Un frontalier sur cinq fait plus de 50 km pour se rendre à son travail.
40 % dans l’industrie manufacturière
40 % des frontaliers domiciliés dans le Doubs travaillent dans l’industrie manufacturière en Suisse, 12 % dans la santé et l’action sociale, 11 % dans le commerce, et 10 % dans les activités de service.
Sans surprise, un revenu plus élevé
L’Urssaf évalue le RFRI moyen (revenu fiscal de référence individualisé) des travailleurs frontaliers à 58 675 € par an. En Bourgogne-Franche-Comté, il est d’un peu plus de 29 000 euros. Dans le Doubs, le RFRI moyen des frontaliers est estimé à un peu plus de 54 000 euros, dans le Territoire de Belfort, à un peu plus de 43 300 euros.
Selon l’office fédéral de la statistique, le revenu médian en Suisse était de 7024 francs bruts (environ 7670 euros brut) en 2024.
L’étude de l’Urssaf est consultable ci-dessous.
